« Vie à Paris » parue dans Le Temps du 19 octobre 1880 et mise en ligne le huit juin 2026. Temps de lecture : vingt minutes.
Les almanachs de l’an nouveau — Les pornographes — Le nu et le déshabillé — Un livre pour Victor-Emmanuel — Courbet chez M. Gambetta — Claude Tillier — L’affaire Jung — Sarah Bernhardt — Adrien Marie — Le programme d’une soirée d’Offenbach — Joseph-Bernard Rosier — Les Burgraves du Vaudeville — Notes
Les almanachs de l’an nouveau
Pour les almanachs voir aussi la « Chronique de Paris » parue dans Le Temps du 25 décembre 1871.
Tout pressé de vivre, affolé d’avenir, brûlant l’existence, l’homme moderne a trouvé le moyen de manger tous ses fruits avant qu’ils ne fussent mûrs et d’avancer l’aiguille sur le cadran du temps. Il trouve toujours que l’horloge retarde, et c’est trois mois à l’avance qu’il feuillette les almanachs de l’an prochain pour leur demander ce qu’ils contiennent d’espérances. Une année a trois mois encore à vivre, et déjà les calendriers de l’année qui doit l’enterrer montrent leurs dates et leurs fioritures, leur papier glacé, leurs petites faveurs roses ; c’est à donner envie d’avoir tout de suite un an de plus.
Et les voici, les almanachs, rouges, verts, jaunes, blancs, bleus, multicolores ; les voici avec leurs caricatures, leurs anecdotes, leurs recettes culinaires, leurs prophéties leurs souvenirs, leurs vieilles images et leurs anas plus vieux encore. Ils arrivent « devant que les feuilles d’automne soient tombées », et ils promettent pour l’an futur à ces grands enfants, qui sont les hommes, des éclipses pour les amuser et du beau temps pour les consoler. Tout est charmant dans une année à naître et dans un almanach encore vierge.
C’est par centaines, au surplus, que ces almanachs se publient. Almanachs politiques, almanachs littéraires, almanachs religieux, almanachs comiques, almanachs enfantins, almanachs pittoresques, le vieil Almanach de la Mère Gigogne1, divertissant les petits, tandis que tant d’autres apprennent bien des choses aux grands. Il ne faut point dédaigner l’almanach : c’est le livre de ceux qui n’ont pas de livres et l’encyclopédie de ceux qui n’ont pas de bibliothèque. Le cabinet de l’amateur a l’elzevier2 précieux, la chaumière du paysan a l’almanach imprimé avec des têtes de clous3 ; mais du livre rare ou du cahier de papier mêlé de paille, c’est l’humble almanach qui se lit le plus et qui est peut-être le plus aimé. Il est le compagnon de toujours, le vieil ami des veillées d’hiver ; l’autre est comme un camarade de vie luxueuse avec qui l’on est fier de se montrer, un ami de parure et de parade.
On ne saura jamais quelle est l’irrésistible puissance de ces ballots d’almanachs sortis, à travers les campagnes, du ballot de toile du colporteur. Cette littérature populaire, qui est aux lettres ce que l’imagerie d’Épinal est à la peinture, a plus fait, jadis, pour l’empire, que les récits de Marco Saint-Hilaire4 et les chansons de Béranger5. Elle fera plus peut-être pour un gouvernement libre que les harangues des orateurs et les propagandes des députés.
