Chronique parue dans Le Temps du 25 octobre 1872.
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Théophile Gautier, eau-forte de Jules Jacquemart en frontispice du recueil Émaux et Camées de mai 1872
Théophile Gautier est mort avant-hier dans la nuit du 23 au 24 octobre 1872. Avant le texte de Jules Claretie il a semblé intéressant de le faire précéder par celui, un peu prétentieux, d’Edmond de Goncourt, dans son Journal au 24 octobre :
24 octobre
Hier, en dînant le nez dans un journal — c’est pour moi le seul moyen de manger, quand je dîne seul —, je suis tombé, sans m’y attendre, sur la nouvelle de la mort de Théo.
Ce matin, j’étais à Neuilly, rue de Longchamp1. Bergerat m’a fait entrer dans la chambre du mort. Sa tête, d’une pâleur orangée, s’enfonçait dans le noir de ses longs cheveux. Il avait sur la poitrine un chapelet, dont les grains blancs, autour d’une rose en train de se faner, ressemblaient à l’égrènement d’une branchette de symphorine. Le poète avait ainsi la sérénité farouche d’un barbare ensommeillé dans le néant. Rien, là, ne me parlait d’un mort moderne. Des ressouvenirs des figures de pierre de la cathédrale de Chartres, mêlés à des réminiscences des récits des temps mérovingiens, me revenaient, je ne sais pourquoi.
La chambre même, avec le chevet de chêne du lit, la tache rouge du velours d’un livre de messe, une brindille de buis dans une poterie sauvage me donnaient tout à coup la pensée d’être introduit dans un cubiculum2 de la vieille Gaule, dans un primitif, grandiose, redoutable, tragique intérieur roman. Et la douleur fuyante d’une sœur3, dépeignée, aux cheveux couleur de cendre, une douleur retournée vers le mur avec le désespoir passionné et forcené d’une Guanhumara4, ajoutait encore à l’illusion.
25 octobre
Je suis, pour l’enterrement du père, dans l’église de Neuilly où, il y a à peine quelques mois, j’assistais au mariage de la fille5.
L’enterrement est pompeux. Les clairons de l’armée rendent honneur à l’officier de la Légion d’honneur. Les plus touchantes voix de l’Opéra chantaient le Requiem de l’auteur de Gisèle6.
On suit à pied le corbillard jusqu’au cimetière Montmartre. J’aperçois dans un coupé Dumas, lisant l’éloge funèbre qui nous menace au gros Marchal7, effondrant le petit strapontin sur lequel il est assis en face de son illustre ami. Le cimetière est plein de bas admirateurs, de confrères anonymes, d’écrivassiers dans des feuilles de choux, convoyant le journaliste et non le poète, non l’auteur de Mademoiselle de Maupin8. Pour moi, il me semble que mon cadavre aurait horreur d’avoir derrière son cercueil cette tourbe des lettres et je demande seulement, pour mon compte, les hommes de talent et les six bottiers convaincus qui étaient à l’enterrement d’Henri Heine9.
La date suivante du Journal d’Edmond est le 31 octobre. Il reçoit chez lui Ernest Feydeau. La page est terrible.
Voici maintenant le texte de Jules Claretie.
La mort de Théophile Gautier a douloureusement surpris le monde littéraire. Théophile Gautier était un des quelques survivants de l’époque romantique qui avait conservé, jusque dans ces dernières années, l’intrépide amour du beau et un respect de l’art poussé jusqu’à la religion. Il avait, à un rare degré, ce que j’appellerai la probité littéraire, c’est-à-dire le souci constant de ne rien écrire qu’un artiste respectueux de son art ne pût toujours avouer et revendiquer comme un titre d’estime, comme son patrimoine et son bien. Ses erreurs elles-mêmes sont celles d’un chercheur sincère qui, poussé par l’incessant désir de s’élever au-dessus des souliers vulgaires, a côtoyé parfois des abîmes périlleux, ou s’est égaré dans des chemins perdus. Il a connu, autant que Lamartine, les difficultés de la vie, jamais il n’eût consenti à payer sa rançon par une de ces improvisations que l’écrivain défaillant livre en gage à l’angoisse d’un moment et dont il se détourne plus tard en rougissant. Théophile Gautier fut, suivant l’expression d’un de ses meilleurs biographes, pendant plus de trente années et à toute heure du jour « un parfait homme de lettres10 » c’est la clef de sa vie et l’honneur de son nom.
