Vie à Paris parue dans Le Temps du 27 juillet 1880. Page web mise en ligne le quatorze juillet 2025. Temps de lecture : Une demi-heure.
Un cliché : Paris est vide ! — Les concours du Conservatoire — Roger et le Carnet d’un ténor — Petits vers d’un grand chanteur — Le musée des arts décoratifs, exposition nouvelle — La maison Fragonard de Grasse — La Bourse des livres — Les Romantiques — Les amateurs — Les Lettres de Madame de Pompadour — Deux curiosités à vendre — Napoléon III et Mademoiselle de Maupin — Les petits cochons à la mode — Les Voitures annonces — Notes
Il est bien convenu qu’il n’y a plus personne à Paris. On est aux eaux, on est à la campagne, on est en villégiature ou en balnéature, on est en voyage, on est au diable, mais on n’est plus à Paris. On va voir, aux environs, les petites fêtes campagnardes où des boutiques en plein vent arborent délicatement pour enseigne une rose énorme avec ces mots : À l’image des femmes, et où le maire de la localité proclame gravement sur l’affiche officielle que les jeux interdits sont rigoureusement prohibés. On va voir courir les yoles au bord de la mer ou les périssoires sur la Seine. On va retrouver le tout Paris sur la terrasse de Saint-Germain les jours de musique, ou sur la plage de Trouville, cinq heures, avant le potage ; mais, à Paris, il est banal de déclarer que les boulevards sont vides, les promenades désertes, les concerts abandonnés. Refrain annuel qu’on n’écoute plus, car, à peine y a-t-il dans ce Paris délaissé quelque spectacle à voir, fût-il le moins intéressant du monde, on y accourt, on s’y presse, on s’y pousse, on s’y étouffe, et l’on est tout étonné d’y rencontrer des gens qu’on croyait à deux ou trois cents lieues.
Les concours du Conservatoire
C’est ainsi que, cette semaine, on est allé braver l’apoplexie aux concours du Conservatoire et que l’on continuera à s’y congestionner pendant huit jours encore. Concours de piano, concours de violoncelle et de violon, concours de chant, concours de comédie et de tragédie, concours d’instruments à vent : il y en a là pour tous les goûts. Le concours le moins fréquenté est celui des cornets à pistons. C’est la petite pièce après la grande. On n’y trouve plus de place qu’il n’en faut. Le concours le plus suivi est toujours celui de la comédie. La tragédie s’expédie le matin, avant le déjeuner. Corneille est un apéritif. Il y a peu de monde pour le déguster. Mais, quand arrive l’après-midi, c’est une invasion de la petite salle du Conservatoire par tout ce qui gravite autour de la Comédie-Française, comédiennes en renom ou en expectative. On arbore des toilettes fort jolies et des éventails fort coquets dans cette fournaise. Dickens parle quelque part de la Petite Dorrit1 de Marseille qui est occupée à rissoler au soleil2. Sous le plafond de verre de la salle du théâtre, toute l’assemblée réunie faubourg Poissonnière3 rissole comme Pellico4 sous les plombs. C’est le chariot de Thespis5 remisé dans une étuve.
Mais on s’amuse ! Tout concours tient un peu du duel et des courses, et par conséquent du jeu. Il y a là comme une part faite au hasard, et l’homme aimera toujours ce qui est imprévu. Et puis, quelle belle occasion a là ce public de s’ériger lui-même en juge ! Il décerne les prix à l’avance. Il a ses lauréats préférés. Un joli profil le séduit, une caresse de la voix l’enthousiasme. Il adopte une concurrente comme, à Longchamp, il choisirait un favori. Et si les jurés ne couronnent point cette pouliche — (si je puis parler ainsi), ah ! quel tapage au moment de la proclamation des récompenses ! Protestations, cris, sifflets, chuts, grognements, orage. Nous avons, presque chaque année, assisté à pareille tempête. M. Ambroise Thomas6 reste généralement très calme devant la bourrasque. Il fait simplement tinter sa sonnette en guise de quos ego7. Le vieux Cherubini8 se fâchait tout rouge, il donnait ordre de vider la salle et d’éteindre les lumières. Auber9, plus sceptique, souriait.
Il y eut un vacarme de ce genre lorsque Coquelin aîné10 concourut et aussi lorsque Coquelin cadet parut là, devant le public. La foule trouvait que M. Malard avait mieux mérité le prix que Coquelin11 ! Et quant au cadet, concourant trois ou quatre ans plus tard, il se désolait dans un coin de n’avoir pas remporté sa couronne.
— C’est une injustice, dit-il, tout nettement, au vieil Auber.
L’auteur de la Muette12 le regarda avec son fin sourire :
— Peut-être ! fit-il. En ce cas, habituez-vous à ces choses-là. Vous en verrez bien d’autres ! La vie, jeune homme, c’est un voyage à travers l’injustice. Et consolez-vous !
Roger et le Carnet d’un ténor
Il n’est point rare que l’avenir casse sans nulle pitié les arrêts de ces concours. C’est même généralement ce qui arrive. Du temps où le ténor Roger13 était élève au Conservatoire, il y avait à côté de lui un ténor qui se nommait Flavio Ping14 et qu’on appelait le grand Ping, le « futur grand artiste » — un nouveau Duprez15 — par opposition an petit Roger. Quelques années après, le « petit Roger », devenu illustre, retrouvait à Londres le « grand Ping » resté ignoré.
Roger parle fort agréablement de cette mélancolique rencontre dans ce Carnet d’un ténor que M. Philippe Gille16 vient de publier avec une si charmante préface, bien parisienne. On ignorait que Roger fût un écrivain, et même un écrivain très vif. Il y a bien, çà et là, des naïvetés dans sa prose, et je dirai des prudhommeries dans ses souvenirs ; par exemple cette impression extraordinaire :
« 1848. — 3 avril. — Nous mangeons chez Clapisson17. Il est malade. On appelle le médecin, qui le saigne. C’est la deuxième fois que je vois couler le sang. La première fois, c’était ma femme qu’on saignait et je n’avais pu regarder. Ça me faisait mal. Aujourd’hui, j’ai guetté le moment où la lancette entrait dans la veine, et j’ai vu sans émotion le sang jaillir. Clapisson s’est trouvé mal… »
INSÉRER ici l’image : « Roger (Gustave) – Carnet d’un ténor (extrait 1) wb.gif », accompagné de la Légende : « Le texte original (page 19) »
L’émotion devant la saignée de Mme Roger était d’un bon époux ! Mais la froideur devant la saignée de CIapisson… Pauvre bon gros souriant Clapisson ! Après tout, il était dans son tort : il invitait un ténor à dîner, il ne l’invitait point à assister à une opération de chirurgie. Le dessert parut peut-être bizarre à Roger, qui s’en consola en guettant le coup de lancette. Pauvre Clapisson !
Roger, avant ce Carnet d’un ténor, avait, çà et là, publié quelques pages et même des vers, et des vers lestement tournés. On les a donnés quelque part, sous ce titre un peu ambitieux : Petits vers d’un grand chanteur.
