Une réception au Caveau

Chronique du trois octobre 1880 mise en ligne le quatre mai 2026. Temps de lecture : treize minutes.

La chanteuse Thérésa, par le caricaturiste Hector Moloch en 1874 en couverture du Sifflet du vingt septembre 1874

Hier vendredi, la chanteuse Thérésa1 a été reçue au dîner du Caveau. C’est une grande affaire dans ce petit monde des chansonniers. Jamais une femme n’entre au Caveau. Cette abbaye de Théleme2 consigne le sexe faible — ou fort — à la porte, comme le fait le portier du couvent de la Grande Chartreuse. On ne cite que la duchesse de Berry3 qui ait pénétré ou essayé de pénétrer déguisée en homme dans la Grande-chartreuse. On ne citait jusqu’ici que Déjazet4 qui eût été admise au banquet du Caveau. Maintenant, après et avec Mlle Déjazet, il y aura Mlle Thérésa.

C’est encore une des vieilles institutions parisiennes que ce Caveau5, où tous les mois on se réunit pour chanter. L’empire, qui n’aimait point les chansons et qui eût volontiers parodié le mot de Mazarin, en disant « Ils chantent, ils voteront en frondeurs », l’empire avait traqué et fermé les goguettes. Les Sociétés lyriques ne sont pourtant pas mortes. Il en est beaucoup qui fredonnent, çà et là, et parlent encore de patrie, comme ce Béranger6 passé de mode, dans leurs refrains si différents des insanités des musicos. Il y a à l’Union parisienne, les Amis de la Renaissance, la Réunion des familles, la Lyre de la Gaieté, la Lyre bienfaisante, les Épicuriens, les Gais musiciens, les Amis de la Gaieté de Montmartre, l’Escholière, le Cercle Musset, etc., car j’en oublie et des plus connues et des plus chantantes. Mais de toutes ces sociétés, l’aïeule et comme la réunion académique du genre, c’est le Caveau, ce Caveau qui, depuis cent-quarante-trois ans, a survécu à tant de gouvernements, et traversé tant de révolutions en agitant la marotte de Collé7 et en vidant le verre de Panard8.

La fondation du Caveau, […]9 Piron et Gallet, qui se réunissaient deux fois par mois, à frais communs, dans un cabaret alors accrédité* carrefour de Buci, et appelé Caveau, d’où vient le nom de la Société, qui se perpétua jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. En 1793, les Dîners du Vaudeville10, composés en partie des anciens membres du Caveau, lui succèdent, et cessent d’exister en l’an IX (1800) pour reparaître bientôt sous le nom de Caveau moderne, dont les réunions, présidées par Laujon11, et ensuite par Désaugiers12, se tinrent au Rocher de Cancale13, et se continuèrent jusqu’en 1816. Les événements politiques de cette époque dispersèrent de nouveau les chansonniers, qui cependant, en 1827, se réunirent encore sous le titre de Réveil du Caveau, pour se séparer un an après, à la mort de Désaugiers.

Enfin, le Caveau, reconstitué en 1834, continue, depuis lors, l’œuvre de ses devanciers, et publie chaque année un volume de ses chansons : les trois premières années de ce recueil ont paru sous ce titre les Enfants du Caveau. La collection complète se compose de quarante-six volumes. Quarante-six volumes de refrains14 !

Le Caveau tient actuellement ses banquets le premier vendredi de chaque mois, au café Corazza, dans la galerie Montpensier du Palais-Royal15. Le vendredi Le Caveau n’est point clérical, car il ne fait pas maigre.

C’est un honneur que de faire partie du Caveau. Lorsque Jules Janin16 y fut reçu, il soigna presque autant sa chanson que sa harangue de l’Institut. Il disait aux membres du Caveau groupés autour de lui et souriant de son bon sourire

— Messieurs, je suis aussi troublé que si l’on me recevait à l’Académie française !

