La Jeune grecque

« Vie à Paris » parue dans Le Temps du cinq octobre 1880 et mise en ligne le lundi 18 mai 2026. Temps de lecture : 26 minutes sans l’annexe.

M. Koning, directeur du Gymnase, et M. Henri Maret, directeur de La VéritéLe Diogène Victor KoningJules JacquemartLes indiscrétions des journaux — La nouvelle Dame aux CaméliasDeux statues : Jean Cousin et David d’Angers — Histoire romanesque d’un modèle et d’une statue de David — Notes— Annexe : Table des matières des Coulisses parisiennes, ouvrage de Victor Koning paru chez Dentu en 1864

M. Koning, directeur du Gymnase, et M. Henri Maret, directeur de La Vérité

Un théâtre qui se rajeunit, un journal qui se renouvelle, un artiste éminent qui disparaît et devient tout, à coup célèbre, l’ancien trésorier d’un empereur qui meurt presque inconnu, un scandale qui s’étend du monde des comédiens au monde de la Bourse — deux mondes qui ont également leurs coulisses — voilà le bilan de la semaine.

Le théâtre qui s’attife, se fait coquet et élégant, c’est le Gymnase, et le journal qui appelle à lui un directeur nouveau, c’est la Vérité1. Que la vie est chose curieuse ! J’ai beaucoup connu, à mes débuts, ces deux hommes dont l’un succède au vieux et légendaire Montigny, et dont l’autre apporte à M. Portalis l’appui de son talent. Victor Koning2 collaborait alors à un vaillant petit journal hebdomadaire, un journal de jeunes gens qui s’appelait le Diogène3, et Henri Maret4 écrivait des comédies en vers fort jolis pour le théâtre de Bordeaux, et un volume humoristique et mondain pour Hetzel, le Tour du Monde parisien5, sans compter certain drame en collaboration avec M. Malespine6, la Guerre d’Amérique, où Maret voulait montrer, sur la scène, la lutte entre le Merrimac et le Monitor7, et que Dumaine8, alors directeur de la Gaîté, garda trop longtemps dans ses cartons. À quoi tient la vie ! Si Dumaine eût représenté la Guerre d’Amérique, l’auteur du Tour du Monde parisien eût peut-être obtenu le succès centenaire du Tour du Monde, et il eût fait du théâtre au lieu de faire de la politique.

Le Diogène

Nous étions alors une poignée de débutants qui nous réunissions chez un de nos aînés, déjà Maître en critique et encore jeune, M. Jules Levallois9. L’ancien secrétaire de Sainte-Beuve, devenu le juge des choses littéraires à 1’Opinion nationale, habitait, à Montretout, sur la route, une maison pleine de livres que les Prussiens ont depuis un peu pillée, et où nous avons passé des soirs exquis. On y jouait la comédie, on y inventait des charades, on y rimait des chansons. Barbey d’Aurevilly, ce ligueur de lettres qui, ne pouvant être le tortionnaire de quelques mécréants, s’est fait le tortionnaire de la langue française à qui il prête d’ailleurs de curieuses allures et arrache parfois, avec beaucoup d’efforts, des cris éloquents, Barbey qui s’écriait après une nuit de réveillon : « Je réveillonnerais encore. Je suis le Titan de la Normandie ! » venait là en compagnie des frères de Goncourt, dont le plus jeune, Jules, disait, dans sa fine moustache blonde au retroussis pareil à celui d’un portrait de Franz Hals : « Ce Levallois est très gai ! Dès qu’on arrive chez lui, il vous propose d’aller voir la tombe de l’auteur d’Obermann10 ! »

Sénancour est, en effet, enterré au cimetière de Montretout.

Eh bien ! oui, Levallois était très gai, et très gai. Aussi Henri Maret, qui collabora à cette fameuse opérette, la Dernière fugue de Cléopâtre, qu’on joua, sur le petit théâtre de Montretout, devant les Œuvres complètes de Sainte-Beuve, — y compris Port-Royal, — le jour où l’on dansa également le Ballet des Pieuvres, dans lequel le futur rédacteur en chef du Figaro, Francis Magnard11, figurait une pieuvre, tout comme M. Henri Maret, le futur rédacteur en chef de la Vérité.

On avait vingt ans.

Dans cette Dernière fugue de Cléopâtre, à laquelle ne manquait que la musique d’Offenbach, ou la folie d’Hervé12, Antoine, battu à Actium13, demandait cependant à souper et, comme on lui reprochait cet appétit survivant à la perte d’un empire, il répondait : « Louis XVI, dans la loge du logotachygraphe14, en a demandé tout autant ! »

Et le rondeau de Cléopâtre, qu’applaudissaient si fort un érudit qui traduisait Grote15, — s’il vous plaît, — M. Sadous16, et un économiste de grande valeur, M. Dupont-White17 :

Je suis fille d’un Ptolémée
Et je naquis sous un palmier.
Mon estomac est abîmé !
Je bois de l’eau de Saint-Galmier !

Qu’est devenu le manuscrit de cette opérette ? Et que sont devenues, aussi, ces gaietés d’antan ?

L’heure est plus grave, les tempes sont plus grises, la lutte est plus ardente. Le combat pour l’existence se double du combat pour l’idée. Mais comme ces sourires d’autrefois semblent charmants, à travers la fumée de cette bataille de la vie !

Victor Koning

En ce temps-là, Victor Koning apportait des « Échos de théâtre » au Diogène et parfois en glissait au Figaro bi-hebdomadaire18. Nous disions de lui, en devinant toute l’activité cérébrale de ce Parisien de Paris :

— Il sera directeur de l’Opéra !

Le voilà directeur du Gymnase19. Il a mis de la lumière, des peintures des aquarelles, des cadres de Meissonier20 et de Detaille21, dans ce vieux cabinet directorial, tout petit, étroit jadis comme un bureau d’homme d’affaires, et où Montigny, assis, comme le vieux Bertin d’Ingres22, dans son fauteuil large, nous disait :

— Vous voyez que ce n’est pas grand ! Eh ! bien, c’est pourtant là que Dumas et Augier ont grandi et que Sardou, Gondinet23, Meilhac, Halévy sont nés !

De temps à autre, dans le cabinet de Montigny, la tête souriante de M. Miraut24, l’ami de la maison, apparaissait, ou le fin profil de M. Désiré Nisard25, le vieux camarade du directeur du Gymnase, et son conseiller en plus d’une occasion.

Aujourd’hui, le cabinet est plus mondain, plus vaste, plus souriant et plus jeune. Koning apporte dans la vieille maison traditionnelle ses sympathies parisiennes, son coup d’œil étonnant et cette qualité des combattants, cette vertu suprême : le bonheur !

Il est heureux !

Quand on a dit cela d’un capitaine, on a tout dit. C’est le succès et la fortune.

Jules Jacquemart

Le succès ! M. Jules Jacquemart26 qui vient de mourir, ne le connut pas aussi grand qu’il le méritait. Il est de ceux qui auront ce durable succès posthume qui est la gloire du lendemain. Les artistes appréciaient profondément cet aquafortiste extraordinaire, qui fut aussi un aquarelliste de premier ordre. On se rappelle ses vues de la Méditerranée, ses paysages de la Corniche, à la dernière exposition de la rue Laffitte27. C’était de la lumière fixée sur du papier. Ces rives bleues, ces allées ensoleillées, avaient des profondeurs infinies. Mais le public paraissait quelque peu réfractaire à cet art libre et hardi.

Les eaux-fortes de Jules Jacquemart étaient plus appréciées de la foule, étant plus facilement compréhensibles. L’homme est mort à quarante-trois ans. Il y avait plusieurs années qu’il luttait contre la phtisie, un mal qui ne pardonne pas. Menton lui rendait, l’hiver, un peu de santé et lui inspirait de nouveaux chefs-d’œuvre. Mais le premier vent d’automne l’a emporté, presque le jour même où meurt M. Charles Thelin28, un des plus dévoués parmi les serviteurs de l’empire et à qui Napoléon III, qui lui avait confié sa cassette, télégraphiait, le jour même de la bataille de Beaumont, quelques heures avant Sedan : « Envoie-moi le plus d’argent que tu pourras ! »

Quelle dépêche sentant la débâcle !