Petits vers d’un grand chanteur
En 1852, Roger voyageait en Allemagne. Le roi de Saxe l’avait invité à chanter, un soir, au dîner, et le ténor répondait au directeur de la manufacture royale de porcelaine de Meisen, qui l’en avertissait :
Ô merveille de l’art, ô rivale de Sèvres,
Porcelaine où sont peints de gracieux ébats,
Toi qui charmes nos yeux en caressant nos lèvres,
Frêle fille du Nord ! je ne regrette pas
D’avoir appris ta langue et ta rude syntaxe.
Certes, le roi rendrait mon bonheur peu commun
Si, pour chanter un soir au service de Saxe,
Il voulait bien m’en offrir un !
Cette porcelaine de Meisen semblait d’ailleurs avoir singulièrement séduit le chanteur, car Devrient, l’acteur tragique18, le Talma19 de l’Allemagne, présentant un album à Roger en le priant de laisser sur le vélin un autographe, le ténor avisa ce proverbe français, écrit autrefois par Rachel : Tout lasse, tout casse, tout passe, et le traduisit ainsi en trois strophes — sur-le-champ :
Tout lasse ? Oh ! non, monsieur, si votre cœur l’ignore,
Pour l’art et pour le bien, rien ne nous doit glacer,
Rachel et Devrient ! vous que le monde adore,
Irait-on vous entendre et vous revoir encore,
Si tout devait lasser ?
Tout casse. — Il est trop vrai ; je l’avoue avec peine,
C’est un cruel dicton qu’on ne peut effacer.
Et le gouvernement et le bien qu’il amène,
Et ma voix de ténor, avec ma porcelaine,
Tout un jour doit casser.
Tout passe, dites-vous ? Ah ! que Dieu vous entende !
Dans ma malle, avec soin, j’irais vite entasser
Vos émaux de Meisen, votre Sèvre allemande
Au nez de la douane et sans payer d’amende,
Si tout devait passer !
On pourra mettre ces verselets oubliés en note dans la prochaine édition du Carnet d’un ténor.
Le Musée des arts décoratifs, exposition nouvelle
Avec le concours de déclamation et de musique, il n’y a plus guère à Paris que le Musée des arts décoratifs20 qui attire le public par quelque nouveauté. Encore cette nouveauté est-elle rétrospective, mais on pourrait presque affirmer qu’elle n’en a que plus de prix. On nous avait déjà montré, aux Champs-Élysées, une collection de dessins d’ornement et de décoration qui avait vivement séduit les artistes. On vient d’y joindre, ou plutôt d’y faire succéder une exposition de peintures décoratives anciennes dont le succès est plus éclatant peut-être. Les collectionneurs ont été vraiment généreux. Ils ont décroché les perles de leurs galeries et envoyé au Musée des arts décoratifs le dessus du panier de leurs cabinets. Il y a là des Chardin21 d’un inestimable prix qui appartiennent à M. Eudoxe Marcille22 et des Tiepolo23 — ce dernier des Vénitiens — des Tiepolo tout à fait exquis que M. de Schwitter24 a très gracieusement expédiés aux Champs-Élysées.
Les deux grands Chardin de M. Édouard André25, le Fragonard de M. de Ganay — un plafond, et joli, et coquet, et de la meilleure inspiration, — les panneaux de Watteau qui appartiennent à M. de la Béraudière, font venir l’eau à la bouche des amateurs ; mais c’est en somme la Manufacture des Gobelins qui a prêté au musée les œuvres les plus précieuses et les plus intéressantes. Il y a là des compositions de Boucher26 d’une grâce inexprimable. Quand on pense que ce puritain de David proposait de faire brûler tout cela sous prétexte que c’était un art de décadence et de courtisanes27 ! Et les modèles de canapés signés Coypel ! Ce sont des chefs-d’œuvre. Lorsque des peintres, — certains peintres, — se mêlent ainsi de dessiner des meubles, ils font des merveilles ; par exemple Prud’hon28 lorsqu’il composa la Psyché destinée à Marie-Louise, et le Berceau du roi de Rome.
La Ville de Paris a prêté, en outre, au Musée que dirige si activement M. de Chennevières29, l’esquisse de la coupole de Sainte-Geneviève, par Gros30, des grisailles de Sauvage31, et la Bibliothèque nationale a bien voulu se priver, pour un moment, des panneaux de Boucher qui lui appartiennent. Tout cela forme une collection temporaire qui, vraiment, est la joie des yeux, tant il y a de charme et de goût chez ces maîtres français du dernier siècle.
On commence, d’ailleurs, à comprendre, — j’entends même parmi le public, — que le sentiment de la décoration est bel et bien un art, et je dirai un art tout aussi artistique que la peinture qui s’encadre de bordures d’or et se débite chez les marchands. Nous avons, en ce temps-ci, un maître peintre décorateur, beaucoup moins populaire que maint vaudevilliste de la peinture de genre, mais qui restera célèbre quand on ne parlera plus depuis longtemps de ces gloires de « quatre jours » car depuis vingt ans il a exécuté des chefs-d’œuvre à Paris, dans les hôtels particuliers, chez M. Aguado et M. de Rothschild, M. Garfumkel et Mme de Cassin, à l’Hôtel Continental et chez le prince Narischkine à Saint-Pétersbourg. C’est M. P.-V. Galland32, que je ne connais point personnellement, mais dont les Esquisses ont fait sensation quand on les a vues au Musée des arts décoratifs tout justement, il y a quelques mois.
Et, en fait de peintures décoratives, j’en sais de bien belles et de fort inconnues, du plus décoratif’ peut-être des peintres du temps passé, d’Honoré Fragonard, du grand Frago, comme disent ses fanatiques. Elles sont à Grasse, sa ville natale, dans une maison close, et appartiennent à un héritier de Fragonard qui les a eues de la façon la plus simple du monde, à la mort du fils de Fragonard33, peintre lui-même, comme on sait.
La maison Fragonard de Grasse
Voici l’histoire. Elle est curieuse :
Ce Fragonard, qui fut à la fois peintre et sculpteur, dressa une statue colossale à Pichegru34 et peignit un François 1er armé chevalier35 lequel rappelle vaguement les troubadours des dessus de pendules, Fragonard fils, dont j’ai vu vendre 14 francs des tableaux de quatre mètres, avait été élevé par son second maître David dans la haine de l’art exquis de son père Frago. Il s’était donc fort peu inquiété de savoir ce qu’étaient devenues, de par le monde, les œuvres achevées ou inachevées qu’Honoré Fragonard laissait après lui, lorsqu’en 1850, ce Fragonard, deuxième du nom, mourut à Paris.
Il possédait à Grasse, du chef de son père, une maison dans laquelle il n’avait peut-être jamais mis les pieds36 et où s’étalaient d’ailleurs des peintures à fresque qu’il eût déclarées fort médiocres, rococo, puisque c’était le mot méprisant.
Un notaire de Grasse fut appelé pour inventorier ce qui se trouvait dans la maison jadis habitée par Honoré Fragonard. Ce notaire s’appelait M. Blaise Sardou et il était cousin germain du célèbre auteur dramatique, dont la famille est méridionale, bien que M. Victorien Sardou37 soit né en plein cœur du vieux Paris, rue Beautreillis.
M. Blaise Sardou fit donc l’inventaire de ce que contenait la maison de Grasse, et lorsqu’on arriva aux vieilles peintures de Fragonard qu’on rencontrait là, on se demanda ce que « ça » pouvait bien valoir. Deux mille francs ? Trois mille francs ? — Je crois qu’on les estima cinq mille, en croyant bien enfler les prix.