Il nous en manque un, d’ailleurs, de tous ces vieux almanachs de France qui sont la récréation et souvent l’instruction du paysan français. Il nous manque cet humble et centenaire almanach d’Alsace qui nous arrivait jadis, aussi gros que ce double ou triple Almanach Liégeois dont la couverture bleue porte l’image d’un astrologue en chapeau pointu interrogeant les astres ; il nous manque ce Messager boiteux6 qui venait de Strasbourg, clopin-clopant, avec son grand chapeau, sa veste du temps passé et son long bâton de voyage. Guêtré, sanglé, marchant sans cesse, allant partout, à travers les houblonnières ou les chemins de schlitteurs7, le Messager strasbourgeois apprenait aux bonnes gens un tas de choses étonnantes, les fêtes mobiles et les Quatre-Temps8, le commencement des saisons, les phénomènes de l’année, l’arrivée de la lune rousse9, et combien d’années s’étaient écoulées depuis la création de l’homme selon la chronologie vulgaire, la fondation de Rome, la naissance de Jésus-Christ ou l’hégire de Mahomet ! C’était comme un vieil aïeul un peu bavard, un peu rabâcheur, mais dont on écoutait toujours, avec une sorte de respect souriant, les anciennes histoires, un de ces aïeux au menton rasé de frais dont les joues sont bonnes à embrasser. Pauvre vieux Messager boiteux de Strasbourg ! Il continue toujours, comme un facteur rural, sa tournée annuelle à travers les campagnes d’Alsace. Il frappe de son bâton à la porte des fermes, il s’arrête à la grille des châteaux. On entend, par les chemins, le bruit de sa jambe de bois. Il glisse un peu partout ses feuillets de papier de pacotille qui rappelle les bouquins de la Bibliothèque bleue10 et les livres à peine lisibles jadis imprimés à Troyes11. Il est le Juif-Errant de la littérature populaire, et, de temps à autre, par habitude, le vieux messager jette un coup d’œil du côté de la France. Puis, clopin-clopant, il continue sa marche. Laissez passer le Messager boiteux !
Les pornographes
Ah ! que cette humble littérature populaire, accessible à tous, aux esprits simples, console de cette littérature fétide qui s’est mise à infecter Paris — et avec Paris les villes de province — durant tout un été !
Vraiment il se faisait grand temps qu’on prit contre cette autre espèce d’intoxication des mesures d’assainissement. C’était plus qu’une question de morale, c’était une question de voirie. Les débitants de ces prospectus de romans ignobles jetaient, par poignées, dans les voitures qui passaient, le programme du « nouveau feuilleton » — et l’auteur osait ainsi annoncer lui-même son œuvre inédite : « Tout le monde voudra lire cette nouvelle œuvre pornographique dont l’intérêt ne se dément pas un seul instant. C’est une étude de mœurs naturalistes prise sur le vif et traitée de main de Maître. »
Pornographique devenait une recommandation, un titre, un adjectif glorieux, un programme, une école ! Voilà où nous en sommes, où nous en étions, où nous en serions si la critique n’avait protesté et si l’autorité n’avait agit ! Quoi ! le journalisme des Fonfrède12 et des Carrel13, ce journalisme pour l’honneur de qui quelques-uns sont morts, devenait peu à peu cette sentine dont on vivait, spéculant sur les curiosités basses, les luxures ignobles et, comme ils osaient le dire, les passions boiteuses d’une foule !
Et ce n’était pas tout, cela ne leur semblait pas suffisant à ces étranges gens de plume qui étalaient, comme un titre de gloire, les gros numéros des tirages que leur procurait chaque procès nouveau ! Ils allaient faire mieux. Après avoir déshonoré l’encrier, ils allaient déshonorer la tribune. Ils annonçaient, pour le dimanche 17 octobre, une Matinée littéraire et musicale aux Folies-Bergère, une matinée avec concert, tombola, galop final, le tout précédé d’une conférence ! Une conférence où se serait étalée, sans doute, la théorie cynique du succès quand même et de l’exploitation de la vilenie humaine par des dessinateurs sans talent et des écrivains sans orthographe !
Le commissaire de police, pareil à un matassin14 de Molière, est soudain venu calmer par une autre espèce de douches ces accès de priapisme. M. de Sade eut aussi des démêlés semblables avec les alguazils15 de son temps.
Le nu et le déshabillé
Je sais bien qu’on va crier : Et la liberté ? — La liberté de penser et d’écrire n’est point la liberté de courir tout nu dans la rue. Encore la nudité serait-elle plus décente que ces ignobles sous-entendus et ce décolletage effronté !
C’est précisément parce que nous réclamons tous l’absolue liberté pour l’homme d’exprimer ses idées, de les proclamer et de les défendre, qu’on ne peut admettre ce libertinage grossier de la plume et du crayon qui fait ressembler notre Paris à un Musée Secret étalé à la devanture des boutiques, à la vitrine de tous les kiosques.