Au reste, l’argent est de tous les dénouements.

Les indiscrétions des journaux

La brochure de M. Alexandre Dumas sur les Femmes qui tuent et les Femmes qui votent a eu pour pendant, cette semaine, un petit drame parisien qui, réduit en brochure, pourrait s’appeler les Femmes qui paient et les Hommes qui volent. Une charmante comédienne, habituée aux ruses du théâtre, s’est laissé duper, très naïvement, par un procédé de comédie, et les journaux se sont hâtés, un peu vite, à mon sens, de divulguer toute l’aventure. Plus nous irons, plus nous vivrons, non pas dans des maisons de briques, de ciment ou de pierres meulières, mais dans des maisons de verre, comme le voulait le sage. Il faut s’habituer à se voir, à tout propos, imprimé tout vif. Je sais des gens qui s’en plaignent, j’en connais d’autres qui s’en montrent enchantés. Il est de mode de crier contre l’indiscrétion des journalistes, et cette indiscrétion va très loin et très avant ; mais c’est la curiosité du public qui fait l’indiscrétion du journaliste.

Les mondains et les demi-mondains accusent souvent les gazetiers de beaucoup trop dire. Sans doute ceux-ci font très mitoyen le fameux mur de la vie privée, et ils y percent même, çà et là, plus d’une trouée indiscrète, une meurtrière qui mérite plus d’une fois son nom. Mais à qui la faute ? Et qui demande tout ce bruit de grelots et de réclames, si ce ne sont pas ceux-là mêmes qui s’en irritent ? Une maîtresse de maison tant soit peu élégante se trouverait parfaitement oubliée et comme détrônée si les chroniqueurs ne donnaient pas la liste des invités de son dernier bal et la description de quelques toilettes. On accuse les journaux d’organiser la conspiration du bavardage et du scandale. Veut-on qu’ils se taisent ? On leur reprochera, avec une amertume aussi violente, d’organiser la conspiration du silence.

Le high life n’aime pas vivre à huis clos. Il veut de l’air, du luxe, du tapage, et le compte rendu de ses fêtes est compris dans le programme de ce tapage-là. Que de garden parties on a données, cet été, qu’on n’eût jamais songé à organiser si la chronique n’avait pas dû, le lendemain, constater (souvent par une note officielle ou officieuse) que la jolie comtesse de B… ou la charmante marquise de T… avait transformé la pelouse de son parc immense en un splendide buffet !

Il est de mode aujourd’hui de publier, avec force commentaires élogieux, les nouvelles des mariages du monde, et l’on en vient à donner le dessin des deux blasons qui s’allient, en attendant — qui sait ? le progrès va si vite — les portraits des deux fiancés. La jeune fille, qui va devenir une femme, s’inquiète surtout de savoir, non point ce que pense d’elle le galant homme qui lui apporte son nom et accepte sa fortune, mais ce que les gazettes disent de son mariage. Et lorsque le voyage de noce est commencé, dans le premier réveil furtif, à la première station de cette grande route qui conduit en Italie ou en Écosse — et de là Dieu sait où ! — la première pensée, se traduisant en paroles dans le premier sourire de la femme qui n’ignore plus, est celle-ci :

— Demandez donc au garçon le journal de ce matin, mon ami, je voudrais lire ce qu’on dit de la cérémonie d’hier !

Et parmi tant d’autres déceptions inévitables que traîne après lui le mariage, cette déception, toute factice et bien inutile, se glisse aussi quelquefois :

— Tiens ! ils ne nous ont accordé que trois lignes !

La nouvelle Dame aux Camélias

On a donné plus de trois lignes à l’aventure de la comédienne et de son ami. Aventure vulgaire, en somme, et fort triste. Il y a là comme un reflet des mœurs du dix-huitième siècle, avec quelque chose des réalités dures de ce temps-ci. L’argent, ce Deus ex machina de tant de drames modernes, y joue un rôle terriblement actif. Des Grieux29, cette fois, a joué Manon sous jambe30, et, dans cette petite maison de campagne dont parle l’auteur de la Dame aux Camélias, Armand Duval a fait payer cher à Marguerite Gautier l’éternelle réhabilitation par l’amour31. C’est l’histoire banale et qui sera toujours nouvelle. Manon, née pour aimer, aime l’amour, et ce n’est pas sa faute si l’amour a des ailes et s’il emporte des obligations de chemins de fer et des titres de 30 %32 au fond de son carquois. Le Chevalier à la mode33 du temps passé n’en agissait pas autrement, mais il se contentait de boucles de souliers, de nœuds d’épée et de tabatières diamantées. Ses petits neveux sont plus prosaïques ou plus pratiques. Ils mettraient volontiers l’amour en commandite, et l’infidélité de ces volages n’est pas celle de Don Juan qui s’esquive, mais d’un caissier qui s’en va.

On s’imagine d’ailleurs l’entrevue de la comédienne deux fois trompée et du père de cet Armand Duval fugitif. La célèbre scène de la Dame aux camélias — et de la Traviata —, que M. Georges Bousquet34 a retrouvée jusque dans un drame japonais qu’il a vu jouer à Yeddo35 — ce duo déchirant entre la maîtresse et le père a dû être ici fort dramatique. Marguerite Gautier menaçait peut-être, et le père Duval suppliait sans doute, au contraire du vieillard de la comédie. La vie moderne a de ces renversements de situation et de ces pastiches des drames fameux. Écrivez donc des romans que la vie ne se charge pas de contrefaire avec de terribles variantes !

Deux statues : Jean Cousin et David d’Angers

Ce ne sont pas là les seules actualités du moment. Il y a aussi les statues nouvelles. Quoi ! des statues ? Encore ! J’aurais été bien étonné qu’il n’y eût pas de statue inédite à inaugurer. Les statues futures sont d’ailleurs non seulement des statues artistiques, mais des statues d’artistes.

La ville de Sens élève une statue à Jean Cousin36, le Michel-Ange français, comme son Jugement dernier l’a fait surnommer ; Jean Cousin, qui fut peintre verrier, sculpteur, peintre à l’huile et même écrivain à ses heures, un de ces génies quasi universels comme en vit plus d’un le seizième siècle, qui ne parquait guère, comme le nôtre, un tempérament d’artiste et d’homme dans une spécialité. Je l’ai sous les yeux, ce terrible Jugement dernier de « loanes Cousin, Senonien, » et le souffle puissant d’un Michel-Ange semble s’y mêler à la vision fantastique de l’Anglais Martinn37.

Après Jean Cousin, c’est David d’Angers38 qu’Angers, la ville noire, célébrera le dernier jour du mois où nous sommes. Ce sera la fête d’un artiste et d’un patriote. Le sculpteur David a écrit, en marbre, une sorte d’épopée nationale. C’est un peu, aurais-je presque envie de dire, le Michelet de la sculpture.

Je sais de lui une histoire touchante et émouvante, qui pour un peu semblerait incroyable : l’histoire de la Jeune Grecque39, à demi-couchée sur le marbre d’un tombeau et du doigt écrivant le nom héroïque de Marcos Botzaris, le mort de Nauplie, le sauveur de Missolonghi. Une telle histoire, tout à fait romanesque et émouvante, a l’intérêt et l’imprévu d’une légende, car l’œuvre et le modèle eurent une destinée tragique.

Cela vaut la peine d’être raconté.

Histoire romanesque d’un modèle et d’une statue de David

David d’Angers rêvait d’élever un monument à Botzaris. C’était l’heure où les Grecs mourant pour leur liberté enflammaient ici les imaginations, les poésies et les courages. Un jour, David, se promenant dans un cimetière, aperçut une petite fille, presque une enfant, agenouillée sur une tombe et épelant, en suivant les lettres du doigt, l’inscription qui y était gravée. Rien de plus émouvant et de plus simple : la vie déchiffrant en balbutiant le secret de la mort.

— Ma composition est trouvée, se dit le sculpteur.

Il ne lui restait plus qu’à trouver le modèle.

Et il cherchait.