Or, voici ce que c’était que ces Fragonard. Le peintre du Verrou et de la Fontaine d’Amour avait reçu de Mme Dubarry commande d’un certain nombre de peintures qui devaient servir à une nouvelle décoration de Louveciennes, lorsque la Révolution éclata. Fragonard, riche jusque-là, fut ruiné par le bouleversement. Il prit peur ; l’Assemblée nationale l’avait bien, il est vrai, nommé conservateur du Musée38, mais, lorsque vint la Convention, il crut prudent de faire oublier qu’il y avait à Paris un peintre de figurines amoureuses qui travaillait encore naguère pour la Dubarry. Il fit emballer ses tableaux, les transporta à Grasse, s’enferma avec eux dans sa maison dont il décora tous les escaliers d’emblèmes civiques, de cocardes et de nœuds tricolores, de couronnes de chêne et de faisceaux consulaires, — allégories bien pensantes — et il resta là jusqu’à sa mort, dont l’heure sonna au commencement de l’empire.
Et, depuis 1805, ces œuvres ignorées de Fragonard, les plus importantes par la dimension et les plus remarquables qu’il ait jamais exécutées, restaient comme ensevelies dans la petite maison de Grasse, lorsqu’elles tombèrent, par hasard, dans l’héritage d’un connaisseur.
Celui qui les possède aujourd’hui jeta un cri d’admiration en voyant ces immenses compositions où se jouent dans des paysages printaniers des Amours et des Nymphes, des dieux et des immortelles. Il s’enferma à son tour, comme un amoureux, avec Fragonard, dont l’éternelle jeunesse le ravit, et, pour jeter aujourd’hui un coup d’œil à ces merveilles, il faut pétitionner et attendre, et l’on obtiendrait parfois plus facilement une préfecture qu’une entrée dans la maison de Frago.
Les grands amateurs d’art ont appris d’ailleurs qu’il y avait là, en ce coin des Alpes-Maritimes, un trésor, et déjà la Russie, l’Angleterre, M. de Nieuwerkerke39 jadis, ont fait des offres considérables au propriétaire de ces Fragonard.
Il ne veut pas s’en dessaisir et il a grand’raison. De deux cent mille francs, on est monté à quatre cent mille. Il y a loin des cinq mille francs du temps de M. Blaise Sardou ! Je crois bien que l’héritier des Fragonard songe à léguer ces chefs-d’œuvre à la France. Ce serait digne de lui et de la mémoire du peintre. Une nation comme la nôtre a d’ailleurs des récompenses toutes faites pour honorer de telles générosités et de tels désintéressements.
La Bourse des livres
Mais quelle fièvre de maîtres et petits-maîtres du dix-huitième siècle a donc saisi le temps où nous vivons ! Et cet enthousiasme forcené, avide, exalté, insensé, goulu, ne se traduit pas seulement par les grands prix qu’atteignent les tableaux et les dessins dans les ventes, mais par le grossissement extraordinaire de la valeur des livres de cette même époque40.
Un Debucourt, par exemple, la Promenade au Palais-Royal, qu’on avait il y a dix ans pour quatre-vingts francs, en vaut quinze cents et en vaudra deux mille41. Les Chansons, de Laborde42, qu’on emportait jadis pour deux ou trois cents francs, se vendent couramment deux ou trois mille francs. Les Baisers, de Dorat43, qu’on payait dix francs, en bon état, sur les quais, valent douze cents francs. Les vieux libraires classiques, comme M. Porquet44, hochent la tête devant cette spéculation, cet agio, cette sorte de Bourse des livres. Il a fallu, sur ces dessinateurs et ces ouvrages spéciaux, écrire des ouvrages particuliers, des Guides de l’amateur, comme on a publié des Guides du spéculateur. Le beau travail de MM. Roger Portalis45 et Bocher sur les Illustrateurs du XVIIIe siècle est le plus remarquable et le plus complet de ces écrits.
Et plus nous irons, plus gonfleront, si je puis dire, les prix de ces raretés — ou, pour se servir du mot commercial qui exprime mieux mon idée — le prix de ces « articles ». — Les amateurs, en effet, ne sont plus seulement une poignée. Ils sont une foule. Ils se nomment Légion. La curiosité, ce caprice et cette science de raffinés, se démocratise comme toute chose. Les pays vierges s’en mêlent. Il y a des curieux, des amateurs en Russie et en Amérique. L’Amérique surtout donne. J’entends qu’elle arrache, de haute lutte, ce qui lui plaît, à coups de dollars. Elle a ses journaux d’art. Elle tient à montrer que les fortes mains osseuses des Yankees peuvent fort bien aussi caresser et épousseter, sans les briser, les bibelots, après avoir manié la cognée.
Et comme le nombre des amateurs augmente tous les jours, les habiles cherchent, chaque matin, sur quel point spécial de la curiosité, en fait d’art ou de librairie, on pourrait bien faire la hausse en déclarant que l’article devient à la mode.
C’est ainsi qu’on a vu d’horribles livres, sans valeur, imprimés avec des têtes de clous, sur du méchant papier, et tout pleins de gravures difformes, les livres pornographiques d’un Restif de La Bretonne46, par exemple, atteindre des prix fous, absurdement exagérés, au point qu’on a payé douze mille francs les œuvres complètes de cet illisible Restif.
Les plus malins parmi les collectionneurs, Henry Meilhac, pour n’en citer qu’un, rassemblaient les ouvrages de Restif, mais pour les revendre. Et que diable, en vérité, pourrait faire un véritable bibliophile de cette littérature d’almanach ?
Les Romantiques
Avec Restif de La Bretonne, les libraires avaient aussi mis à la mode ce qu’ils appelaient les Romantiques. Toutes les productions oubliées, qui encombraient depuis des années les vieux cabinets de lecture, les in-8° moisis du temps jadis, devenaient des Romantiques sur le catalogue des libraires. La mention Romantique rare alléchait les amateurs, qui payaient affreusement cher de vieux romans inutiles, des bouquins déterrés au fond des librairies des sous-préfectures de province.
Les Grotesques, de Théophile Gautier47, dont la première édition, invendue, a longtemps couru les boîtes au rabais des bouquinistes des quais, montaient jusqu’à cent francs, deux cents francs. « Romantique ! » Une édition princeps48 d’Alfred de Musset valait cinq cents francs. « Romantique ! » On s’arrachait les premières éditions de Victor Hugo au poids de l’or ? « Romantique ! » Et non seulement les Hugo, les Musset, les Gautier, mais les conteurs et poètes minores, le Trialph de Lassailly49, » Romantique ! » qu’on payait dix louis, le Champavert, de Pétrus Borel50, « Romantique ! » pour lequel on donnait trois cents francs.
Les amateurs
Cependant, encore un coup, la valeur la plus cotée, en cette corbeille de la littérature, c’était et c’est encore le livre du dix-huitième siècle, les éditions d’Eisen51, de Gravelot52, de Moreau le Jeune53. C’est vraiment là une folie. On traque un exemplaire de ces ouvrages comme on ferait d’un gibier. On les déterre comme des truffes. Les commis libraires guettent — comme Roger penché sur la veine de Clapisson — la mort ou la misère de braves gens qui possèdent quelque Dorat ou quelque Rousseau grand format, au fond d’une mansarde des Batignolles ou d’une maisonnette de Passy.