On conçoit que, sous le coup immédiat de ce deuil inattendu, il me soit difficile de rassembler les traits anecdotiques que le lecteur attend peut-être. Ces particularités biographiques sont d’ailleurs assez rares. La vie de Gautier n’est pas celle d’un homme d’action elle est tout entière dans ses œuvres. Comment embrasser d’un coup d’œil cette galerie étonnamment riche, où son pinceau miraculeux a déployé une si constante prodigalité de couleur et d’éclat ? Gautier poète, romancier, voyageur, critique d’art, sollicite également à tous ces titres l’attention et la curiosité de la critique. Sainte-Beuve, après lui avoir consacré un premier article, y est revenu à deux reprises11, et on voit qu’il ne l’a quitté qu’à regret, sentant qu’après tant de recherches, de citations et de définitions, tout n’avait pu être dit.
C’est du poète que je voudrais parler. Beaucoup l’ignorent, et, parmi les lettrés, combien n’ont pas osé le mettre à son rang ! C’est lui pourtant le véritable inspirateur et le seul maître incontesté de la jeune poésie contemporaine. Je sais bien que cette poésie-là, comme toutes les imitations plus ou moins inconscientes, a l’haleine courte, qu’il est plus aisé de dérober au ciseleur son outil que l’âme vivante de son inspiration, que tous ces jeunes apprentis en orfèvrerie liment à grand peine et d’un travail avare les joyaux que l’artiste maître semait à pleines mains dans la libre et féconde aisance de son génie original. Mais il n’en est pas moins vrai que la petite chapelle de la littérature poétique contemporaine a, sauf quelques déviations et quelques exceptions, pour Credo, les Émaux et Camées12, et que ce poète, à peu près ignoré du grand publie, est presque le seul de ce siècle qui ait maintenu sa tradition, ses disciples et son temple.
Les poètes les plus distingués de ce temps-ci ont-ils su toujours s’affranchir de cette influence ? M. Sully Prudhomme13 est-il bien sûr de n’avoir pas relu le Pot de Fleurs14 avant d’écrire cette exquise allégorie, le Vase brisé, qui a tant contribué à mettre son nom en lumière :
Le vase où meurt cette verveine
D’un coup d’éventail fut fêlé :
Le coup dut effleurer à peine,
Aucun bruit ne l’a révélé.
Mais la légère meurtrissure
D’une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour…
Souvent aussi la main qu’on aime,
Effleurant le cœur, le meurtrit ;
Puis cœur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt15…
Théophile Gautier avait dit :
Parfois un enfant trouve une petite graine
L’a tout d’abord charmé de ses vives couleurs,
Pour la planter il prend un pot de porcelaine
Orné de dragons bleus et de bizarres fleurs.
Il s’en va. La racine en couleuvres s’allonge,
Sort de terre, fleurit et devient arbrisseau ;
Chaque jour, plus avant son pied chevelu plonge,
Tant, qu’il fasse éclater le ventre du vaisseau…
Ainsi germa l’amour dans mon âme surprise ;
Je croyais ne semer qu’une fleur de printemps :
C’est un grand aloès dont la racine brise
Le pot de porcelaine aux dessins éclatants.
Je n’aurai garde de prétendre qu’il y ait la réminiscence calculée. L’analogie est plutôt dans l’image, que dans la pensée. Elle est légitime à coup sûr et elle peut être involontaire. Dans Gautier même on trouverait des rencontres curieuses. Il ne pouvait pas connaître les chants populaires de la Corse, et cependant l’une de ses fantaisies Barcarolle reproduit presque textuellement une strophe de ces berceuses16.
Dites la jeune belle
Où voulez-vous aller ?
La voile ouvre son aile,
La brise va souffler…
L’aviron est d’ivoire,
Le pavillon de moire,
Le gouvernail d’or fin.
J’ai pour lest une orange,
Pour voile une aile d’auge,
Pour mousse un séraphin.
Voici la berceuse corse :
D’ors et de perles chargée
Ma balancelle
Est chargée aussi de rubans.
De lin brocart sont les voiles,
Par-delà les mers tissu ;
Et, couvert de ciselures,
Le gouvernail est d’or pur.