— Nos pères, diront-ils, nos pères étaient moins prudes que vous, et nos pères nous valaient bien !
Croyez-vous ?
On a tôt fait de prendre Rabelais, et Régnier16, et Montaigne, et La Fontaine pour complices, et même Bossuet avec eux, sans doute par ce qu’il a parlé quelque part des hennissements de la passion, on a tôt fait de citer les Contes Rémois de M. de Chevigné17 et les Contes drôlatiques de Balzac ! Indépendamment de la valeur cérébrale et artistique, qui est tout un en pareil cas, Rabelais, la Fontaine, Balzac, ne s’adressaient pas aux bas appétits du passant. Ils restaient dans la bibliothèque ; ils ne s’étalaient pas sur le trottoir. La fameuse édition des Fermiers généraux de La Popelinière17b caressait peut-être le goût égrillard de quelques-uns. Mais elle était encore quelque chose d’artistique, d’aimable et de bien français. Le fripon d’un dessin d’Eisen18 ou d’une vignette de Moreau n’a rien à démêler avec l’ordure d’une photographie colportée, le soir, sous le manteau ou sous la blouse, et surtout avec ces imageries vulgairement bestiales qu’on appendait, encore hier, comme à l’étal, à la porte de quelques librairies.
Les fantaisies érotiques des blasés de la fin du dix-huitième siècle ne sortaient point d’ailleurs d’un certain monde, peu nombreux en somme, et la bourgeoisie lisait l’Encyclopédie, tandis que le high life d’alors relisait M. de Laclos. Aujourd’hui, le journal étant — à tort ou à raison — le grand agent de diffusion, de lecture, de vie intellectuelle, ne peut avoir certaines crudités qu’on ne tolérerait point chez un passant ivre. Qu’eût répondu un père passant au bras de sa fille et à qui un monsieur quelconque eût crié dans l’oreille un titre obscène ?
Ce père eût souffleté le malappris et levé sa canne sur le drôle.
Or, ils étaient cent, ils étaient mille de ces colporteurs de placards de l’école pornographique qui cornaient aux oreilles des gens :
Achetez ou lisez le Journal des…
Quoi ? Inutile de donner ici le titre de semblables ordures.
Un livre pour Victor-Emmanuel
Avons-nous, en si peu d’années, fait tant de chemin que la « littérature » pornographique soit devenue une industrie, alors qu’il y a dix-huit ou vingt ans elle envoyait à Bruxelles, comme Poulet-Malassis19, les libraires qui s’en occupaient d’un peu trop près, et simplement, ceux-là, à, titre d’érudits et de curieux ?
cette époque, un roi fort connu, un roi vert-galant — et pourquoi ne point le nommer, puisque ce que nous racontons ici est de l’histoire ? — Victor-Emmanuel20 faisait demander à un écrivain français un roman un peu vif qui pût le distraire un moment, durant ces longues parties de chasse à l’isard qu’il faisait très hardiment, presque seul, mangeant un peu de fromage sur le pouce, au haut des Alpes.
Était-ce le roi lui-même ou un libraire ami du roi et voulant faire une bonne spéculation qui avait eu l’idée de commander à quelqu’un un roman léger ? Sur ce point, je ne saurais être absolument affirmatif. Mais il arriva qu’on s’adressa à un esprit très fin, à un gourmet des libretti badins du temps passé, M. Charles Monselet21.
On lui offrit une somme fort ronde pour écrire, en lui promettant le secret le plus absolu, un roman court-vêtu qu’on ferait illustrer par un peintre aimable, Hamon22 ou Voillemot23. Ni Voillemot ni Hamon n’étaient prévenus.
Le livre serait tiré à un nombre infiniment petit d’exemplaires qui iraient dormir dans l’enfer de quelques rares bibliothèques. Ou même il serait présenté à Victor-Emmanuel à l’état de manuscrit.
Charles Monselet refusa.
Il eût pu faire ce qu’avait fait Vivant Denon24, ce qu’avait fait Jouy25, ce que, dit-on, a fait Musset, mais je n’en crois rien.
Il refusa.