Et Déjazet ! Ce fut une fête lorsqu’elle entra dans la salle du banquet, comme la vivante Lisette de ce Béranger, qui chantait fort peu au Caveau, qui chantait mal, n’ayant pas de voix, et dont Déjazet-Frétillon17 faisait revivre les couplets ;

Depuis ces deux réceptions célèbres, les portraits de Janin et de Déjazet ont été ajoutés â la galerie des membres du Caveau, collection qu’on place à chaque banquet au bout de la table du festin, tandis que le président a, à portée de sa main, le gobelet d’argent et les grelots, reliques de Collé et de Panard, les gais ancêtres.

Le gobelet de Charles Collé et le grelot de François Panard

Il n’y a guère que dix-huit ou dix-neuf membres titulaires du Caveau, treize ou quatorze membres associés, cinq membres correspondants, seize membres honoraires, et environ 25 membres libres ; mais c’est assez pour que la longue table du café Corazza reçoive, chaque mois, une cinquantaine de convives assidus.

MM. Hippolyte Cogniard18, le survivant des frères Cogniard, ces rois du vaudeville ; G. Duprez, le chanteur19, Émile de la Bédollière20, Gustave Nadaud21, figurent parmi les membres libres ; M. Eugène Grangé22 est membre titulaire et président ; M. Eugène Garraud, de la Comédie-Française, M. Saint-Germain, du Gymnase ; M. Armand Liorat, M. Charles Vincent23, le bon et franc chansonnier aux vers solides, sont membres titulaires.

M. Anatole Lionnet, M. Duvelleroy, l’éventailliste, M. Leconte, député de l’Indre, sont membres associés. L’éditeur Dentu24 est depuis peu de temps membre titulaire. On impose au récipiendaire une chanson — la chanson à faire — la chanson de réception. M. Dentu fit lestement et spirituellement la sienne sur l’air Je loge au quatrième étage et il l’appela les Trois clefs :

J’arrive, humble sociétaire,
Prendre place en votre Caveau ;
Je voudrais bien ne pas me taire,
Pour me mettre à votre niveau.
Quoique chez vous je ne redoute
Ni critique, ni traits méchants,
J’ai grand’peur de rester en route
Et de perdre la Clef des champs.

Si je ne puis lutter de style
Avec vous, rois de la chanson,
Je puis du moins, — et c’est utile, —
Vous servir à tous d’échanson.
Panard est là qui nous invite,
À mettre en pièce maint tonneau ;
Pour l’honorer, donnez-moi vite,
Mes amis, la Clef du Caveau !

Grand merci de l’honneur insigne
Que vous me faites illico ;
Je n’aurai, pour m’en rendre digne,
Qu’à me faire ici votre écho.
Enfants de la joyeuse Muse,
Qui pour vous n’a pas de rigueurs,
Faites que l’esprit qui s’amuse
M’offre, en riant, la Clé des cœurs !

C’est M. E. Dentu, le chansonnier, qui publie, tous les ans, le recueil du Caveau portant cette joyeuse épigraphe de Cadet Buteux25 :

De la gaîté le doux attrait
Embellit jusqu’à la sagesse ;
De l’enfance elle est le hochet
Et le bâton de la vieillesse.

Désaugiers

À chaque banquet, le président fait un toast, toast obligatoire, en vers, un toast à la chanson, qui précède les chansons chantées au dessert et dont on reprend en chœur le refrain. Au banquet du 3 janvier de l’an passé, Clairville26, président, annonçait, en janvier, qu’il avait fait ses douze toasts d’avance :

Mes douze toasts sont faits, je pourrais vous les lire ;
Mais trop de poésie agacerait, je crois,
et je n’aurais plus rien pour les onze autres mois !

Puis il chantait sa chanson sur l’air de Turlurette.

Qu’on soit beau, laid, maigre ou gras,
Qu’on soit riche, ou n’le soit pas,
Qu’on soit à jeun, qu’on soit ivre,
        C’est bon d’vivre,
C’est toujours bon d’vivre !

Un mois après il était mort.

Lorsque, le président a toasté, les convives chantent. Ce sont là gens fort simples, s’amusant gaiement, sans effort et sans pose, tout prêts à applaudir au succès du Caveau et croyant encore à Momus27. On se sent comme rajeuni dans une telle atmosphère où les ombres gauloises du président de Brosses28, de Piron29, des gais compères du temps passé, des rieurs appuyés sur leurs cannes à bec de corbin, ne seraient pas déplacés.