La poésie de Gautier est le côté de son talent où ses qualités maîtresses éclatent avec leur plus surprenante intensité. Ce goût de l’éclatant et du magnifique qu’il portait en toutes choses trouvait dans la fantaisie poétique son encadrement naturel. La contrainte sévère du rythme était la monture où il enchâssait de préférence ces perles d’une eau si rare, ces pierres d’un feu si vif, les pensées de ses rêves et les mots de ce vocabulaire prodigieux que ses disciples n’ont pas retrouvé. Un poète encore inconnu17 se présente à lui et lui demande le secret de sa poétique. Gautier le regarde d’un œil curieusement défiant, et avec son fin sourire « Aimez-vous à lire le dictionnaire ? » Puis il ajoute en manière de maxime « Un écrivain qui ne sait pas tout dire, celui qu’une idée, si étrange, si subtile qu’on la supposât, tombant comme une pierre de la lune, prendrait au dépourvu et sans matériel pour lui donner corps, n’est pas un écrivain. » L’idée lui tenait à cœur, car il y revint plus tard « Tout homme qu’une idée, si subtile et si imprévue qu’on la suppose, prend en défaut, n’est pas un écrivain. L’inexprimable n’existe pas. »
C’est ce souci peut-être excessif de la richesse extérieure qui fait que sa poésie, malgré la variété infinie de son inspiration et sa perfection achevée, n’est pas populaire. Faut-il en conclure comme Sainte-Beuve, que le public français « ne peut porter qu’un poëte à la fois ? » Ajoutez que Gautier s’amusait à déconcerter le public qu’il traitait volontiers de bourgeois ou de philistin pour parler le langage du temps, Il aimait à se mettre au travers des opinions reçues, à prendre à contre-sens les données reconnues de l’inspiration poétique. Il affectait l’impassibilité, le culte de la beauté sereine dont le masque immobile ne doit point s’abaisser à la grimace du rire et à la convulsion du sanglot. « Il est permis, disait-il à l’un de ses confidents, d’avoir quelquefois de l’esprit, comme au sage de faire une ribole, pour prouver aux sots qu’il pourrait être leur égal, mais cela n’est pas nécessaire. » Ces maximes de dilettantisme auxquelles les meilleurs de ses pièces donnent un éclatant démenti, étaient prises par la foule des demi-lettrés comme de l’argent comptant. Cette impassibilité n’était qu’apparente. Un jour qu’une des sociétaires du Théâtre-Français récitait dans une soirée les Vieux de la vieille18, le poète étonné et comme saisi à la gorge par la révélation soudaine de sa propre éloquence, se prit à fondre en larmes. Combien d’inspirations aussi profondément humaines que celle-là les familiers de sa poésie pourront retrouver dans leur mémoire ! Et que d’accents sincères il me faudrait noter ici si le cadre nécessairement borné de cette rapide analyse me permettait d’entrer dans la voie des citations !
Ces œuvres mêmes, d’un fini si précieux, ne semblaient lui coûter aucun effort. C’est là encore que le maître domine les disciples de la distance qui sépare le jet libre de l’inspiration créatrice de l’application raboteuse et pénible du procédé. On connaît l’anecdote de son fameux feuilleton du Moniteur19 sur l’Aquarium. Il n’y avait, ce jour-là, pas la moindre nouveauté dramatique à se mettre sous la dent. Théophile Gautier avait déjà fait le sacrifice de son feuilleton. En revenant de Neuilly, il trouve sur son chemin le Jardin d’acclimatation, il entre, visite l’aquarium, se rend au Moniteur et là, dit Sainte-Beuve, « debout, sur le coin d’un bureau, il écrit de la plus jolie écriture, et au courant de la plume, sans rature aucune, ce feuilleton de l’Aquarium20, un petit chef-d’œuvre de diction descriptive et scientifique. » Il avait dans la composition poétique, et avec les quelques retards imposés par le choix de la rime et les embarras de la césure, la même allure dégagée et le même courant d’inspiration.
Cette poésie restera quoiqu’on en ait dit. Théophile Gautier a fait plus que de remonter aux sources vives du XVIe siècle et d’enrichir la langue poétique de mots nouveaux ou ressuscités : il a prouvé, à côté de Victor Hugo et dans un genre différent, que cette langue lyrique française que les impuissants voudraient accuser de stérilité, est un clavier aux mille touches sonores qui possède des notes d’une richesse et d’une harmonie incomparables. La démonstration n’avait pas été faite avant lui et elle est décisive.