Ce fin lettré n’était cependant pas riche, mais il tenait, avant de le toucher, à flairer l’argent, — comme un poisson frais — pour voir s’il avait de l’odeur.
Pour la somme qu’on offrait à Monselet, en lui demandant quelques pages, les gens d’aujourd’hui — ou d’hier — eussent écrit, à tour de bras, toute une bibliothèque.
Courbet chez M. Gambetta
Gustave Courbet, on s’en souvient, avait mis dans la galerie de Khalil-Bey un ou deux morceaux assez libres et qu’il n’avait pas hésité à signer.
— On peint bien des anges nus, disait-il, et cependant qui a jamais vu des anges, je vous le demande ? Qu’est-ce que j’ai fait après tout ? Du nu. Voilà tout. Le nu n’est jamais indécent.
— Oui, mais c’est le déshabillé qui l’est, répondit un ami, et tu as déshabillé ta peinture !
Le trait eût pu servir d’anecdote à M. Sarcey dans sa vigoureuse conférence de l’autre soir26. Ce Courbet est et sera d’ailleurs un puits de semblables menus récits. M. Gambetta, qui a toujours fort goûté la peinture, lui avait acheté jadis un de ses premiers tableaux, une étude d’homme, je crois.
Un jour, vers 1869, que Courbet déjeunait chez le futur président, le peintre s’arrêta, comme frappé d’admiration devant cette toile d’autrefois.
— C’est superbe ! lui dit M. Gambetta. Il n’y a pas de jour que je ne regarde cela avec passion !
Courbet eut un hochement de tête extraordinaire :
— Si c’est superbe ! fit-il. Je crois bien ! C’est étonnant !
Et soulignant du geste la fin de sa phrase :
— C’est-à-dire que ni Velasquez, ni Titien, ni Rembrandt — ni moi-même — personne ne pourrait refaire cela !
— « Ni moi-même ! » Ils sont heureux ceux qui peuvent passer, à travers la vie, avec cette confiance victorieuse !
Claude Tillier
Je doute que ce Claude Tillier27, dont on vient d’inaugurer le buste, en Nivernais, eût jamais en ses propres forces une telle foi triomphante. Ce que c’est que la gloire ! Claude Tillier est un de nos écrivains modernes les plus puissants, un linguiste achevé, un tempérament original, un artiste singulièrement pittoresque ; et hors de son pays, où il est peut-être prophète, nul ne s’est soucié de savoir quel était cet homme qu’on fêtait, là-bas, après trente ans passés sur sa mort.
J’ai même lu dans un journal une dépêche étonnée parlant de la stupéfaction que faisait éprouver à d’aucuns cette cérémonie en l’honneur d’un illustre inconnu.
Je sais bien que les écrits de Claude Tillier ne sont pas des plus populaires. Ce Courier28 artisan, ce Paul-Louis du peuple, qui ne prenait pas la qualification factice de vigneron, mais qui, bel et bien, était menuisier de son état, n’est point une gloire classique, et les universitaires qui citent peut-être encore (ce que j’ignore) les pamphlets de Timon29 ne parlent jamais des pamphlets de Tillier, qui ont cependant une autre sève, un autre suc, une autre force que ceux de M. de Cormenin.
Le pamphlet de Cormenin, c’est le vin de dessert, capiteux et pétillant, spirituel, montant au cerveau, piquant et léger. Le pamphlet de Claude Tillier, c’est le vin généreux de France, le bon vin pur de la vigne, aux grappes mûries du soleil, en pleins champs. On devrait donner certaines pages de Tillier comme modèle de style viril, pittoresque et fort. Mais on ignore Tillier. Les quatre volumes qu’il a laissés — trois volumes d’écrits politiques et un volume de roman, Mon oncle Benjamin, — ne se trouvent que dans la bibliothèque des curieux, et, entre tous ces journalistes qui ont le rude pamphlétaire nivernais pour ancêtre, un seul s’est occupé de lui, et encore est-ce un délicat que le rôle politique de Tillier devrait toucher moins que d’autres : c’est Monselet, dont je parlais précisément tout à l’heure.