On vous dira très bien, si vous êtes amateur de livres :
— Attendez un mois. Je sais un brave homme qui possède une édition des Contes de La Fontaine avec les figures de Duplessis-Bertaux54 avant la lettre… Il n’en a pas pour longtemps !… Je vous enverrai une dépêche dès que j’aurais la lettre de faire-part.
Mais comme tout s’épuise et que les Eisen et les Moreau sont, après tout, limités en nombre, voilà que ce n’est plus maintenant sur les livres à figures du dix-huitième siècle que les libraires vont faire la hausse, c’est sur les livres illustrés du dix-neuvième siècle. Il y en a toute une collection et de fort beaux : le Gil Blas, de Jean Gigoux55, avec le Lazarille de Tormes56, de Meissonier ; les Animaux57 et le Gulliver58, de Grandville ; les Chansons populaires59, publiées par Delloye ; le Napoléon60, de Raffet et celui d’Horace Vernet61 ; le Werther62 de Tony Johannot — que sais-je encore ? Voilà désormais ce qui va, pendant un certain temps, captiver les amateurs français, américains, anglais et moscovites : — singuliers amateurs qui n’aiment que ce qu’on leur dit d’aimer et qui attendent le mot d’ordre de la mode pour s’écrier :
— C’est superbe ! Et je veux cela ! je le veux ! je le veux à tout prix !
Puis, quand les Raffet, les Charlet, les Mystères de Paris63 avec les paysages parisiens de Daubigny et le Juif-Errant64 de Gavarni seront épuisés, les coulissiers et les haussiers de la librairie trouveront une autre valeur à lancer, et nous aurons peut-être déjà, nous, contemporains, la satisfaction d’assister à notre plus-value marchande et de voir se vendre très cher nos livres de début que nos éditeurs mirent au rabais — ô tristes souvenirs ! — absolument comme ces ouvrages d’Alfred Delveau65 qui passaient très mystérieusement inaperçus lors de leur apparition, et que les amateurs se disputent, s’arrachent et pourchassent, depuis quelques années, comme s’il y avait des coupures de la Banque oubliées entre les feuillets de ces livres.
Ah ! les amateurs, les collectionneurs, les curieux ! Ils sont gens à tout acheter, à tout cataloguer, à tout admirer, à tout adorer !
Je me rappelle ce bon et véritable érudit, M. Charles Vatel66, — qui a si savamment étudié Charlotte Corday67 et les Girondins, — et qui, nous conduisant devant un portrait « authentique » de Mlle de Corday, nous disait, tout heureux :
— J’ai trouvé cela rue de Lappe. Je l’ai trouvé au bon moment. Lorsque le marchand me l’a vendu, il m’a dit : « Vous avez bien fait de vous décider puisque vous tenez à Charlotte Corday. Comme ça ne se vendait pas, j’allais en faire une princesse de Lamballe »… J’ai eu de la chance !
Les Lettres de Madame de Pompadour
L’amateur est le contraire de saint Thomas. Ce n’est pas un douteur. Il croit tout. Il accepte tout. J’ai bien acheté, moi, sachant parfaitement qu’elles étaient fausses, de prétendues lettres de Mme de Pompadour68, en me disant : « Après tout, c’est une curiosité ! »
— Revenez lundi, monsieur, me disait la marchande avec un air fin. Nous en aurons encore tant que vous voudrez. Les Pompadour sont très demandées !
C’était, il y a deux ans, chez une marchande de curiosités de la rue de Châteaudun. Toute la journée, en ce temps-là, aux Archives nationales, rue du Chaume, M. Émile Campardon69 fort expert en ces matières voyait arriver des amateurs apportant un papier jauni, maculé de sceaux de cire rouge craquelée et qui lui disaient :
— Monsieur, croyez-vous que ce soit…
— De Mme de Pompadour ? Non, interrompait M. Campardon sans même regarder.
Le défilé de ces amateurs d’autographes de la Pompadour dura bien un mois, tant Paris était inondé de ces faux autographes ; amateurs toujours incrédules d’ailleurs — incrédules de la vérité — et remportant leur Pompadour avec l’intime persuasion que l’archiviste se trompait et que l’autographe était authentique.
Deux curiosités à vendre
Mais, sans aller plus loin, il y a, à l’heure où j’écris, chez un marchand de curiosités de la rue des Petites-Écuries, deux pièces capitales et qui défient, avec une incroyable audace, toute espèce de vraisemblance.
L’une représente un lambeau de peau rougeâtre, garnie d’écailles, épaisse comme une écorce de platane, avec des cachets de cire tout autour, et porte cette inscription : « Fragment de la peau du serpent qui tenta notre mère Ève au paradis terrestre. Le reptile fut tué le lendemain par Adam d’un coup d’épieu dont on peut voir encore la trace. Sceaux de garantie de savants et de théologiens. » Sceaux de garantie !…
L’autre pièce, encadrée comme la première, est une longue mèche de vieux cheveux noirs qui ont dû être fort beaux et qu’on a collés avec des cachets de cire sur un fragment de parchemin peint et décoré dans le style du moyen âge. L’inscription dit : « Cheveux de Charles II, dit le Chauve70, roi de France, d’Alémanie et d’Aquitaine, fils de Louis le Débonnaire et de Judith de Bavière. » Des cheveux de Charles le Chauve ! La plaisanterie vaut, je pense, celle du serpent tué par le vieil Adam.
Eh bien ! soyez certain qu’il se trouvera dans ce grand Paris quelque collectionneur pour acheter ces deux curiosités invraisemblables et quelque esprit crédule pour soutenir qu’elles sont authentiques. Le savant M. Chasles a avalé plus gros goujon que cela71.
La peau du serpent adamique et la mèche de cheveux du roi Charles, mèche de cheveux digne d’avoir Pope72 pour poète, valent après tout bien des bibelots, bien des bouquins et bien des dessins du dix-huitième siècle. Ce sont aussi des documents humains, des documents de la bêtise humaine !
Au reste ce ne sont pas seulement les amateurs de livres qui mettent le siècle dernier à la mode, il s’est formé et il se forme (on devrait dire se déforme) tous les jours une école spéciale de littérateurs qui pillent, déshabillent et rhabillent à la moderne les conteurs du dix-huitième siècle et ceux du seizième, qui accommodent le grand Rabelais, — l’aïeul, le grand Gaulois, — à la mode boulevardière, et écrasent en de lourdes nouvelles les petits contes court-vêtus de Voltaire, de Vergier73, de Moncrif74 ou de Sénécé75. On les pourrait saluer au passage ces novelle d’autrefois, dans les journaux d’aujourd’hui, comme de vieilles connaissances, si les plagiaires et les faiseurs d’adaptations leur conservaient quelque chose de leur grâce primitive et de la légèreté de leur esprit. Il y a là comme une parodie quotidienne de cette vieille littérature de la Gaule, depuis les récits de Brantôme76 jusqu’aux rimes de ce Fond du sac de Félix Nogaret77 qu’on vendait jadis sous le manteau et qui se débitent aujourd’hui, sous un pseudonyme, en plein soleil.