On sait quelle a été la fin de sa vie. Ceux qui, en se souvenant d’une époque rapprochée, seraient tentés de l’accuser de courtisanerie, connaissent bien peu leur homme. Gautier était un poëte absolument et sincèrement détaché de toute croyance politique. En 1848 déjà, il répondait à ses amis qui lui demandaient ce qu’il avait fait21 « Je ne me suis porté nulle part. » Une de ses pièces les plus célèbres, les Vers à un jeune tribun22 donne l’exacte mesure de son système. Il parle des poètes de son école, et voici sa conclusion23 :
Un air de tête heureux, une forme de jambe,
Un reflet qui miroite, une flamme qui flambe,
Il ne leur faut pas plus pour les faire contents.
Qu’importent à ceux-là les affaires du temps
Et le grave souci des choses politiques !
Quand ils ont vu quels plis font vos blanches tuniques
Et comment sont coupés vos cheveux blonds ou bruns
Que leur font vos discours, magnanimes tribuns !
Vos discours sont très-beaux, mais j’aime mieux des roses.
Ses derniers moments ont été douloureux. Il y a quinze jours à peine, il avait cru retrouver un semblant de guérison grâce au régime lacté que lui avait conseillé un de ses amis. Ce ne fut qu’une dernière révolte de la vie contre le mal. L’agonie fut si rapide que la nouvelle de sa mort a été apportée par les journaux à beaucoup de ceux qui l’approchaient régulièrement. Théophile Gautier était né le 31 août 1811.
Notes
Dans Le Temps du lendemain 26 octobre et surlendemain 28 (chroniques non reproduites ici), Jules Claretie reviendra sur Théophile Gautier.
1 Théophile Gautier habitait depuis une quinzaine d’années au 32 rue de Longchamp à Neuilly, une modeste petite maison avec un étage qui existe toujours.

2 Cubiculum : chambre funéraire.
3 Théophile Gautier habitait en compagnie des deux sœurs Carlotta et Ernesta Grisi qui seront tour à tour ses maîtresses.
4 Guanhumara, personnage du drame de Victor Hugo Les Burgraves est une vieille esclave plus ou moins sorcière, et pour tout dire peu sympathique.
5 Estelle Gautier (1848-1914), fille d’Ernesta Grisi a épousé le journaliste et auteur dramatique Émile Bergerat il y a moins de six mois, le quinze mai 1872 à Neuilly. Judith Gautier, sœur aînée d’Estelle (1845-1917), fille, aussi, d’Ernesta Gisi, a épousé en 1866 Catulle Mendès contre l’avis de son père.
6 Théophile Gautier a écrit en 1841 (en collaboration) l’argument (mais pas la chorégraphie) de Gisèle, qui est certainement le ballet le plus dansé au monde, sur une musique d’Adolphe Adam (1803-1856). Edmond de Goncourt ne nous dit pas qui est l’auteur de ce Requiem.
7 Charles Marchal (1825-1877), peintre. Lire les deux colonnes et demie en une du Gil Blas du premier septembre 1882 « La mort de Charles Marchal » signées Alexandre Dumas (fils) : « Le garçon robuste et sain (Charles Marchal), compagnon spirituel et de belle humeur, le peintre ingénieux et original, l’ami fidèle et toujours prêt, à qui cette pièce est dédiée, s’est volontairement donné la mort, il y a trois ans, le samedi saint, par la plus belle journée de printemps qui se pût voir… »
8 Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin — double amour, Renduel 1835-1836, deux volumes, plus de 700 pages.
9 On ne sait pas d’où Edmond tire cette histoire de bottiers. Ce que l’on sait est que Henri Heine a été inhumé dans une très grande discrétion (Gustave Flaubert évoque neuf personnes) en février 1856 dans le cimetière de Montmartre. On ne trouve aucun bottier dans Camille Selden, Les derniers jours de Henri Heine paru chez Calmann-Lévy en 1884.
10 Charles Baudelaire, « Théophile Gautier », L’Artiste, 1859, pages 161-170. Il s’agit de la dernière phrase. Ce texte a été republié en mince plaquette, augmenté d’une lettre de Victor Hugo datée de Hauteville-House, six octobre 1859 : « Votre article sur Théophile Gautier, Monsieur, est une de ces pages qui provoquent puissamment la pensée… » Poulet-Malassis et de Broise, 1859.
