Page non documentée
Les pages non documentées sont des pages dont l’intérêt a paru mineur mais comportant des informations pouvant enrichir la lecture d’une autre page.
Elles n’apparaissent pas dans la liste des pages « officielles » de claretie.fr. Leur publication n’a pas été annoncée dans la page « Paru et à paraître » et le lecteur y parvient un peu par hasard, au cours de ses lectures…
« Chronique de Paris » parue dans Le Temps du onze mai 1872. Cette page est apparue d’un intérêt secondaire et à ce titre n’a pas été annoncée dans claretie.fr. Publiée en silence, on peu néanmoins estimer qu’elle contient quelques renseignements complémentaires pouvant venir en appui d’une page plus intéressante.
Hier soir, aux Italiens, début d’une femme du monde, Mme Laval, au théâtre Mme Floriani1. La prochaine entrée en scène d’une personne de la société, comme on dit, avait fait un certain bruit dans le Landerneau des foyers. Un premier ajournement avait fait croire que Mme Laval revenait sur sa détermination ; il n’en était rien : Mme Laval se recueillait, et elle s’est jetée hier dans la pleine eau du théâtre Ventadour. La salle était assez brillante pas mal d’abonnés et beaucoup d’amis ; on m’a dit que Mme Laval s’était déjà fait connaître dans les salons par son amour ardent de la musique d’Opéra, par l’âme qu’elle mettait à la chanter et même par sa voix très supérieure, disaient ses admirateurs, à celle qu’on entend d’habitude dans le monde.
La débutante est accueillie dès son entrée en scène par un public évidemment prévenu : c’est une grande et belle personne : sa physionomie est assez régulière, elle a de beaux yeux noirs, des cheveux à l’avenant, une robe superbe et force diamants. Elle ne paraît pas trop embarrassée ; néanmoins, quand elle ne chante pas, elle ne sait trop que faire de ses mains. Pour la voix, soit que Mme Laval se soit réellement abusée sur ses moyens, soit que l’émotion inséparable d’un premier début arrêtât les sons dans la gorge, il a paru qu’il y avait insuffisance absolue ; les notes hautes sont encore assez puissantes, mais les moyennes manquent absolument, et ce n’est que dans les morceaux chantés à mi-voix que la Traviata a pu se faire applaudir. Dans le grand air du premier acte, elle a tenté en vain de décrocher une phrase assez difficile et elle a laissé tomber ses bras en disant : Je ne peux pas. Les battements de mains de l’amitié l’ont engagée à poursuivre sa carrière, et la représentation a fini sans autre encombre, mais dans de mauvaises conditions : à chaque instant on s’attendait à une nouvelle solution de continuité. Je ne sais ce que les amis de Mme Laval ont pu lui dire, mais il a paru hier au public qu’elle ne pouvait vraiment pas tenir la scène ; on m’assure pourtant qu’elle veut tenter un second début l’on pourra voir alors si la peur seule a fait manquer le premier.
Suit un long chapitre sur la littérature administrative, vraiment de peu d’intérêt.
Note
1 C’est pourtant le nom de Laval qui semble être retenu par le public, qui n’a d’ailleurs pas eu longtemps à s’en soucier. Voir, notamment la chronique musicale de J. Weber dans Le Temps du 21 mai.
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