En allant dîner au cabaret de la mère Saguet40 avec Victor Hugo, David rencontra, rue du Montparnasse, tout près de cette petite maison de curé qu’habita depuis Sainte-Beuve41, une fillette de quatorze ans, en haillons, grêle, charmante.

David s’arrête, l’examine, l’interroge. Il prend son nom et son adresse.

— Clémentine…

— J’ai mon modèle maintenant ! dit-il à Victor Hugo. Maigre, chétive, tuée de misère, cette enfant était belle pourtant. Elle allait incarner, un moment, la Grèce opprimée. Son grêle corps juvénile allait vivre, pour l’éternité, dans le marbre du statuaire et orpheline parisienne, fleur ou détritus du pavé, ramassée par une marchande de pommes qui l’envoyait poser chez les peintres, elle payait, avec la nudité de son corps offert en modèle, la nourriture et l’eau-de-vie-de sa mère.

L’enfant vint chez David. La vieille l’accompagnait parfois.

Il y avait dans l’atelier de la rue de Fleurus, sur un fond de velours, entouré d’un cadre, un christ en bronze que la mère regardait souvent.

Un jour l’enfant dit au sculpteur, en se rhabillant, la séance finie :

— Ah ! ce christ ! Et son beau cadre ! Ma mère m’en parle souvent !… Si vous vouliez vous en défaire, monsieur David ! Un christ comme ça, dans notre grenier, ça serait beau ! Et ça me consolerait ! Ça me soutiendrait ! Si vous vouliez, voyez-vous, je vous le payerais, peu à peu, avec des séances. Tant que vous voudrez ! Pour toutes les statues que vous voudrez !

Ému sous sa moustache rude et ses durs sourcils — type de bonté mâle qui revit dans le portrait d’Hébert42 — David d’Angers alla décrocher le christ au fond de son atelier et répondit :

— C’est bon ! Tu le veux ? Eh bien, prends-le, et quand tu seras tentée de mal tourner, alors regarde-le ! Et pense à moi qui te le donne pour rien !

— Pour rien ?

La joie de l’enfant fut profonde, et David acheva, avec une fièvre sainte, le marbre de la Jeune Grecque épelant le nom de Botzaris.

Toute sa poésie passait dans ce corps de marbre de fillette souffreteuse, toute son âme de patriote dans cette statue à demi-couchée sur le tombeau d’un héros. La Jeunesse de Chapu43 apportant une palme d’or au tombeau d’Henri Regnault est une sœur de la Jeune Grecque de David.

§

L’œuvre achevée, David dut s’en séparer. M. H. Jouin44, le remarquable biographe de David, a cité des fragments d’écrits laissés par le sculpteur et que le fils45 du maître lui avait communiqués. Dans une page fort curieuse, intitulée Une nuit d’atelier, où David revit toute son existence en revoyant tous ses marbres, le statuaire s’écriait, parlant comme un autre Pygmalion, — mais en père et non en amant, — à la création de sa pensée et de son ciseau :

Te voilà terminée, chère enfant ! Tu vas quitter notre France pour ce beau pays de Grèce ! Je t’aimais tant ! Ah ! je t’aimais comme un père tendre aime sa fille, même malgré ses défauts qu’il connait si bien ! Tu vas quitter le pays des nobles inspirations et des grandes œuvres pour celui qui les fit germer dans le monde. Le soleil de l’Attique, dont nous n’avons ici que les pâles reflets, te réchauffera. Lorsque l’astre montera dans l’azur, comme une pensée du Christ, un de ses rayons se posera sur ton front mélancolique, car tu es bien triste, ô ma pauvre enfant46 !

 On a remarqué ce culte du démocrate David pour le Christ. Les républicains de 1848 étaient tous un peu ainsi. Esquiros47 eût volontiers parlé du patriote Jésus, et Lamennais48, chargé de rédiger un projet de Constitution républicaine, le commençait ainsi : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et par la volonté du peuple français… »

La statue de la Jeune Grecque expédiée en Grèce, — l’artiste français envoyait ce marbre au pays des Phidias, — David ne s’occupa plus que des œuvres à venir et oublia peut-être la grêle fillette de la rue du Montparnasse.

Un soir, en sortant d’une réunion chez M. de Gisors49, l’architecte, où il avait dessiné, pour passer le temps, le portrait du naturaliste Duméril50, David, qui allait de là chez Gérard51, fut, rue Childebert, — non loin de ce refuge de la Bohême galante52, où Gérard de Nerval, Théophile Gautier allaient rimer leurs premiers vers, et Nanteuil53 et Camille Roqueplan54 peindre leurs premières toiles, — accosté par un individu, demeuré inconnu, qui le frappa par derrière de deux coups terribles et lui ouvrit le crâne.

David pouvait en mourir. Un ouvrier imprimeur le ramassa tout sanglant. Le sculpteur se traîna jusqu’à sa demeure. Il a toujours soupçonné de cet assassinat, mais sans avoir jamais voulu le nommer, un sculpteur contre lequel il avait voté dans un concours, et qui d’ailleurs était fou55.

Quelques années après, — ce guet-apens était dès longtemps oublié. — David d’Angers reçut une lettre qui l’invitait à se rendre, de minuit à une heure, dans une maison du faubourg Saint-Jacques, près du Val-de-Grâce. Un signe convenu entre certains patriotes avait été tracé sur la lettre ; David crut à une convocation quelconque de proscrits. On lui disait, dans cette lettre, que, la maison étant sans concierge, il devait se munir d’une lanterne sourde56. Au quatrième étage, il verrait sur la porte une croix tracée à la craie. Il n’aurait qu’à frapper. Quelqu’un serait là pour le recevoir.

L’invitation était assez romanesque ; mais David était curieux. Il alla rue Saint-Jacques. Il y alla un peu avant minuit, et bien lui en prit.

Arrivé au quatrième étage, il aperçoit la croix blanche. Il frappe. On n’ouvre pas. Il frappe encore et il allait redescendre, croyant avoir été la dupe de quelque plaisanterie de rapin, lorsque la porte voisine de celle où il avait frappé s’ouvre et une jeune fille apparaît, un flambeau à la main.

Elle regarde David, devient très pâle et lui dit, effarée :

— Comment ! c’est vous ! Vous, monsieur David !

David était stupéfait. Il reconnaissait là, dans cette jeune fille belle, tremblante, suppliante, la petite rôdeuse de la rue du Montparnasse, la jeune Grecque du tombeau de Botzaris.

— Allez-vous-en ! dit-elle éperdue. Allez-vous-en ! Si vous restez ici vous êtes mort ! Allez-vous-en ! Et je vous en supplie, ne dites rien, ne nous perdez pas, ma mère et moi ! Ah ! mon Dieu ! je ne savais pas que c’était vous… Partez vite, vite, je vous en prie monsieur David !

— Soit, répondit le sculpteur, sentant bien, lui sans armes, qu’un danger de mort était là, mais voulant savoir pourtant, piqué au jeu par ce mystère.

Il descendit rapidement l’escalier, gagna la rue et se blottit à quelques pas de là, dans l’enfoncement d’une porte.

Il n’y était pas depuis dix minutes, qu’il vit, un à un, arriver plusieurs hommes qui disparurent, comme s’engouffrant dans la maison du faubourg Saint-Jacques.

— Je crus, a-t-il écrit sans nommer personne, reconnaître mon assassin !

Bien des années s’écoulèrent encore. Un jour, David, songeant toujours à la jeune fille au christ, voulut revoir cette maison où on l’avait attiré ainsi — peut-être pour l’égorger. Il monta au quatrième étage et frappa.

— Mademoiselle Clémentine ? demanda le sculpteur.

Un ouvrier formier qui travaillait là, ouvrait de grands yeux :

— Mademoiselle Clémentine ? Connais pas !

Dans la maison, personne n’avait jamais entendu parler d’une femme de ce nom ayant demeuré là. Disparue, sans doute, la fillette de 1827 qui avait, un moment, incarné un si beau rêve !