Les visiteurs c’est-à-dire les invités qui ont, tout à l’heure, signé leur nom sur le registre d’entrée peuvent se lever, demander la parole et chanter ; ils sont même les bienvenus et les bien écoutés. Ainsi, M. Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra, s’amusait, l’an passé, à lancer gaiement au dessert du banquet du Caveau du mois de mars, une chanson de visite intitulée Souvenir et Regret, où il célébrait ses cheveux, ses cheveux épais d’autrefois — et d’aujourd’hui — qui le font ressembler à un Florentin des fresques de Masaccio et à Masaccio30 lui-même :

J’appelais avec respect,

chantait Charles Garnier,

J’appelais avec respect
Les ministres de la France,
J’appelais avec respect
Excellent tout l’cabinet.
Mais j’ai perdu confiance
D’puis qu’ chaque jour y en a d’nouveaux,
Et j’n’dis plus Excellence
Qu’à leurs garçons de bureau
        Oui, je baisse,
        Oui, je baisse,
Mes amis, je le confesse
        Oui, je baisse.

La pointe réactionnaire n’est pas détestée au Caveau, pourvu qu’elle soit spirituelle et sans fiel. Mais on y est plus volontiers républicain ; ou, pour tout dire, on y est chansonnier :

Ni trop taquins, ni rancuniers,
Avant tout, soyons chansonniers !

chantait, dans la dernière année de sa présidence, Clairville, qui avait été plus d’une fois taquin.

Tous les ans, dans un banquet, qui généralement a lieu à la campagne, chaque membre doit faire une chanson sur des mots donnés. Il y a parfois cent chansons sur un même sujet. Cette année-ci, tout le Caveau a chanté la Cuisine.

Hors de ce banquet officiel, liberté complète et à chacun le sujet qui lui plait.

Le comédien Garraud31 a signé, l’an dernier, dans l’Annuaire du Caveau, une alerte chanson sur la Loterie nationale ; le ténor Duprez a chanté le proverbe : Comme on fait son lit on se couche et trouvé moyen de parler de Napoléon :

Il mit à ses pieds bien des rois,
Ce grand géant de la conquête.
Combien de haines à la fois
Il accumula sur sa tête !
Mais quand Waterloo l’accabla
Ces rois, dans leur haine farouche,
Lui dirent : Sainte-Hélène est là
« Comme on fait son lit on se couche. »

Le député Alfred Leconte, gardant la […]32

L’acteur Saint-Germain33 a très drôlement célébré la Chanson de l’Avenir, la chanson naturaliste, faite d’argot et de jurons, et vraiment il y a bien de la verve et de l’esprit dans cette amusante parodie.

Dans un des derniers banquets, Gustave Nadaud fit entendre une chanson d’automne qui a vraiment un certain sentiment poétique très pénétrant : c’est la Cuisine du Château.

Lorsque l’automne, abrégeant la journée,
        A secoué son froid manteau,
J’aime à m’asseoir, près de la cheminée,
        Dans la cuisine du château.

Dès avant que l’aube paraisse,
Partout on s’agite, on se presse ;
On circule d’un pied léger ;
La porte s’ouvre et se referme ;
On reçoit les œufs de la ferme
Et les herbes du potager.

Dans la marmite en fer de forge,
La bouillie ou la soupe d’orge
Bourdonne tout le long du jour,
Tandis que la broche sonore
Présente au feu vif qui les dore
Les poulets de la basse-cour.

À C’est là que le pauvre qui passe
Trouve du pain pour sa besace
Et s’assied sur le banc de bois ;
Et le colporteur en tournée
Y vend aux filles de journée
Les colifichets villageois.

Les chats sournois, les chiens avides,
À l’entour des assiettes vides,
S’en vont flairant je ne sais quoi ;
Partout le mouvement, la vie,
Et jusqu’à la table servie,
Chaque minute a son emploi.

Le soir venu, le travail cesse :
On rentre, la lampe se dresse,
Autour de l’âtre on est pressé ;
Les femmes actives tricotent ;
Les vieilles, en filant, marmottent
Quelque refrain du temps passé.