Qu’on n’accuse point de pruderie ceux qui trouvent qu’on va bien loin en ces sortes d’affaires. Les croquis du Boudoir78 et les nouvelles à la main du Piron79, journal rose, ne relèvent point de ce Rabelais dont on inaugure la statue dans le beau pays de Touraine, et dont ces pseudo-Gaulois se voudraient réclamer. Rabelais vivait dans un temps où l’on ne pouvait tout dire, et il déclarait lui-même qu’il ne s’enveloppait de fiente que pour éviter la main de l’homme rouge, qui l’eût traîné volontiers aux fagots du bûcher. Les petits Rabelais du jour, nos Rabelais sans robe de docteur, nos Rabelais en veston court, ne s’enduisent de telle sorte que pour mieux attirer le chaland. C’est un métier triste.
Et puis, de Rabelais à ses arrière-neveux il y a une fière distance : — celle du rire du génie au babillage du désœuvré. Le talent fait tout en pareille matière et la forme sauve le fond.
Napoléon III et Mademoiselle de Maupin
M. Henri Rivière80, l’auteur de Pierrot et de Caïn, nous a conté qu’allant un jour rendre visite à Napoléon III, à Chiselhurst81, il trouva le souverain détrôné lisant un livre ; et montrant ce volume :
— Savez-vous ce que je lis ? dit l’empereur. Voyez : Mademoiselle de Maupin82 ! Eh bien ! on a tant reproché à la littérature de mon temps d’être cynique et immorale… Elle l’était moins !… Oui, tel roman (et il citait le titre fameux d’un volume de boudoir) l’était moins que cette Mademoiselle de Maupin, qui date du temps de Louis-Philippe !
— Sans doute, répondit M. Rivière. En apparence. Mais le talent change bien les choses en pareille matière. Le style est comme un manteau qui cache les nudités.
On ne saurait reprocher aux récits dont je parle, aux parodistes de nos vieux conteurs, de pécher par un excès de style. Ils ne tiennent ni à la pourpre, ni à la soie du manteau ; ils ne tiennent même pas du tout au manteau. Ils diraient volontiers à leur Muse, comme ce sculpteur à cette grande dame :
— Madame, rien ne vous va comme le nu !
Et pendant ce temps, cette littérature spéciale, qui est aux lettres ce que certaines photographies sont à l’art, a ses petits journaux spéciaux, ses illustrateurs et ses lecteurs ; elle fait florès et fait fortune.
Soit. Mais Rabelais — maître François, fort peu bégueule, — ne la lirait pas.
C’est la meilleure des censures : celle du dédain. Pantagruel en eut, en son temps, à subir une plus grave de la Faculté de théologie lorsque parut son quatrième livre : « certain livre mauvais exposé en vente », dit l’arrêté du parlement qui le condamne, et voici que M. Alexandre Dumas fils vient d’encourir non pas les foudres de la Faculté de théologie, mais la colère du Vatican. Son livre, le Divorce83, est mis, à Rome, à l’index. C’est peut-être parce qu’il a toujours grand succès à Paris.
Dumas à l’index ! Le volume du Divorce condamné par la Congrégation ! C’est une des ironies de la semaine. Je crois bien d’ailleurs que M. Alexandre Dumas s’en soucie médiocrement et que même une telle colère ne lui déplaît pas. « Tu te fâches, donc tu as tort ! » comme disait le philosophe. Ce n’est point par la mise à l’index de ses ouvrages que le Vatican aura raison du très vaillant académicien.
Les petits cochons à la mode
Il doit y avoir, d’ailleurs, des petits bijoux spéciaux contre la mise à l’index, absolument comme il y a des morceaux de corail contre le mauvais œil. Ce genre de bibelots, porte-chances ou médailles bénites, a ses curieux aussi. Nous nous moquons beaucoup des gris-gris que portent les nègres, des amulettes des sauvages et de toute la joaillerie superstitieuse, et voilà que les devantures de nos bijoutiers sont littéralement envahies par ces petits cochons, verrats, truies ou porcelets qui, paraît-il, sont des porte-bonheur. Toutes les concurrentes du Conservatoire en ont un au cou ou au bras, pour se donner des chances de remporter le prix. Je savais que le cochon était un « mets recherché en toutes ses parties » comme dirait Brillat-Savarin ; et Monselet84, avec un accent passionné, lui a dit — ou à peu près — dans sa poétique gloutonnerie :
Oui, tout est bon en vous, animal-roi, cher ange !
Mais je ne savais pas que le cochon fût un talisman. Je ne connaissais, en ce genre, que le Pied de mouton85 de Martainville. Le monde, si le porc est un porc-bonheur (comme disent aussi les boulevardiers), finira donc par être une vaste porcherie où de petits cochonnets d’argent ou d’or se balanceront un peu partout à des bracelets ou à des colliers. Étrange innovation et peu parisienne. Je comprenais — dans cette zoologie de la mode — le lézard en diamants, — l’ami de l’homme devenu l’ami de la femme — et le serpent porte-bouquet. Mais le cochon ! Importation viennoise que nos Parisiennes ont eu le grand tort d’adopter.
Les voitures-annonces
Mais, hélas ! que n’adopte-t-on point ! Voici la voiture-annonce, le fiacre orné d’affiches peintes, le coupé illustré de réclames qui commence à rouler dans nos rues ! Mode américaine, celle-là, et non plus autrichienne. — On aperçoit, en passant, un joli visage de femme encadré dans une annonce de la vitaline Steck et de l’anti-bolbos86. Une petite tête brune apparaît à la portière d’un coupé qui passe et on lit au-dessous : Plus de fausses nattes.
J’engage même les femmes d’une certaine classe — celles qui se font des rentes avec la faiblesse du sexe fort — à ne jamais prendre ces voitures nouvelles. Elles pourraient s’en trouver compromises en traversant Paris, car derrière toutes ces voitures illustrées s’étale infailliblement la fameuse et trompeuse inscription : On rend l’argent.
C’est une fausse annonce.
Notes
1 La Petite Dorrit, roman majeur de Charles Dickens, a d’abord été publié en fascicules à partir de décembre 1855 avant d’être réuni en volume. La version française a été établie en 1858 par William Hughes pour Hachette (trois volumes, 1200 pages en tout).
2 Ce n’est pas la petite Dorrit qui rissole mais la ville elle-même, dès la première phrase du roman : « Il y a une trentaine d’années, Marseille était un jour en train de rissoler au soleil. »
3 Ce « Conservatoire de musique et de déclamation » était à l’époque rue Bergère où l’entrée de l’imposant bâtiment se trouvait (et se trouve encore) dans l’axe de la rue Rougemont, qui prend, en effet, dans le faubourg Poissonnière.
4 Silvio Pellico (1789-1854), poète et auteur dramatique italien, professeur de français, condamné à mort pour raisons politiques. Gracié, Silvio Pellico écrivit ses mémoires sous le titre Mes prisons, qui parurent en français en 1833 chez au moins quatre éditeurs simultanément.
5 Thespis (né vers moins 566) est considéré comme l’inventeur de la tragédie grecque et premier comédien. Thespis partait en tournée dans un chariot, accompagné de sa troupe. Dans sa préface à Cromwell, Victor Hugo emploie le mot charrette : « Aussi la comédie passe-t-elle presque inaperçue dans le grand ensemble épique de l’antiquité. À côté des chars olympiques, qu’est-ce que la charrette de Thespis ? »
6 Ambroise Thomas (1811-1896) compositeur d’opéras presque tous oubliés, à la musique facile, disparue le lendemain. Professeur de composition au Conservatoire de Paris en 1856, Ambroise Thomas en devient le directeur en 1871.