Les gens de Nevers sont moins oublieux. Ils ont dressé l’image de l’ouvrier écrivain sur la place publique de sa ville natale. C’est M. Félix Pyat30 qui, jadis, lorsqu’on publia les Œuvres posthumes de Tillier, écrivit la préface et raconta la vie du pamphlétaire. Le pauvre artisan eût été bien fier si on lui eût dit qu’un des auteurs alors à la mode lui servirait un jour d’introducteur auprès des gens qui lisent. Claude Tillier aujourd’hui accepterait-il le parrainage de Félix Pyat ?
Un drame de la vie réelle : l’affaire Jung
J’avoue d’ailleurs que l’inauguration d’un buste dans un coin de notre France est moins faite pour passionner les gens que, par exemple, un procès aussi dramatique et plein de révélations aussi extraordinaires que l’affaire de M. le lieutenant-colonel Jung31. Balzac, avant de mourir, avait tracé tout un tableau des romans qu’il avait à écrire. Les Scènes de la vie militaire, auxquelles il avait jusqu’alors peu touché, faisaient partie de ses livres futurs. Il voulait montrer le soldat en campagne, le soldat à la caserne, la vie de province, la bataille. C’eût été fort puissant, évidemment ; mais je doute que l’auteur de la Comédie humaine eût trouvé sujet plus poignant et plus imprévu que l’histoire de cette Mme Marneffe32 allemande.
Quel drame ! Un officier patriote ayant pour femme une étrangère qui notoirement trahit la patrie, et cette femme ayant pour amant le chef suprême de ce soldat ! Je ne connais pas, ni au théâtre, ni dans le roman, de situation plus émouvante. La vie a de ces inventions qui nous dépassent et nous dépasseront toujours, et le plus grand « collectionneur de documents humains » sera toujours le greffier d’un tribunal.
M. Jung est sorti fièrement d’un procès où le scandale n’a point rejailli sur lui. L’historien avait, je pense, attiré sur l’officier plus d’une inimitié qui s’est tournée en calomnie. Grâce aux débats publics, la vérité est faite, et la conscience de l’armée est délivrée d’un grand poids étouffant : il n’y a point de traître dans ses rangs.
Sarah Bernhardt
On n’a parlé que de ce drame et il était tout naturel qu’on ne s’entretint que d’une semblable affaire, si mystérieuse et si irritante. Une exposition de tableaux, fût-elle aussi intéressante, par exemple, que celle de M Adrien Marie33, au boulevard des Italiens, passionnera certes moins l’opinion que telle ou telle cause célèbre. Je ne vois guère que Mlle Sarah Bernhardt qui ait surexcité aussi vivement l’attention !
Vous partez ? Eh bien ! bon voyage,
La belle enfant, croyez-vous pas
Emporter mon cœur à vos pas,
Attaché comme un coquillage ?
Ainsi chante Louis Bouilhet à une infidèle qui s’en va. Le poète prend lestement parti de cette fugue. La foule ici en fait autant.
Elle est partie, emportant des chapeaux peints à la gouache, ses armoiries, son chiffre et ses camélias exécutés à l’aquarelle sur la jupe de ses robes et les rubans de ses coiffures.
Elle est partie, enfouissant dans ses malles une importante collection de sculptures à vendre au plus injuste prix et un stock assez remarquable de petits encriers représentant un sphinx, qui ressemble à Sarah, tenant entre ses griffes une tête de mort, qui ressemble encore à Mlle Bernhardt, et cet encrier portant sa marque de fabrique — patented inkstand — va faire évidemment fureur, va faire prime chez les Yankees.

L’encrier de Sarah Bernhardt, dit Autoportrait en chimère. Estimation ; 10 000 €uros »
Elle est partie, absorbant encore l’attention des snobs et les réclames des reporters dans le froufrou de sa robe de voyage.