11 Note de Jules Claretie : « Nouveaux Lundis, t. VIe. » Page 265 : 16 novembre 1863 : « C’est une dette que je me reprochais de n’avoir pas encore payée à l’un de nos confrères les plus distingués en art et en poésie, connu et aimé de tous, pas assez connu et apprécié, ce me semble, dans quelques-unes de ses branches les plus rares et les plus perfectionnées. Gautier critique, Gautier auteur des charmants feuilletons qu’on lit chaque jour, a fait tort à Gautier poète… »
12 Théophile Gautier, Émaux et Camées, recueil de 18 poèmes écrits à partir de 1840 et paru une première fois chez Eugène Didier en 1852. Au cours des éditions suivantes, Théophile Gautier ajoutera d’autres poèmes, jusqu’à atteindre le nombre de 53 dans l’édition définitive de Charpentier en mai 1872, il y a cinq mois, enrichie de l’eau-forte de Jules Jacquemart donnée en ouverture de cette page. Les 22 années de maturation de l’ensemble de cette œuvre la font considérer par certains comme une transition du romantisme au parnassien.
13 Sully Prudhomme (parfois avec un tiret fautif) (René Prudhomme, 1839-1907) est surtout connu pour avoir été le premier lauréat du prix Nobel de littérature en 1901. Avant cela Sully Prudhomme avait été élu à l’Académie française en décembre 1881. Le premier recueil de poésie de Sully Prudhomme est Stances et poèmes paru chez Achille Faure en 1865 (324 pages). Le troisième poème de ce recueil, Le Vase brisé, décrivant un chagrin d’amour, remportera un immense succès dans les familles grâce à une description lisible à deux niveaux.
14 Théophile Gautier, Le Pot de fleurs, extrait du recueil romantissime La Comédie de la mort paru chez Louis Desessart en 1838.
15 Jules Claretie cite de mémoire, ou vérifie nonchalamment…
16 Cette Barcarolle est surtout connue pour être le dernier des six poèmes mis en musique par son camarade Hector Berlioz peu de temps après leur parution, sous le titre Nuits d’été, à l’origine pour voix de mezzo-soprano et piano, puis ensuite pour orchestre. Abondante discographie. Les poèmes retenus par Hector Berlioz, qui en a parfois changé le titre, sont : Villanelle, Le Spectre de la rose, Sur les lagunes, Absence, Au cimetière et L’Île inconnue, la Barcarolle en question.

Fragment de la jaquette du disque Decca de 1963 par Régine Crespin, qui a été, après Suzanne Danco à Cincinnati, la référence des années 1960 et 1970 (et plus longtemps encore pour certains).
17 Note de Jules Claretie : « Ch. Baudelaire, l’Art romantique, chez Michel Lévy. »
18 Les Vieux de la vieille est un poème issu du recueil Émaux et Camées (note 12). La vieille en question est la Vieille garde, unité d’élite de Napoléon. « La chose vaut qu’on la regarde : / Trois fantômes de vieux grognards, / En uniformes de l’ex-garde, / Avec deux ombres de hussards ! / On eût dit la lithographie / Où, dessinés par un rayon, / Les morts, que Raffet déifie, / Passent, criant : “Napoléon !”… »
19 Gazette nationale ou Le Moniteur universel, quotidien fondé par Charles Panckoucke, dont le premier numéro est paru le vendredi premier janvier 1790 jusqu’au trente juin 1901, suite à la rupture du traité d’exploitation. Les lecteurs de ce journal alors conservateur ont été redirigés vers le quotidien Le Soleil, d’opinion comparable.
20 En une du numéro du neuf décembre 1861, « revue dramatique » à propos de l’ouverture de l’aquarium du jardin d’acclimatation (en octobre).
21 Il s’agit, on l’a compris, de la Révolution de février 1848, qui entraînera la chute de Louis-Philippe et la proclamation de la IIe république par Alphonse de Lamartine. Ce sera un échec.
22 À un jeune tribun est un poème du recueil La Comédie de la Mort : « Ami, vous avez beau, dans votre austérité, / N’estimer chaque objet que par l’utilité, / Demander tout d’abord à quoi tendent les choses / Et les analyser dans leurs fins et leurs causes ; / Vous avez beau vouloir vers ce pôle commun / Comme l’aiguille au nord faire tourner chacun ; / Il est dans la nature, il est de belles choses,… »
23 Il ne s’agit pas du tout de la conclusion mais des vers 23 à 31 sur 200.
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