Le jardinier, dans un lexique,
Cherche le nom scientifique
Des dahlias ou des œillets ;
Le garde-chasse du village
Parle des choses d’un autre âge,
Des loups ou des esprits follets.

Et dans ce brouhaha paisible,
Le grillon, causeur invisible,
Dans un coin du foyer bruit ;
Et quand le coucou de l’horloge
A chanté dix fois, on déloge ;
On se sépare ; bonne nuit !

Tout s’endort, et moi, je demeure,
Assis encor durant une heure
Auprès du brasier consumé ;
Et mes rêves prennent des ailes,
Pour aller vers ceux ou vers celles
Qui m’aiment ou qui m’ont aimé.

N’est-ce pas un joli croquis actuel à l’heure qu’il est ; une espèce de fruit de saison ?

Et maintenant cette grande fille qui apparut, un jour, maigre, noire, jouant ou plutôt figurant une bohémienne, à la Porte-Saint-Martin, dans le Fils de la Nuit de Victor Séjour34, puis qui, la voix hardie, le geste dégingandé, les bras osseux, fit courir tout Paris aux Champs-Élysées en lançant des tyroliennes, puis encore charma, conquit, séduisit tout le monde, apprit les refrains de la rue aux cocodettes35 de la cour impériale, fit révolution et fit école, cette Thérésa que Mme Pauline Viardot36 déclare une grande chanteuse et qui, en effet, sait à la fois lancer une Marseillaise populaire et moduler une romance comme Mon cœur soupire37, la Thérésa de Paul Blaquière38, qui pourrait être la Thérésa de Mozart, entre au Caveau et y chante de sa musique.

Le Caveau a raison de célébrer cette chanteuse. Ce n’est pas la fine porcelaine de Saxe de Déjazet, mais c’est le vibrant cristal de la grande chanson française. Après elle, c’est le ruisseau. Mais avec elle, c’est l’eau du fleuve. Ou plutôt, le broc de Thérésa ne verse pas toujours le vin bleu de la barrière, mais bien plutôt le pur sang du raisin de France. Et elle videra gaiement le grand verre légendaire du gai président du Caveau.

Notes

1       Thérésa (Désirée Emma Valladon, 1836-1913), chanteuse de cabaret.

2       Le mot abbaye est ici entendu comme « réunion d’hommes ». Cette assemblée, plutôt qu’être affairée en hommage à un dieu, a un objet plus humain, un projet commun. L’abbaye de Thélème est la première apparition de ce concept utopique théorisé par François Rabelais dans son Gargantua. L’abbaye de Créteil, groupe d’artistes fondée en 1906 par Georges Duhamel et son ami Charles Vildrac, rendait, par le mot abbaye, hommage à ce concept.

3       Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1798-1870) a épousé en 1816 Charles-Ferdinand d’Artois, duc de Berry (1778-1820), son aîné de vingt ans. C’est lui qui sera assassiné en sortant de l’opéra de la rue Richelieu le treize février 1820 par un opposant bonapartiste souhaitant éteindre la race des Bourbons. Même Charles-Ferdinand mourant, le projet n’a pas abouti, Marie-Caroline étant alors enceinte et donnera naissance, sept mois et demi plus tard, le 29 septembre, à Henri d’Artois, duc de Bordeaux, comte de Chambord, qui ne mourra que dans trois ans, en août 1883.

4       Virginie Déjazet (1798-1875), comédienne qui a donné son nom, fin 1859 au théâtre Déjazet, toujours en activité au 41 boulevard du Temple, à cinquante mètres de la place de la République. Ce théâtre est le dernier des théâtres du boulevard du temple (le « boulevard du crime ») existant encore de nos jours.

5       À partir d’ici (et pas précédemment) le mot caveau a été inscrit systématiquement en italiques. Lubie du typographe ? caprice de Jules Claretie toujours très friand de cet enrichissement ? Ces italiques ne seront pas respectées ici. Italique, employé en tant que nom, n’a pas de genre clairement défini par l’usage. claretie.fr, et leautaud.com l’emploient au féminin.

6       Pierre-Jean de Béranger (1780-1857) chansonnier à la mode en son temps.

7       Charles Collé (1709 1783), chansonnier et auteur dramatique. Voir son Journal historique aussi nommé Mémoires littéraires paru en 1807 et réédité chez Firmin Didot en 1868 (trois volumes).