Au mois d’août 1843, suivant, avec des collègues de l’Institut, le convoi de Cortot, le sculpteur Cortot57 dont il a dit : « Sa sculpture est de glace. C’est un honnête marchand qui met le poids convenu dans la balance, rien de plus, » — David aperçut, quai Malaquais, longeant les maisons, maigre et blême dans un châle râpé, traînant une robe déteinte, son modèle d’autrefois, l’enfant devenue femme, femme de trente ans, toujours belle, mais misérable, et portant sous son bras le christ de bronze, le christ de jadis, celui que le statuaire lui avait donné en disant : « Tu songeras à lui et à moi, pour t’empêcher de mal faire ! »

David eut un moment l’idée de quitter le convoi funèbre pour suivre cette femme errant de boutique en boutique et offrant ce christ aux vendeurs d’antiquités.

Il chercha depuis, à toutes les vitrines des brocanteurs, sans pouvoir l’y découvrir, ce christ de bronze.

Plus tard, cinq ou six ans après peut-être, David la revit plusieurs fois, l’entrevit plutôt, cette fille, tombée jusqu’au plus bas de l’échelle du vice, traînant dans les cabarets des boulevards extérieurs un visage sculptural encore, mais devenu sinistre, et évitant, avec une expression de honte fauve, de révolte farouche, le regard du statuaire qui avait été comme le poète de sa jeunesse. Il la revit, appuyée au bras d’un de ces drôles qui font métier de leurs muscles, chevaliers d’amour et chevaliers d’industrie, arrosant de l’alcool et du vin bleu de la barrière les idylles boueuses et parfois tachées de sang de leurs amours. Il la suivit, — il suivit ces deux êtres tombés, le gueux devenu courtisan de la courtisane, et la malheureuse en jupe déchirée comme la blouse de son compagnon. Ils entrèrent dans un taudis et, au rez-de-chaussée d’une masure, le sculpteur David d’Angers vit apparaître souillée et flétrie, portant avant quarante ans le stigmate de la décrépitude, cette jolie fille que lui et Hugo avaient rencontrée, jadis, qui avait été un moment la vision de leurs songes d’art, unie à leur rêves de liberté ; — la Grèce, en un mot, la Grèce toujours juvénile et inclinée sur le tombeau d’un héros !

Puis, derrière les nippes et les guenilles suspendues à la fenêtre, ce visage de femme disparut brusquement dans l’antre.

David devait pourtant l’apercevoir encore.

Rue des Boucheries, en juillet 1847, une femme s’approche de lui, timide, humble, hideuse sous des habits de pauvresse :

— Vous ne me reconnaissez pas, monsieur David ? lui dit-elle. C’est juste, je suis si changée ! J’étais plus jolie qu’aujourd’hui lorsque vous m’avez rencontrée pour la première fois. Voyez, dit-elle.

Et elle lui montrait brusquement sa figure, autrefois si belle, tailladée et repoussante maintenant :

— C’est un amant à moi qui m’a labouré la joue à coups de couteau ! Il me battait et il me volait. Il m’a coupé le nez ! Soyez donc bonne ! Ah ! je ne pourrais plus aller poser la Jeune Grecque dans l’atelier de la rue de Fleurus, à présent !

David frissonna en entendant le rire glacé qui accompagnait ces paroles. Il laissa, dans la main de la misérable, tomber une pièce de monnaie. Un moment après, il la vit conduire, par la police, à la prison de l’Abbaye58.

C’était pourtant là la jeune fille au christ, celle qui tint si longtemps et emporta peut-être avec elle le secret de l’assassinat dont David d’Angers avait été la victime.

Inventez donc de plus poignantes histoires !

Ce fut certainement une des déceptions de la vie de David : tant de grâce et de charme aboutissant après tant de misère à une telle honte ! Mais, pour le grand sculpteur, la déception devait être double.

Après le modèle, l’œuvre d’art.

David, exilé après le 2 Décembre, et coupable, sans doute, d’avoir tout simplement refusé d’achever le tombeau de la reine Hortense59, après la tentative de Boulogne60, David, chassé de France, errant, allait en Grèce avec sa fille. Il était vieux. Il eut, là-bas, la tentation de voir, sous le ciel de l’Attique, sa Jeune Grecque, le chef-d’œuvre de sa trentième année. Il voulait aller à Missolonghi où se trouvait le tombeau de Marcos Botzaris.

Quelqu’un lui dit :

— N’y allez pas !

— Pourquoi ? demanda David.

Il allait savoir pourquoi.

De loin, lorsqu’il arriva à ce coin de terre, où Byron était mort, il aperçut, au pied du bastion où tomba Botzaris le tumulus élevé au héros et à ses braves. De très loin, il vit sa jeune Grecque : « Il me semblait, a-t-il dit, la voir tressaillir à l’approche de son créateur d’il y a trente ans ! »

Il s’avance. Il a la sensation que c’est pour lui un songe heureux qui recommence. Et tout à coup il poussa un cri, un cri de rage, de douleur indignée un cri de furieux désespoir. La main droite de la statue avait été brisée ; le doigt qui épelait était cassé61. Cassées aussi, les oreilles. Un pied était en miettes. La chevelure était tailladée comme la joue sinistre du modèle. Des Palikares62 avaient déchargé leurs fusils sur ce marbre exquis. D’autres, des Anglais, avaient inscrit leurs noms sur le dos de l’enfant.

Quel chapitre d’une vie d’artiste ! Ce petit modèle devenant une fille, et quelle fille ! L’œuvre mutilée ! L’auteur en exil !

On a réparé, depuis, cette Grecque ; mais David d’Angers, frappé au cœur, écrivait63, navré, en s’éloignant de Missolonghi, qu’il avait vu disparaître au loin, lui se tenant debout à l’arrière du navire, et la côte s’effaçant, là-bas, comme un nuage qui passe :

Je savais que Byron a été enseveli près des fortifications de Missolonghi ; mais toutes mes recherches pour découvrir le lieu de sa sépulture ont échoué. J’ai voulu voir la maison où il est mort ; on l’a détruite. L’ingrat oubli est inné dans notre nature… Ce matin j’ai dit adieu à ma pauvre petite mutilée. Le bâtiment passe devant Céphalonie et Ithaque. J’aperçois à l’horizon le tumulus, les remparts de Missolonghi et un petit point blanc : c’est ma Jeune Grecque. Mon cœur se brise quand je pense que je la laisse exposée aux injures de l’air et plus encore aux outrages des barbares qui l’ont déjà détruite en partie.

 Et ces barbares étaient des Grecs !

§

Quand je pense pourtant que de tous nos efforts, de toutes nos tentatives, de toutes nos gloires, de nos poésies, de nos rues, il ne reste — quand il en reste quelque chose — que ce petit point blanc que David voyait disparaître à l’horizon et qui est une statue, une statue que les hommes mutilent presque toujours, et que d’ailleurs le temps détruit quand les barbares l’ont épargnée !

Note : le sommaire du Temps comme celui de l’édition en volume indique ensuite « Une réponse d’Alexandre Dumas ». Cette réponse ne figure ni dans le texte du Temps, ni dans l’édition en volume.

Notes

1       De nombreux journaux ont paru sous ce titre, même en Russie, ce qui n’est pas bon signe. La Vérité, dont parle Jules Claretie est un quotidien largement à gauche, qui a connu deux époques. La première époque est évidemment celle de sa fondation en 1870 (après septembre ?), par Édouard Portalis (1845-1918), personnage complexe. Édouard Portalis soutient Léon Gambetta, ce qui vaut à La Vérité d’être interdit en septembre 1871 par une Chambre encore largement monarchiste. Le journal finit par reparaître en 1879, en remplaçant son ancien sous-titre « Journal politique quotidien » par « Organe de la république démocratique ». Mais le nom d’Édouard Portalis en gros caractères, de chaque côté du titre a été remplacé par celui d’Henry Maret

Bandeau de titre de La Vérité de ce cinq octobre 1880

2       Victor Koning (1842-1894), mort à 52 ans, auteur dramatique, directeur du théâtre de la Gaîté (saison 1868-1869) puis de la Renaissance de 1875 à 1882. Tout en conservant quelques temps la direction du théâtre de La Renaissance, Victor Koning prend la direction du théâtre du Gymnase à la mort de Montigny en mars dernier (1880). D’importants travaux sont entrepris par Victor Koning qui conserve la direction de ce théâtre jusqu’à sa mort. On lira avec intérêt l’ouvrage de Victor Koning Les Coulisses parisiennes paru chez Édouard Dentu en 1864. Sauf à reproduire cet intéressant ouvrage, une table des matières en est donnée en annexe infra, après les notes.