7 Quos ego, : « Lesquels moi je… », menace interrompue par lassitude, que l’on pourrait aussi bien traduire par « Vous allez voir ce que vous allez voir » Ce mot est attribué à Neptune, contre les vents qui agitaient la mer.
8 Le compositeur d’opéras Luigi Cherubini (1760-1842) est en effet bien vieux, puisque mort il y a plus de 38 ans. Il a dirigé le Conservatoire à partir de 1822 jusqu’à sa mort.
9 Daniel Auber (1782-1871) a été le directeur du Conservatoire à la mort de Luigi Cherubini jusqu’à sa propre mort, laissant ainsi la place à Ambroise Thomas.
10 Coquelin aîné a reçu le premier prix de comédie du Conservatoire avant d’intégrer la Comédie-Française la même année 1860. Coquelin cadet aussi mais sept ans plus tard est entré à L’Odéon. Voir, dans la page sur « Le Mariage de Colette Dumas » le chapitre « La démission de Coquelin ». Pour Coquelin cadet aussi.
11 De fait, le Malard en question est demeuré un parfait inconnu.
12 La Muette de Portici, est le résultat d’une commande du Conservatoire de Paris à Daniel Auber, créé à l’opéra en 1928.
13 Gustave Roger (1815-1879), mort en septembre dernier. On pourra lire, de Gustave Roger, Carnet d’un ténor, paru chez Ollendorff au printemps de cette année 1880 et couvrant les années 1847-1848.
14 Dans l’ouvrage cité ci-dessus nous pouvons lire, au cinq juillet 1848 (page 62) : « Flavio Ping est venu me voir. Nous sommes d’anciens camarades du Conservatoire ; il était plus avancé que moi à cette époque ! Il avait une facilité merveilleuse. Il a quitté la France pendant cinq ans, puis est venu débuter dans mes rôles à Paris, mais il n’est resté que quelques mois à l’Opéra-Comique, où il croyait certes m’avoir écrasé dans Richard, Jean de Paris, etc… / Et nous nous retrouvons à Londres, avec le souvenir d’une amitié de Conservatoire, mais cependant en rivalité d’intérêts ; lui, furieux de voir son ancien camarade, le petit Roger, ayant une réputation établie à Paris, capitale du monde artistique, moi, pour ainsi dire honteux de l’avoir dépassé. » Lire la suite.
15 Gilbert Duprez, (1806-1896) librettiste et premier ténor à l’Opéra en 1837.
16 Philippe Gille (1830-1901), journaliste et librettiste.
17 Louis Clapisson (1808-1866) compositeur et violoniste.
18 Deux Devrient, probablement frères, nés à Berlin, peuvent tenir le rôle : Eduard Devrient (1801-1877) et Gustav Emil Devrient (1803-1872), avec peut-être une préférence pour ce second.
19 François-Joseph Talma (1763-1826), dentiste en 1785, entre au Conservatoire l’année suivante et débute à la Comédie-Française un an plus tard. La troupe est gagnée par la Révolution et se divise. F.-J. Talma choisissant les révolutionnaires doit quitter la Comédie-Française. Bien entendu les choses tournent mal. Par hasard, en 1793 il rencontre un jeune militaire de 24 ans mais déjà général, du nom de Napoléon Bonaparte, qui le convie à déjeuner chaque semaine. F.-J. T. est réintégré à la Comédie-Française en 1899. Après une brillante carrière et une aventure avec Pauline Bonaparte, le comédien préféré de Napoléon, mort en 1821, meurt à son tour en octobre 1826, à l’âge de 63 ans.
20 Il ne s’agit pas du musée des Arts décoratifs actuel, installé en 1905 rue de Rivoli dans le palais du Louvre mais un musée éducatif destiné aux élèves des écoles d’art. Le projet, en errance depuis le milieu de siècle sans pouvoir trouver de lieu, finira par s’installer dans un coin du palais de l’Industrie, dit aussi palais des Champs Élysées, au fond, à gauche, vers la Seine. Pour le palais de l’Industrie voir les pages « Les visites aux ateliers » et « On ne parle plus du Salon ».
21 Jean Siméon Chardin (1699-1779). Journal de Paul Léautaud au vingt avril 1933 : « Ma nouvelle bonne (67 ans), avec sa robe jusqu’aux pieds, son foulard sur sa tête, cachant les oreilles et noué sous le menton, ses lunettes, ressemble à un Chardin. Cela va avec moi. » Paul Léautaud pense au portrait de la seconde Madame Chardin (âgée de soixante-huit ans), datant de 1875 et exposé au Louvre dans le « couloir des poules ».
22 Eudoxe Marcille (1814-1890), collectionneur et peintre, directeur du musée des Beaux-Arts d’Orléans en 1870.
23 Jean-Baptiste Tiepolo (1696-1770).
24 Peut-être Louis Auguste de Schwiter (1805-1889), proche d’Eugène Delacroix.
25 Édouard André (1833-1894), militaire, collectionneur, mécène, banquier immensément riche et député du Gard sous le second empire. Édouard André a fait construire sur le boulevard Haussmann une très luxueuse demeure qui est de nos jours le musée Jacquemart-André. Jules Claretie nous récite le catalogue et les collectionneurs suivants ne feront pas nécessairement l’objet d’une note.
26 François Boucher (1703-1770).
27 Très vraisemblablement à l’époque à laquelle Jacques-Louis David (1748-1825) était député à la Convention.
28 Pierre-Paul Prud’hon (Pierre Prudon, 1758-1823), peintre favori de Joséphine devenu professeur de dessin de Marie-Louise. L’Étude pour le berceau du Roi de Rome offert par la ville de Paris date de 1811 et est la propriété du musée des Beaux-Arts de la ville de Paris, actuellement au Petit Palais.
29 Charles-Philippe de Chennevières-Pointel, dit aussi Jean de Falaise (ville où il est né — 1820-1899), conservateur du musée du Luxembourg, inspecteur des musées de province en 1852, conservateur du musée du Luxembourg, directeur de l’administration des Beaux-Arts, en 1873.
30 Antoine-Jean Gros (1771-1835), que l’on ne confondra pas avec le peintre Jean-Antoine Gros (1725-1790).
31 Piat Sauvage (1744-1818), peintre belge, membre de l’Académie royale de peinture (et de sculpture) de Paris en 1783. On pourrait qualifier de nos jours Piat Sauvage d’hyperréaliste. On ne le confondra pas avec le peintre Georges Sauvage (1845-1918).
32 Pierre-Victor Galland (1822-1892), peintre ornemaniste, professeur à l’école des Beaux-Arts, a décoré le plafond du salon de musique d’Édouard André (note 25).
33 Honoré Fragonard (1732-1806), est le père du peintre Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850).
34 Charles Pichegru (1761-1804, à 43 ans), général révolutionnaire et député du Jura. Cette « statue colossale » a été élevée à Besançon et détruite en 1830. Le musée de Besançon conserve deux estampes du projet de ce monument.