8       François-Charles Panard (1689-1765) poète, chansonnier et auteur dramatique.

9       Page déchirée, texte manquant.

10     Vraisemblablement en rapport avec le théâtre du Vaudeville, qui était alors rue de Chartres-Saint-Honoré. Cette petite rue n’existe plus et se trouvait entre la place du Carrousel et la place du Palais-royal.

11     Pierre Laujon (1727-1811), poète, chansonnier et auteur dramatique, a été élu à l’Académie française en 1807, à l’âge de 80 ans, et a été reçu par Bernardin de Saint-Pierre.

12     Marc-Antoine Désaugiers (1772-1827), chansonnier, poète et vaudevilliste, directeur du théâtre du Vaudeville en 1815 (celui de la note 10, qui a brûlé en 1838). Une minuscule rue (31 mètres sur six) porte son nom à Paris, proche de l’église d’Auteuil.

13     Cet établissement luxueux a ouvert en 1804 près de Halles, dans la rue Montorgueil puis a fermé en 1846. Un autre restaurant a ouvert sous le même nom rue de Richelieu mais n’a duré qu’un an. Un autre Rocher de Cancale s’est installé rue Montorgueil mais de l’autre côté de la rue, à l’angle de la rue Greneta. Ce troisième restaurant existe encore de nos jours sous ce nom, intensément photographié par des touristes qui, comme pour le Procope, pensent qu’il s’agit de l’établissement authentique, plusieurs fois décrit par Balzac. N’abîmons pas leur rêve.

14     Voir aussi La Clé du Caveau, à l’usage de tous les chansonniers français, des amateurs, auteurs, acteurs du vaudeville et de tous les amis de la chanson, par C***, du Caveau moderne, chez Capelle, Pierre, 1811, 120 pages.

15     La galerie de Montpensier se trouve à main droite en regardant au sud et fait donc face à la galerie de Valois. Ces deux galeries sont bordées à leur extérieur d’une rue portant le même nom, jusqu’à ce qu’en novembre dernier (2025) la politique prenne le pas sur l’histoire et renomme la rue de Montpensier en rue Jean-Louis Debré, ce qui a évidemment plus de charme.

16     Jules Janin (1804-1874), romancier et critique dramatique, notamment au Journal des débats, où il est demeuré quarante ans. Jules Janin a été élu à l’Académie française en avril 1870 au fauteuil de Sainte-Beuve.

17     Jean-François Bayard et Alexis Decomberousse, Frétillon, ou la bonne fille, vaudeville en cinq actes créé au théâtre du Palais-Royal le treize décembre 1834 avec Virginie Dejazet et Achard.

18     Hippolyte (1807-1882) et son aîné Théodore Cogniard (1806-1872), les « siamois du vaudeville », ont eu des vies parallèles, pour ne pas parler de vie commune au point que les encyclopédies les rassemblent dans la même notice. Ils ont dirigé le théâtre de la Porte-Saint-Martin ensemble de 1840 à 1845 jusqu’à ce qu’Hippolyte prenne seul la direction du Vaudeville puis des Variétés en faisant jouer les opérettes les plus populaires de Jacques Offenbach. Ils ont écrit ensemble plus d’une centaine de pièces créées entre 1830 et 1866 dans leurs théâtres.

19     Gilbert Duprez (1806-1896), ténor lyrique, librettiste et musicographe. Gilbert Duprez possédait une remarquable technique de chant.

20²    Émile Gigault de La Bédollière (1812-1883), Journaliste et écrivain, traducteur de l’anglais.

21     Gustave Nadaud (1820-1893) poète et chansonnier.

22     Eugène Grangé (Pierre Basté, 1810-1887), auteur dramatique, librettiste et chansonnier. Surnommé le « Scribe du boulevard du Temple », il sera à plusieurs reprises président du Caveau, pour lequel il a écrit 300 chansons. Eugène Grangé est aussi auteur de plus de 300 pièces de théâtre ou opérettes.