3       Voir la page : « Jules Claretie par Henri d’Alméras » : « Il existait alors, au no 30 de la rue Saint-Marc, un journal hebdomadaire, le Diogène, ayant ses bureaux, au fond de la cour, sous un appentis vitré qui avait été un magasin de salaisons »…

4       Henry Maret (ou Henri) (1837-1917), journaliste et romancier, critique dramatique, opposant au second empire, a ensuite été emprisonné quelques mois pour avoir participé à la Commune de Paris. Henri Maret a ensuite été opposé à Léon Gambetta. Il sera élu six fois député (gauche radicale puis radical-socialiste), de la Seine puis du Cher d’août 1881 à mai 1906.

5       Henri Maret, Le Tour du monde parisien, Hetzel 1862, 315 pages, qu’il faudrait peut-être rééditer.

6       Aimé Malespine, figure de l’opposition au second empire dû s’exiler aux États-Unis au milieu du siècle, ou il a adhéré aux mouvements démocrates new-yorkais.

7       Ces deux navires ont participé au combat naval dit de Hampton Roads qui a eu lieu en mars 1862 au cours de la guerre de sécession.

8       Louis Dumaine (Louis François Person, 1831-1893), a d’abord été secrétaire d’Alexandre Dumas père avant d’être un comédien tonitruant. Il est le frère cadet de la Comédienne Béatrix Person (1828-1884), réputée maîtresse d’Alexandre Dumas père.

9       Jules Levallois (1829-1903), a été secrétaire de Sainte-Beuve de 1855 à 1859 Il est surtout connu pour ses Mémoires d’un critique parus à la Librairie illustrée en 1895. Lire la longue préface de Jules Claretie à son roman Les Femmes de proie (ou Mademoiselle Cachemire) : « Voilà plusieurs jours déjà que je suis à Florence. C’est loin de Paris, mon ami ! » Jules Claretie avait été envoyé en Italie par le journal L’Avenir national comme correspondant de guerre pour suivre les opérations entre l’Autriche et la nouvelle monarchie de Savoie.

10     Étienne Pivert de Senancour (1770-1846), écrivain mort à Saint-Cloud. Sa tombe ne semble plus exister. Oberman, Lettres publiées par M. . Senancour, auteur de Rêveries sur la nature de l’homme….. chez Cérioux, libraire quai Voltaire, An XII — 1804 (deux tomes). Cette édition, passée totalement inaperçue a été redécouverte et régulièrement rééditée à partir de 1830. Le curieux sera avisé de se procurer ce roman épistolaire autant que romantique dans l’édition Champion de 2003 (texte, variantes et notes de Béatrice Didier). Dans ces années 1830, Frantz Liszt, découvrant lui aussi cet ouvrage, composa une pièce pour piano qu’il incorpora dans son recueil des Années de pèlerinage.

11     Francis Magnard (1837-1894) a rejoint Le Figaro en 1863 et devient l’adjoint de son directeur Hippolyte de Villemessant, ce qui ne l’empêche pas d’écrire sous pseudonyme pour d’autres journaux. Il est le père du compositeur Albéric Magnard (1865-1914).

12     Hervé (Florimond Roger, 1825-1892), homme de théâtre surtout connu comme compositeur, a été maître d’orgue à Saint-Eustache puis chef d’orchestre dans plusieurs théâtres. Hervé est auteur d’un nombre incroyable de musiques de scène dont peu sont restées dans les mémoires hors Mam’zelle Nitouche (1883) et Les Chevaliers de la Table ronde, de 1886.

13     La bataille navale d’Actium a eu lieu près de ce port grec en 31 avant notre ère.

14     Tachygraphe était le nom de l’époque désignant de nos jours un sténotypiste, à savoir un sténographe capable de noter la parole en temps réel, notamment dans les tribunaux ou les instances parlementaires. Cette profession était aussi utile dans les journaux, friands de compte rendu d’audiences. Un logotachygraphe (tachygraphe qui parle) est donc présenté ici comme une absurdité.

15     George Grote (1794-1871), historien anglais de l’Antiquité, membre du Parlement, surtout connu pour son Histoire de la Grèce « depuis les temps les plus reculés jusqu’à la fin de la génération contemporaine d’Alexandre le Grand ».

16     Alfred de Sadous, né en 1815, traducteur de l’anglais et de l’allemand et notamment, en 18 volumes, de l’Histoire de la Grèce de George Grote.

17     Charles Dupont-White (1807-1878), de père français (Dupont) et de mère anglaise (Witte), avocat et économiste socialiste, beau-père du Président Sadi Carnot.

18     Le Figaro, fondé en 1826 a connu deux grandes périodes. La première a été celle d’un quotidien satirique d’opposition (à Charles X), puis, à partir de 1832 un quotidien monarchiste. La seconde période a commencé le deux avril 1854 sous la direction d’Hippolyte de Villemessant (déjà évoqué note 11). Il s’agissait alors d’un hebdomadaire du dimanche, sur quatre colonnes. Ce n’est que deux ans plus tard, à partir de janvier 1856 que Le Figaro est devenu bimensuel, sur trois colonnes puis, dix ans plus tard quotidien, sur quatre colonnes, à partir de novembre 1866.

19     La mort de Montigny survenue le six mars dernier, Victor Koning l’a remplacé cet été (premier juillet ?). Il restera en place jusqu’à sa mort en octobre 1894.

20     Ernest Meissonier (1815-1891), peintre militaire académique, souvent cité dans ces pages.

21     Édouard Detaille (1848-1912), peintre académique, lui aussi spécialisé dans l’art militaire. De nombreuses œuvres d’Édouard Detaille sont conservées au musée de l’Armée depuis 1915. Jules Claretie a dressé un portrait d’Édouard Detaille dans le volume II de ses Portraits contemporains et aussi dans la série « Célébrités contemporaines ». Il s’agit de deux textes différents.

22     Dominique Ingres (1780-1867), peintre et violoniste. Son Portrait de Monsieur Bertin de 1832 illustre parfaitement le propos de Jules Claretie. Louis Bertin (1766-1841), journaliste et homme de lettres royaliste ; directeur du Journal des débats en 1799.

23     Edmond Gondinet (1828-1888), librettiste et auteur dramatique.

24     Henri Miraut, dont on ne sait pas grand-chose, était proche d’Alexandre Dumas.

25     Désiré Nisard (1806-1888), agrégé de lettres en 1832 et critique littéraire extrêmement doctrinaire, pour ne pas dire étroit. Désiré Nisard a été professeur d’éloquence latine au Collège de France. Il a été élu deux fois député centriste de la Côte-d’Or entre 1842 et 1848 et sénateur, de 1867 à 1870. Un de ses pairs député dit un jour de lui, à propos de ses discours « Cette pluie fine de Nisard finit tout de même par mouiller. » Ce tempérament conduisit donc tout naturellement Désiré Nisard à l’Académie française. Adversaire des romantiques, il fut élu en novembre 1850 face à Alfred de Musset, qu’il reçut néanmoins en mai 1852.

26     Jules Jacquemart (1837-1880), mort à 43 ans le 27 septembre dernier, graveur spécialiste de l’eau-forte, aquarelliste et illustrateur.

27     Chez Paul Durand-Ruel dans sa galerie du six rue Laffitte.

28     Charles Thélin (ou Thelin), mort le 29 septembre 1880, ancien groom postillon de l’impératrice Joséphine, puis de la reine Hortence, puis valet de chambre de Napoléon III resté très proche et très fidèle, a fini trésorier de la cassette impériale, peut-être comparable, de nos jours, au budget de l’Élysée. C’est Charles Thélin qui a aidé Napoléon III, déguisé en maçon, à s’évader du fort de Ham une seconde fois, après Sedan. Voir la brève annonce de sa mort dans Le Figaro du trente septembre (page une, colonne quatre). Dans la plupart des autres journaux, l’annonce de la mort de Charles Thélin n’a pas fait plus de quatre lignes.