35 Alexandre-Évariste Fragonard, François Ier armé chevalier par Bayard. Esquisse de plafond, peinture sur plâtre de 23 x 23 centimètres pour un plafond en caissons. Cette peinture a été acquise par le musée du Louvre en 1936.

Photographie d’Angèle Dequier pour le musée du Louvre, 2004
36 Pas sûr, le fils Fragonard étant lui aussi né à Grâce.
37 Pour Victorien Sardou, voir le chapitre qui le concerne dans la page « Nana chez Madame Adam ».
38 Jules Claretie ne précise pas, et pense peut-être que la capitale au mot musée est suffisante, bien qu’on puisse la trouver fautive. Il s’agit du musée du Louvre. Il reste que tous les artistes et conservateur de ce musée en seront expulsés en 1805 au moment où il sera réaménagé en musée Napoléon. Jean-Honoré Fragonard mourra l’année suivante, en août 1806, à Paris.
39 Émilien de Nieuwerkerke (1811-1892), collectionneur, homme politique et sculpteur amateur.
40 Nous allons entrer ici dans une liste assez longue de ce que nous nommons de nos jours « beaux livres ». Sans mettre en cause le savoir bibliographique de Jules Claretie, cette liste donne néanmoins à penser que Jules Claretie, coutumier de fait, puise ses références dans un ouvrage paru récemment mais non indiqué.
41 Ce livre semble devenu introuvable de nos jours. Louis-Philibert Debucourt (1755-1832) a peint tellement de Promenade au Palais-Royal qu’on lui en attribue parfois celle des autres. Il y a La Promenade publique au Palais-Royal en 1792, qui est une gravure se trouvant au musée Carnavalet ; la Promenade de la galerie du Palais-Royal, peinture de 1798 ; une estampe de 1787 : Promenade de la galerie du Palais Royal ; Une autre encore, reconnaissable aux tentes rayées bleues et blanches, Promenade du jardin du Palais-Royal, de 1787, que l’on a longtemps attribué à P.-L. Debucourt mais qui s’est révélée être une gravure d’après Claude-Louis Desrais (1746-1816). Il y en a sûrement d’autres… Voir l’entrée Debucourt dans Henri Beraldi, Les Graveurs du XIXe siècle, guide de l’amateur d’estampes modernes, tome V, Conquet 1886.
42 Jean-Benjamin de La Borde (1734-1794, guillotiné), musicien et historien. Il s’agit ici du Choix de chansons mises en musique par M. de Laborde, dédiées à Madame la Dauphine, enrichies de planches gravées par Moreau le Jeune (note 53 ci-dessous) et autres, chez de Lormel, 1773, quatre grands volumes. Jules Lemonnyer (1840-1894), éditeur rouennais, mettra en vente, daté de 1881 une réédition de cet ouvrage.
43 Claude-Joseph Dorat (1734-1780, à 45 ans), homme de lettres. Les Baisers, sans nom d’auteur, chez Sébastien Jorry et Delalain à Paris et Amsterdam, 1770.
44 Charles Porquet (1823-1902), libraire, 82 rue Bonaparte depuis 1869.
45 Roger Portalis (1841-1912), graveur et critique d’art. Les dessinateurs d’illustrations au XVIIIe siècle, chez Damascène Morgand et Charles Fatout, passage des Panoramas, 1877, deux volumes, 778 pages en tout. Le nom de Bocher n’apparaît pas.
46 Nicolas Restif de La Bretonne (1734-1806), parfois écrit phonétiquement Rétif. NRLB était typographe et homme de lettres éclectique et particulièrement fécond, surtout connu pour son autobiographie en huit volumes, Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé, concentré sur le récit de seulement trois années de sa vie (1794 à 97). Dans la même veine on peut lire également La Vie de mon père, en deux parties. « Ô Rétif de La Bretone ! Tu ne seras apprécié que fort tard ; mais je m’honore de t’offrir ici mon suffrage, dussé-je être le seul à sentir ton mérite. » Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, chapitre CXLV : « Brochures », réédité au Mercure en 1984, (pages 353-354). Paul Léautaud appréciait particulièrement Nicolas Restif de La Bretonne.
47 Théophile Gautier, Les grotesques, Desessart, 1844, réédité par Michel Lévy en 1853. Ces grotesques sont dix auteurs. La préface indique : « Nous avons modelé une dizaine de médaillons littéraires, plus ou moins grotesques ; la mine est loin d’être épuisée, nous aurions pu augmenter aisément cette galerie, et suspendre d’autres portraits à côté de ceux déjà tracés. »
48 « Au sens strict, une “édition princeps” désigne la première édition imprimée d’un texte dont l’auteur a vécu avant l’invention de l’imprimerie. En ce sens restreint, la majorité des éditions princeps datent des XVe et XVIe siècles et concernent les auteurs grecs et latins de l’Antiquité. Par extension, le terme d’“édition princeps” peut s’appliquer à la première occurrence imprimée de toute œuvre quelle qu’elle soit. » (BNF). « Au sens strict », il ne saurait donc y avoir d’édition princeps d’Alfred de Musset.
49 Charles Lassailly (1806-1843, mort fou à 37 ans), Les Roueries de Trialph, notre contemporain avant son suicide, Paris, Silvestre, 1833, 338 pages.
50 Pétrus Borel (Pierre Borel, 1809-1859), critique littéraire et homme de lettres. Champavert, Contes immoraux, recueil de nouvelles Eugène Renduel 1833.
51 Charles Eisen (1720-1778), peintre et graveur, compte parmi le plus prolifique des illustrateurs de son temps.
52 Gravelot (Hubert-François Bourguignon d’Anville, 1699-1773), illustrateur et graveur, a lui aussi illustré un grand nombre d’ouvrages.
53 Moreau le Jeune (Jean-Michel Moreau, 1741-1814), dessinateur et graveur.
54 Jean de La Fontaine, Contes et nouvelles en vers, deux volumes de 268 et 309 pages illustrés d’un portrait gravé de La Fontaine en frontispice et de 76 vignettes de Duplessis-Bertaux, chez Jules Lemonnyer, libraire à Rouen, 1779. Une édition en six volumes comprenant les mêmes illustrations paraîtra chez Le Vasseur en 1894. Pour l’expression « avant la lettre, voir la note 1 de la page « Le mariage de Colette Dumas ».
55 Alain-René Lesage (1668-1747), Histoire de Gil Blas de Santillane, nombreuses illustrations et vignettes de Jean Gigoux, chez Paulin six rue de Seine, 1855.

56 La Vie de Lazarillo de Tormes, roman espagnol anonyme paru en 1553. L’édition citée par Jules Claretie est celle présentant la traduction de Louis Viardot (1800-1883) de 1846 enrichie d’illustrations d’Ernest Meissonier (1815-1891).
57 Scènes de la vie privée et publique des animaux, « Études de mœurs contemporaines », recueil de 31 nouvelles et contes divers provenant de différents auteurs, deux volumes parus en 1841 et 1842 sous la direction de P.-J. Stahl (pseudonyme de Pierre-Jules Hetzel) chez Hetzel et Paulin en 1842. Ces textes, comme il était courant à l’époque étaient préalablement parus en fascicules hebdomadaires, ici au nombre de cinquante par volume. Illustrations et vignettes de Grandville (Jean Gérard, 1803-1847), qui avait coutume de représenter des animaux à tête humaine ou des hommes à tête animale.