23     Charles Vincent (1826-1888), auteur dramatique et romancier par ailleurs spécialiste du cuir et rédacteur en chef du journal La Halle aux cuirs et du Moniteur de la cordonnerie.

24     Édouard Dentu (1830-1884), libraire et éditeur populaire installé galerie d’Orléans, au Palais-Royal. Le fond a été repris par Fayard.

25     Dans un peu plus d’un an, imprimé le 18 novembre 1881, Charles Vincent (note 23) fera paraître, évidemment chez Dentu (daté 1882) Chansons mois et toasts, précédé d’un Historique du Caveau, par Édouard Dentu.

26     Clairville (Louis Nicolaïe, 1811-février 1879) auteur dramatique prolifique, comédien, poète et chansonnier. Clairville a souvent employé des collaborateurs pas toujours crédités, ce qui lui a valu le surnom d’« Alexandre Dumas du vaudeville ». Il est surtout connu de nos jours pour son opéra-comique de 1872 La Fille de Madame Angot en collaboration avec Paul Siraudin et Victor Koning (sur une musique de Charles Lecocq et aussi Les Cloches de Corneville, de 1877.

27     Momus, divinité grecque mineure personnifiant la raillerie et que l’on représentait portant un masque. Selon le TLFi ce dieu grec semble avoir donné la momerie.

28     Charles de Brosses (1709-1777), magistrat et érudit, président à mortier (1766) au parlement de Bourgogne, puis premier président en 1775. Le mortier est ici la coiffe attribuée à ce statut, à savoir une toque surmontée d’une plaque carrée pointe vers l’avant et agrémentée d’une barrette pendante à gauche. La couleur de la barrette définit le niveau hiérarchique. Dans la religion catholique la barrette est le nom de la coiffe entière.

29     Alexis Piron (1689-1773), poète et auteur dramatique.

30     Masaccio (Tommaso di Giovanni Cassai, 1401-1428), mort à 27 ans, considéré comme un peintre majeur, surtout en fonction de sa jeunesse.

Masaccio et Charles Garnier, épaule contre épaule

31     Louis-Eugène Garraud (1829-1893) a débuté de bonne heure dans la carrière avant d’entrer au Gymnase en 1854 puis à la Comédie-Française en 1858, à l’âge de 29 ans où il a fini sa carrière.

32     Continuation, sur la colonne suivante, de la déchirure indiquée note 9, sur quatre lignes.

33     Saint-Germain (Gilles de Saint-Germain, 1833-1899), est entré à la Comédie-Française en 1853 après des études au Conservatoire.

34     Victor Séjour (1817-1874), créole de Louisiane, né d’un père Haïtien et d’une mère afro-américaine a quitté son pays pour Paris à l’âge de 19 ans. Il y rencontre le député et homme de lettres Martiniquais Cyrille Bissette (1795-1858), qui anime La Revue des colonies, et publie sa première œuvre, Le Mulâtre. Victor Séjour écrira ensuite quelques romans et de nombreuses pièces de théâtre dont ce Fils de la nuit, drame en trois journées et un prologue créé sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin, le onze juillet 1856 et dédié à Alexandre Dumas.

35     « Femme de mœurs légères, à la mise et aux manières provocantes » (TLFi). Pour une définition plus avancée et surtout davantage circonstanciée de la Cocodette, voir la note 26 de la page « Madame Le Hon ».

36     Pauline Garcia (1821-1910), fille d’un ténor espagnol, a d’abord été élève de Franz Liszt avant d’apprendre le chant en assistant aux cours de son père. On la voit sur une scène d’opéra pour la première fois à l’âge de 17 ans dans le rôle de Desdémone de l’Othello de Rossini. Pauline Garcia se refuse à Alfred de Musset pour épouser en 1840 (sur les conseils de George Sand), Louis Viardot, directeur du Théâtre des Italiens, de 19 ans son aîné. Elle deviendra la mezzo-soprano la plus appréciée de son temps.

37     Vraisemblablement inspirée d’un air de Chérubin des Noces de Figaro.

38     Paul Blaquière (1833-1868), mort à 35 ans, compositeur de chansons et d’œuvres lyriques légères, et aussi de La Femme à barbe pour Thérésa, créée à l’Alcazar d’été en 1865.