29     Le chevalier des Grieux, issu d’une noble famille, renonce à son avenir pour suivre Manon. Son amour le pousse à des imprudences. Ce chevalier des Grieux est un personnage du roman de l’abbé Prévost (1697-1763) : La Véritable histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut.

30     Sous jambe : avec facilité.

31     Le roman d’Alexandre Dumas de 1848, La Dame aux camélias, à la fois autobiographique et inspiré de celui de l’abbé Prévost. Il expose l’aventure de la courtisane Marguerite Gautier et d’Armand Duval, son amant. La maison de campagne en question se trouve à Bougival : « Dans les commencements de son séjour à Bougival, Marguerite ne put rompre tout à fait avec ses habitudes, et comme la maison était toujours en fête, toutes ses amies venaient la voir » (chapitre XVII).

32     Corrigé de « 30/0 ».

33     Allusion vraisemblable au Chevalier à la mode, comédie en cinq actes de Dancourt de 1687. (Florent Carton, sieur d’Ancourt, 1661-1725), comédien et auteur dramatique, sociétaire de la Comédie-Française en 1685.

34     Georges Bousquet (1846-1937), fut, à partir de 1872 « conseiller étranger » au profit du gouvernement du Japon où il effectua des traductions vers le japonais et enseigna au ministère de la Justice du Japon.

35     Edo, ou Yeddo est l’ancien nom de Tokyo jusqu’en 1868, ce que Jules Claretie semble ignorer.

36     Jean Cousin (1536-1595), peintre, fils de son père (1503-1560), peintre lui aussi. Jean Cousin est surtout connu pour sa toile Le Jugement dernier de 1580 (environ un mètre quarante de côté) exposée au Louvre.

37     Jules Claretie pense peut-être au peintre Anglais romantique John Martin (un seul n, 1789-1854) auteur de nombreux sujets d’inspiration biblique.

38     David d’Angers (Pierre-Jean David, 1788-1856) sculpteur romantique né à Angers, prix de Rome en 1811. En 1848, David d’Angers a été élu représentant du peuple et est entré à l’Assemblée constituante.

39     Texte du site web des musées d’Angers : « En 1821 débuta l’insurrection des Grecs contre la Turquie. Canaris et Botzaris en furent les chefs avant la reconnaissance de la Grèce comme royaume souverain en 1832. Comme de nombreux écrivains et artistes, David d’Angers (1788-1856) soutint la cause de l’indépendance grecque et, pour honorer Marco Botzaris, mort après une héroïque résistance, il envoya à ses frais une statue commémorative en marbre, pour la placer sur sa tombe à Missolonghi. »

Pour aller plus loin, lire, dans les Cahiers de l’école du Louvre (numéro seize, de 2021) le texte de Philippe Durey : « La Jeune Grecque de David d’Angers ou le rêve brisé ».

40     La Presse littéraire (parution tous les dix jours (5, 15 et 25) du 25 mars 1854 écrit, page six : « Le cabaret de la mère Saguet, mis en vogue par le cénacle Thiers, [le journaliste] Armand Carel et [le peintre Paul] Chenavard, donnait asile, en 1821, à une société chantante beaucoup moins aristocratique et plus nombreuse que celle du Caveau. Elle se nommait la société du Moulin vert ou du Moulin à beurre. / Béranger fut élu président. / On compta bientôt les sociétaires par milliers. Chacun d’eux avait le droit d’amener sa famille… » Ce cabaret était situé à l’extérieur du Paris de l’époque, au sud de la barrière du Maine.

41     Au onze rue du Montparnasse. Cette maison existe encore de nos jours et C.-A. Sainte-Beuve y mourut. Une plaque le signale, au-dessus de la petite porte d’entrée.

42     Ernest Hébert (1817-1908), prix de Rome, pensionnaire de la villa Médicis de 1840 à 1844, professeur à l’École des beaux-arts de 1882 à 1885 puis directeur de l’Académie de France à Rome.

David d’Angers par Ernest Hébert

43     Henri Chapu (1833-1891), second prix de Rome en 1851, pensionnaire de la Villa Médicis en 1855.

Henri Chapu, La Jeunesse, monument à Henri Regnault et aux élèves morts pour la patrie, 1875, collection des musées d’Angers, reproduction en plâtre du bronze original

44     Henry Jouin (1841-1913) journaliste, historien de l’art, collectionneur et polémiste catholique, secrétaire de l’École des beaux-arts à partir de 1891. Henry Jouin est signalé ici comme auteur de David d’Angers, sa vie, son œuvre, ses écrits et ses contemporains, Plon 1877, deux tomes.

45     Robert David d’Angers (Robert David, 1833-1912), lui aussi sculpteur.

46     Tome I, page 175 :

47     Alphonse Esquiros (1812-1876), homme de lettres romantique, député (gauche et extrême gauche) à cinq reprises, brièvement sénateur (trois mois, avant de mourir).

48     Lamennais (Félicité de La Mennais, 1782-1854), ecclésiastique de gauche, a tenté de rapprocher l’église de la science, ce qui est rarement bien vu de la hiérarchie, qui a tout à y perdre.

49     Alphonse de Gisors (1796-1866), architecte auteur de nombre de bâtiments remarquables.

50     André Duméril (1774-1860), médecin, titulaire de la chaire d’anatomie de l’École de médecine en 1801 (à 26 ans).

51     Vraisemblablement son élève le peintre François Gérard (1770-1837).

52     Cette Bohème galante a-t-elle existé ? toujours est-il que Gérard de Nerval (1808-1865), a composé sous ce titre un recueil d’un peu tout, d’abord publié en fragments dans le bimensuel L’Artiste du peu sympathique Arsène Houssaye. Ces fragments, remaniés, sont parus avec des errements divers sous le titre Petits châteaux de Bohème (à la gloire d’Arsène Houssaye) puis, remaniés encore, sous le titre définitif de La Bohème galante, recueil de poèmes, nouvelles, scène de vaudeville chez Michel Lévy en 1855, Gérard de Nerval s’étant pendu le 25 janvier.

53     Célestin Nanteuil, (1813-1873), prix de Rome de sculpture en 1817 entre aux Beaux-Arts dix ans plus tard. Célestin Nanteuil était aussi peintre paysagiste romantique proche de Victor Hugo et a effectué de nombreuses illustrations pour les livres de ses amis.

54     Camille Roqueplan (1803-1855), peintre et lithographe, est le frère du directeur de théâtres Nestor Roqueplan. Camille aimait peindre en amateur mais ne souhaitait pas en faire son métier. Contrairement à ce qu’il se passait dans d’autres familles, son père l’encouragea, et cet encouragement dégouta Camille de la peinture. Il se tourna alors vers la médecine, qui ne lui plût pas davantage et, après d’autres tentatives tout aussi stériles, revint ensuite à la peinture, où il finit par réussir. Il est mort à l’âge de 52 ans.

55     On peut lire ce récit dans le Journal des débats (politiques et littéraires) du dix janvier 1828, page deux :

Avant-hier, lundi 8 du courant, l’un de nos plus célèbres sculpteurs, M. David, membre de l’Institut, après-avoir passé une partie de la soirée cher un de ses amis, se reudoit, vers dix heures et un quart, chez M. le baron Gérard, premier peintre du Roi ; arrivé au coin de la rue d’Erfurth’, vers la place Saint-Germain-des-Prés, il a été attaqué par un individu qui après lui avoir asséné sur la tête plusieurs coups de bâton qui lui ont fait deux larges ouvertures dans le crâne, s’est sauvé en lui enlevant son manteau. Renversé sans connoissance, il n’a repris ses sens que quelques momens après ; enfin, reprenant peu à peu ses esprits, il s’est tramé rue Monsieur-le-Prince, chez l’ami qu’il avoit quitté il y avoit environ trois quarts d’heure, et où il a reçu les premiers soins que réclamoit l’état affreux dans lequel il se trouvoit. Ce matin, un ouvrier qui avoit été témoin d’une partie de l’événement, a donné quelques détails sur te qu’il avoit vu la veille.