58 Jonathan Swift, Voyages de Gulliver dans des contrées lointaines ; cinq illustrations hors-texte et quarante vignettes gravées sur bois par Grandville, H. Fournier aîné — Furne et cie, 1838.
59 Chants et chansons populaires de la France, Noëls, chansons de Mai, ballades, chansons de métiers, rondes, chansons de mariées, chant guerriers et patriotiques, etc. avec accompagnement de piano. Plusieurs volumes, chez Henry-Louis Delloye, 13 place de la Bourse, à partir de 1840.
60 Histoire de Napoléon par Monsieur de Norvins (Jacques Marquet de Montbreton, baron de Norvins (1769-1854), 638 pages illustrées de 70 planches hors-texte et de plus de 300 gravures et vignettes de Raffet, chez Furne, Jouvet et cie, 1839.
61 Histoire de l’empereur Napoléon par Laurent de l’Ardèche (Paul Mathieu Laurent (1793-1877), né en Ardèche. 850 pages illustrées de deux frontispices, 44 planches hors-texte et plus de 500 vignettes par Horace Vernet. Chez Dubochet, 1840.
62 Goethe, Werther, traduction nouvelle de Pierre Leroux, précédée de considérations sur Werther, et sur la poésie de notre époque, accompagnée d’une préface de George Sand et illustré de dix eaux-fortes de Tony Johannot (1803-1852), tirées avant la lettre et montées sur chine. Hetzel 1844.
63 Eugène Sue (1804-1857), Les Mystères de Paris, première édition illustrée de nombreuses vignettes et de 81 gravures hors texte d’après plusieurs auteurs, dont Daumier, Travies, Trimolet, Staal, Daubigny… Charles Gosselin 1843, quatre parties en deux volumes de 1275 pages en tout.
64 Eugène Sue, Le Juif errant, 83 planches hors-texte et 600 vignettes de Paul Gavarni, Paulin 1845 après une publication en 80 fascicules à cinquante centimes.
65 Alfred Delvau (1825-1867, mort à 42 ans), journaliste, a écrit plusieurs ouvrages d’histoire immédiate.
66 Charles Vatel (1816-1885), avocat, historien et collectionneur d’art. Charles Vatel est auteur de Charlotte de Corday et les Girondins, trois volumes de texte accompagnés d’un volume de planches in 4o, Plon 1864-1872.
67 Charlotte Corday (Marie Anne Charlotte de Corday d’Armont, 1768-1793), guillotinée à vingt-quatre ans, cinq jours après avoir assassiné le député Jean-Paul Marat (dans sa baignoire) à cinquante ans.
68 Peut-être, à cause de la date, la Correspondance de Madame de Pompadour avec son père, Monsieur Poisson et son frère, Monsieur de Vandières ; suivie de lettres de cette dame à la comtesse de Lutzelbourg, à Joseph Pâris Duverney, au duc d’Aiguillon, etc. et accompagnée de notes et de pièces annexes, publiée pour la première fois par Auguste Poulet-Malassis (1825-1878). Chez J. Baur, Libraire-Éditeur, 1878, 261 pages.
69 Émile Campardon (1837-1915), conservateur des archives judiciaires des Archives nationales de 1857 à 1908. On lui doit notamment un Madame de Pompadour et la cour de Louis XV au milieu du XVIIIe siècle, Plon 1867.
70 Charles II dit « le Chauve » (823-877), petit-fils de Charlemagne.
71 Le mathématicien Michel Chasles (1793-1880), va mourir à la fin de cette année, le 18 décembre. Le « gros goujon » évoqué par Jules Claretie est un immense troupeau de baleines, le très-naïf Michel Chasles ayant fait acheter par l’Académie des Sciences des milliers de fausses correspondances (plus de 25 000) de Pascal (devançant Newton), de Galilée, d’Alexandre le Grand, de Jules César… Lire à ce propos le chapitre III, partie « À la poursuite du mensonge et de l’erreur » de l’essai de Marc Bloch (1886-1944) Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien, inachevé et publié en 1949 chez Armand Colin (110 pages). À partir de cette incroyable affaire, Alphonse Daudet publiera en 1888 L’Immortel — Mœurs parisiennes, chez Alphonse Lemerre, 383 pages.
72 Alexander Pope (1688-1744), poète anglais catholique, ce qui n’a pas toujours été facile.
73 Jacques Vergier (1655-1720), commissaire de marine et poète « imitateur de La Fontaine, faible mais naturel », selon Voltaire.
74 François-Augustin de Paradis de Moncrif (1687-1770), homme de lettres.
75 Antoine Bauderon de Sénecé (1643-1737), archéologue et homme de lettres.
76 Brantôme (Pierre de Bourdeilles, 1540-1614), abbé de l’abbaye de Brantôme, seigneur de Saint-Crépin de Richemont, militaire et écrivain. Brantôme est surtout connu pour ses « vie des » (hommes et dames illustres, dames galantes…).
77 François-Félix Nogaret (1740-1831), Le Fond du sac, ou Restant des babioles de M. X.***, membre éveillé de l’Académie des Dormans, recueil de contes en vers paru à Venise chez Pantalon-Phébus, 1780, deux tomes de 199 et 204 pages illustrés d’un portrait de l’auteur en frontispice et de neuf vignettes.

Portrait de l’auteur en frontispice
78 Peut-être l’ouvrage de Sade (1740-1814) La Philosophie dans le boudoir ou Les Instituteurs immoraux « ouvrage posthume de l’auteur de Justine » publié à Londres en 1795… et qui n’était donc pas du tout posthume.
79 Alexis Piron (1689-1773), poète et auteur dramatique.
80 Henri Rivière (1827-1883), officier de marine et homme de lettres. Pierrot et Caïn ont été publiés en un même volume de 207 pages chez Hachette en 1860 et complétés par L’Envoûtement chez Michel Lévy en 1870 pour attendre les 311 pages.
81 On se souvient que Napoléon III a été fait prisonnier par les Prussiens au cours de cette désastreuse défaite de Sedan le premier septembre 1870, ce qui a permis l’instauration de la IIIe République. À l’issue d’une captivité confortable de 195 jours il a pu rejoindre l’impératrice Eugénie et son fils dans le sud de l’Angleterre à Chislehurst ou il a fini son existence dans le confort de la demeure de Camden Place grâce à leur proximité avec la reine Victoria.
82 Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin, double amour, roman épistolaire paru chez Eugène Renduel fin 1835, deux volumes.
83 Alexandre Dumas (fils), La question du divorce. Voir les deux textes de Jules Claretie dans « Le Bal de Juliette Lambert » et dans « Hiver ».
84 Charles Monselet (1825-1888), homme de lettres éclectique, biographe et gastronome.
85 César Ribié (1758-1821), comédien, auteur dramatique et directeur de théâtres et Alphonse Martainville (1777-1830, journaliste et auteur dramatique sont à eux deux auteur du Pied de mouton, mélodrame et féérie comique en trois actes et « à grand spectacle », créé au théâtre de la Gaîté du boulevard du Temple en décembre 1806.
86 La Vitaline Steck agit contre la chute des cheveux. L’anti-bolbos, bien davantage connu, est contre les points noirs. On trouve ce produit dans la parfumerie exotique du 35 rue du quatre-septembre.
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