56     Dans une lanterne sourde les parois peuvent être occultées à l’aide de volets métalliques.

57     Jean-Pierre Cortot (1787-douze août 1843), pensionnaire à la Villa Médicis de 1810 à 1813 (où il a côtoyé Dominique Ingres, note 22), professeur à l’École royale des beaux-arts, en 1826 apprécié pour son style néo-classique austère.

58     L’abbaye en question est celle de Saint-Germain-des-Prés. Édifiée en 1631 en tant que prison militaire, elle a été détruite en 1854 à l’occasion du percement du boulevard Saint-Germain.

59     Hortense de Beauharnais (1783-1837), fille de Joséphine de Beauharnais (première épouse de Napoléon Ier) et mère de Napoléon III.

60     La première tentative, lamentable, de coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, le six août 1840, qui lui vaudra d’être emprisonné au fort de Ham, d’où il s’évadera avant de réussir, onze ans plus tard, son second coup d’État.

61     On ne le voit pas sur les images reproduites ici mais la jeune grecque a son index droit posé sur le nom de Marco Botzaris.

62     Palikares : « Pendant la guerre de l’indépendance grecque, entre 1821 et 1828, nom donné aux miliciens grecs ou albanais qui combattaient les Turcs. » (Dictionnaire de l’Académie française).

63     Cité par Henri Jouin (note 44) dans Les Maîtres peints par eux-mêmes, Gaultier-Magner 1902 page 333.

Annexe

Victor Koning, Les Coulisses parisiennes — Table des matières de l’ouvrage paru chez Dentu en 1864

I
1862 — Opinion de Théophile Gautier sur la préface — Les Amours de théâtre, d’Aurélien Scholl — Les Actrices de Paris — Les Parisiens à l’Odéon — M. Montigny et Mlle Juliette Beau — Une prédiction de Mlle Déjazet — Le chemin de fer de la célébrité — Un coupé-lit — Virginie Déjazet et le clerc de notaire — Les Chants de Béranger — Les souvenirs du peuple — Le Beau Narcisse — Le comique Dupuis, MM. Dumanoir et d’Ennery — Valentine Darmentière — Mlle Duverger — Alfred de Musset et Henry Murger — Mimi Pinson et Musette — La Vie de Bohème — Tout par l’amour et pour l’amour — Mimi et Jane Essler — La Fille du Paysan — M. Harmant — M. d’Ennery — M. Berton — Le feuilleton de M. Paul de Saint-Victor et Mlle Lia Félix — Le drame historique — Qu’on nous ramène en l’an 1600 ! — Ruy-Blas et d’Artagnan — La Bouquetière des Innocents — Encore Mlle Jane Essler — Mme Marie Laurent — À propos de la claque — Un joli mot de M. Nestor Roqueplan

II
Le nouveau théâtre des Délassements-Comiques — Le jeune R… et Mlle Alice *** — Un Monsieur qui veut — Une Dame qui ne veut pas — Du danger de laisser pénétrer un joli garçon dans sa chambre à coucher — Les deux Paires de bretelles de M. Édouard Brisebarre — Une lettre de M. Brisebarre — M. de Chilly et le nuage inquiétant — Le départ du boulevard du Temple — Bobèche et sa sœur — Mlle Dinah-Félix à la Comédie-Française — Une Semaine à Londres — Les actrices pour rire — M. Dumas fils et les amis de son Père — Antony à la Porte-Saint-Martin — On ne résiste pas à Dumaine — Mort du duc Pasquier — M. Commerson — George Sand et l’Académie — Mort de Mme Home — Si l’on décorait Paul de Kock — Vingt millions le Grand-Hôtel — Les Misérables à l’Ambigu-Comique — Les amants de Mlle Mars — Cambronne — M. Clairville — La garde meurt et ne se rend pas ! — Les déménagements du terme de juillet — M. Jules Lecomte — M. Jules Janin — M. de Villemesant — M. Arsène Houssaye

III
Le duc Pasquier est mort ! vive le duc de Morny ! — Un mot de M. Mocquard — Le duc de Morny et la Dame aux Camelias — Une nouvelle photographie — La ressemblance par à peu près — Alexandre Dumas et son bottier — La France — M. Fiorentino et Mme Alboni — Les mariages d’aujourd’hui — Le photographe théâtral du dix-neuvième siècle — Mlle Philippe — Mlle Lia-Félix — M. Bocage — Danaé et sa bonne — Pourquoi Mlle de Ribeaucourt aime mieux jouer avec Mlle Chrétienno qu’avec Mlle Schneider — Léo Lespès et le Journal des abus — La Silhouette — Les trois Mousquetaires — Jules Noriac — Aurélien Scholl — Charles de Courcy — Le banquier X… et Mlle M…, du Palais-Royal — Un faisan de trois mille francs — Arthur ! — Les Mystères du Temple — Une lettre de M. Théodore Barrière — Une lettre de M. Victor Séjour — L’origine des Faux Bonshommes et celle du Fils de la Nuit — Un ballet à l’Ambigu-Comique — Un tête-à-tête au café Anglais — Une glace… dans une armoire — Frédérick-Lemaitre dans les Saltimbanques — Souvenirs et regrets — Un génie qui se trompe

IV
M. Victorien Sardou décoré par les Ganaches — La Malle de Lise, aux Délassements-Comiques — La chanson des amours — Bocage est mort ! — Buridan, garçon épicier — Bocage refusé à Bobino — La Tour de Nesle à Belleville — MM. Gustave Bourdin, Jean Rousseau et le petit père Legendre — Le bagne des théâtres — La modestie des grands artistes — Une matelote de M. d’Ennery — Le théâtre des Arts-et-Métiers — Le Château de Pontalec — La comtesse Mimi — La beauté de Mlles Blanche Pierson, Céline Montaland et Léonie Leblanc — Brune et blonde — Un ange de Breda-Square — Qu’est-ce que M. Amat pourrait bien faire de la main de M. Alexandre Dumas ? — Des yeux de cinq cents francs — Les Fous — M. Édouard Plouvier — Le livre du bon Dieu — Dédain de Mlle L… pour une demoiselle qui a des relations avec des acteurs et des journalistes — Comment on aime au Vaudeville — Une lettre de Mlle Déjazet — La Chatte merveilleuse — Les actrices qui pourraient jouer le rôle de la fée Minette — Origine du mot Pataquès

V
La maison César, Dupiton et Cie — M. Émile Perrin — M. Léon Achard dans la Dame Blanche — Mlle Cico — Les Ivresses, de MM. Théodore Barrière et Lambert Thiboust — Mlle Fargueil et M. Félix — La reine Crinoline ! — M. Hippolyte Cogniard — La veine de M. Théodore de Banville — M. Léon Sari — Un mot… et je finis — La correspondance de M. Victor Hugo — Une lettre de l’auteur des Misérables à Mlle Schneider — M. Varney — Mme Ugalde, dans Orphée aux Enfers — Un bienfait n’est jamais perdu — Le comité des artistes dramatiques vote une soupière en vermeil à Mlle Léonie Leblanc — M. Alfred de Vigny qui fait sa tête — M. Amédée de Jallais qui ne la fait pas — Le lion du jour —M. Sardou — Le sort en est jeté — Le drame et Mlle Pauline Cico — Les fausses prêtresses de la gaudriole — Mlle ***, des Variétés — Tous les amis du journaliste P… disent que c’est une adorable maîtresse

VI
Charles Monselet a toujours raison — Retour de Mario à l’Opéra — Les 80 000 livres de rente du comte de Candia — Un auteur dramatique qui ferait des pièces pour se faire oublier — Un jeune auteur et une vieille rosse — Mlle X… vend ses meubles — Dites donc : nos meubles — La vogue de Mlle S…, des Bouffes — Mlles Marquet et Schlosser — Mlle S…, du Palais-Royal — La reine du Jockey-Club — Le fils de Giboyer — Mme Plessy imite M. Alexandre Michel — Mlle Fargueil — Mlle Augustine Brohan — Les brebis de Panurge — M. Lafontaine fait la cour à Mlle Victoria — Pas de bienveillance — Balthazar du journal l’Europe — Le style du Siècle — MM. Dormeuil et Cie, obligés de faire représenter MM. Meilhac et Halévy au Champ-de-Mars — Un mot d’actrice — Ton père est claqué — Une femme de chambre à moitié embrassée par Siraudin — Opinion sur Salammbô — M. Sainte-Beuve — L’Empereur au château de Ferrières — M. Eugène Lami — Le Kadish — Une prophétie du baron de Rothschild — La femme de chambre de Mlle T… et le Diogène — La princesse de W…, folle de Siraudin — Il refuse une montre — Paul, je t’aime 

VII
1863 — L’esprit de Mlle Alice Théric — Un mot de Beauvallet — La manière de se faire donner un cheval noir — Une mère qui joue au piquet avec votre cocher — Darthenay — M. Francisque Sarcey et le coup de pied de l’âne — M. Albéric Second — Mlle Léonie Leblanc et M. de Girardin — L’impuissance — Le Figaro-Programme et la suppression des Diables noirs — MM. de la censure — Mariage de M. Lafontaine et de Mlle Victoria — Leur admission à la Comédie-Française — Le bébé de Mlle F…, des Variétés — Un enfant de cinq ans qui dit merci à tous les amis de sa mère — Ce que c’est que les bonnes habitudes — Le banquet Molière — M. Eugène Moreau — M. Latour Saint-Ybars et Mlle Rachel, au bagne de Toulon — Mort d’Horace Vernet — Un meuble de toilette qui a la forme d’un violon — M. Léon Laya est content que M. Wolff soit condamné à mort — Un directeur qui se contente de deux soufflets

VIII
M. Nérée Désarbres quitte l’Opéra — C’est le ventre le plus gracieux que je connaisse — M. Paul Dhormoys — Les artistes qui font recette — M. Samson et M. Mélingue — Don Pasquale — Mlle Patti et M. de Lamartine — Le Chérubin du chant — Les figurants des Italiens — George Sand — M. Sainte-Beuve — Mon coco se déplume — Une dame qui a des oranges sur sa cheminée — Les potirons de Mme Thierret — M. Paul Meurice — Son style — François les-bas-bleus — M. Fiorentino et l’abus des annonces — La suppression des travestis — M. Léon Laya apprend le chinois pour lire l’espagnol — M. Édouard Cadol — La Germaine — Comment le rédacteur en chef du Figaro-Programme venge les injures faites à M. Jules Noriac — Mlle Pierson comédienne — Macbeth — Mlle Karoly — Mlle X… et son chef d’orchestre — L’héritage d’un oncle — Le banquier et l’étudiant — Ernest d’Hervilly — Cinq ans après

IX
Les espérances de l’année 1863 — La retraite de M. Samson — M. Bressant — Almaviva en perruque grise — Une vieille ganache — Un grand génie — Frédérick-Lemaitre — Le drame de M. Sauvage seul — Mon château au bord du lac de Côme — M. Peragallo et l’aimable Mme Porcher — Les témoins du mariage de M. Lafontaine et de Mlle Victoria — Ra, ta, plan, plan, tra, tra, tra, tra — Soldats, je suis content de vous — Marengo — Le général Hostein — Un jeune journaliste et une actrice des Variétés — Le Mariage d’Olympe — Un chef-d’œuvre désagréable — La belle Gabrielle — La jolie Pagette — La Mule de Pédro — M. Victor Massé — M. Faure — Mme Gueymard-Lauters — Le fond de Giboyer — Les Noces du diable — L’intérieur des Délassements-Comiques — L’affaire Garcia-Calzado — La belle Julia Barucci — Un ténor malgré lui — Les trois hommes rouges — Guillaume Tell et la chanson du Pied qui r’mue — M. Alphonse Royer — M. Villaret — M. Albéric Second à la Nation — Un miroir à quoi ?

X
Horrible nouvelle — M. Prudhomme et Don Juan de Marana — Les soucis de M. Marc-Fournier — Sa biographie directoriale — Louis XIV — Le duel à la fantaisie — M. Hostein — Une caisse de danseuses — Ah ! que Venise est belle ! — Mlle Périga — Mlle Suzanne Lagier — Crockett et Crockbête — Mlle Lucile Durand et la belle Polonaise — M. Hyacinthe et la queue de Mlle Théric — La pension de MM. Frédérick-Lemaitre, Ferville et Victor Massé — Le maëstro Offenbach — Un intrigant, âgé de huit jours, qui prend M. de Morny pour parrain — Le chagrin d’un veuf — Cartouche et César Borgia sont des séraphins auprès de moi — Au viol ! à l’assassin ! — Bataille d’amour — Mlle Aguillon dans Mlle de Belle-Isle — Les métamorphoses de l’amour — Un vers d’Alfred de Musset — Parler d’amour, dit-on, c’est faire l’amour — Un Homme de rien — Richard Shéridan et Richard d’Arlington — Les frères Bichonnet et Arnal — Le Nain Jaune — Charles VII chez ses grands vassaux — M. d’Ennery et son confrère Molière

XI
Une histoire du maréchal de Castellane — Les courses du bois de Boulogne — Dialogues entre Mlles Turlurette, Pichenette, etc., etc — La voiture à roues d’argent de Mlle Tautin — Un comte qui tombe foudroyé en entendant annoncer les frères Lyonnet — La Dame aux Camelias aux Folies-Dramatiques — Mlle Duverger et Marguerite — L’unique jeune premier de Paris — M. Laferrière — MM. Augier et Samson marchands de toile — L’oiseau fait son nid — L’arrivée de Mlle Gervais à Paris — Mme Thierret qui ressemble à Mlle Théric — Une femme d’esprit — Mlle Alice Ozy — Maman s’appelle Mlle K… des Variétés — Voltaire, rédacteur du Nain Jaune — Louis XI — Mlle Chose répète avec M. Machin — Où peut conduire l’amour — Les Pilules du Diable — Une actrice qui n’a pas besoin de perruque pour jouer le Cheveu blanc — Darcier table — Zampa — M. Montaubry — Mlle Zoé Bélia — Papa n’a pas de chance — M. de Leuven est-il content ? — Le polichinelle du bon Dieu

XII
Lettres à M. Henri de Pène — La Gazette des Étrangers — Un guide charmant — Le Roi des Belges et M. Pastelot — Hé ! l’enflé ! — M. le duc de Gramont-Caderousse — Jules Prével et Émile Abraham — Quand on a ses nerfs — M. Charles Narrey — Mlle Philippe et l’éventail de Madeleine Brohan — Lischen et Fritzchen — MM. Briguiboul, Paul Boisselot, Jacques Offenbach et Mlle Zulma Bouffar — Nassau — Coblentz — Le pont de bateaux du Rhin — Les filets de Brébant — Les chaînes de fleurs — David et Goliath — Une lettre de M. le Procureur Impérial — Devant la police correctionnelle — Me Lachaud — Me Carraby — M. Paul de Cassagnac — Un mois de prison — Le Dépôt de la Préfecture — M. Claude — M. Lerouge — Le moyen d’obtenir un londrès — La voiture cellulaire — Ce que Victor Hugo appelait : le Char de la mort — Vingt jours à Sainte Pélagie — M. Lefébure — M. Paty — Le brigadier Mechin — M. Jules Miot — M. Blanqui — chaleur de l’ombre à Saintc-Pélagie — Le vingt-quatre août

XIII
Le Petit Journal — M. Millaud — Le Figaro-Programme — Mes petits secrets — Polichinelle — Renseignements sur Pierrot, Cassandre, Arlequin et Colombine — M. et Madame Fernel — L’ange du pot-au-feu — Correspondance de Polichinelle et de Mme de Renneville — Mort du carnaval — Comme quoi il est utile de voir trente-six chandelles — Une pensée de Balzac — La littérature de 1830 et celle d’aujourd’hui — Le Roi s’amuse et Peau d’Âne — Mlle Fargueil — Lucrèce Borgia — Mlle Georges — Comment Calino chasse sa bonne — Les Fils de Charles-Quint — M. Victor Séjour — Le séducteur François Ier — Le maréchal d’Artagnan — Les dramaturges historiens — MM. Henri Martin, Thiers et Guizot, vaudevillistes — Du danger de soigner les fous — M. Louis Bouilhet — Marc-Aurèle en bonnet de coton — Faustine et Madame Denis — Sardanapale et Commerson — Couplet au public

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