On a fait des reproches à la mer, cette impudente mer, bonne à fouetter comme sous Xerxès, cette mer insolente qui se permet d’être un peu houleuse sous un ciel d’octobre un peu gris, quand elle a l’honneur de porter Sarah, ses encriers, sa toilette et sa fortune ! Elle est partie, bien partie, et ce public qui casse si joliment ses petites et grandes idoles, ne se soucierait pas plus dans huit jours, de sa comédienne que si elle n’avait jamais existé — n’était le télégraphe, et le téléphone, et le photophone, et toutes les inventions nouvelles de M. Edison, qui n’ont pas été imaginées pour autre chose que pour transmettre à l’ancien monde les impressions de voyage de Sarah Bernhardt à travers le nouveau. Il y a dans le Spectateur d’Addison34 un chapitre exquis sur les idoles. L’idolâtrie de la femme à la mode a toujours existé, au dix-huitième siècle comme au dix-neuvième, à Hyde-Park comme à l’avenue de Villiers. Addison déclare que l’idole ne devrait jamais vieillir, car, décrépite, on la dédaigne. J’ajoute qu’elle ne devrait jamais s’éloigner, car, absente, on l’oublie.
Mais quoi ! oubliera-t-on jamais Sarah ? Le public, après tout, est moins inquiet qu’on ne veut bien le dire et il me paraît parfois même aussi bon enfant que Cadet Roussel35. Tant d’intrépidité dans la réclame, de crânerie dans le puffisme, de tapage sur un seul nom, aurait dû l’irriter et le harasser depuis longtemps. À trop tirer sur la corde, elle casse, dit-on. Eh bien, point du tout. La corde n’a pas cassé ! Sarah Bernhardt reviendra bombardée d’excentricités, accablée sous les bizarreries américaines, assourdie par les hurrahs de pacotille, et elle reviendra pour retrouver le public parisien aussi affolé, éperdu, dompté, charmé, amoureux, toqué, comme dirait Gavarni, que si la chercheuse d’aventures qui parlait d’aller chasser le tigre aux Indes et qui préfère tout simplement chasser le dollar aux États-Unis ne s’était pas moquée de lui le plus superbement et le plus nettement du monde.
Adrien Marie

Illustration d’Adrien Marie pour la nouvelle de Jules Vernes (1855) : Un hivernage dans les glaces (réédition Hetzel de 1874)
M. Adrien Marie est, tout au contraire de sa confrère en peinture, un artiste de talent arrivé au succès sans nul tapage, doucement, mais sûrement, comme les timides. Il expose, boulevard des Italiens, une soixantaine de peintures et une trentaine d’aquarelles qui ne sentent pas, au surplus, la timidité. Il y a là des tableaux vénitiens et des coins de Londres, d’une coloration superbe. Les rues de Morlaix, les Bretons de Plougastel, les remparts de Guérande, ont fourni à M. Adrien Marie des sujets aussi pittoresques, aussi chauds de ton et brûlés du soleil que la Tour penchée de Pise ou le Capitole de Rome. Et, dans ces aquarelles, quelle joie des yeux que ses Glaïeuls, son Rosier blanc, son Enfant endormi !
Il y a là aussi un bien joli projet de rideau pour un théâtre. Puis des portraits d’acteurs : Coquelin, Mounet-Sully et — parbleu ! — Sarah Bernhardt.
Je me disais aussi : Il y a bien longtemps qu’on n’a exposé son portrait et qu’on n’a parlé d’elle !
Une soirée d’Offenbach
On parle encore d’Offenbach36. On en parlera longtemps. Il fut un type en art. Tous ses anciens collaborateurs souscrivent pour payer le marbre de son buste, ce qui ne leur coûtera que quelques maravédis, soit dit entre nous, car ils sont nombreux, Dieu merci, ceux qui survivent aux premières folles et amusantes soirées que donnait jadis Offenbach. Je retrouve parmi de vieilles gravures d’antan le programme amusant d’une représentation théâtrale donnée chez Offenbach, il y a quelque vingt-deux ans. Le crayon de Stop37 a dessiné là tous les acteurs improvisés de cette inénarrable parodie du Trovatore qui s’appelait : l’Enfant Trouvère ou la prise de Castelnaudary, drame lyrique en cinq actes, traduction libre (pas de Pas de Cini mais d’un autre). Décors de Cambon, Gustave Doré, Charles Marchal et Nadard. Mise en scène de Royer-Collard et Gustave Wasa. Alphonse Royer ! Gustave Vaez38 ! Des oubliés, ceux-là.

Ils sont tous là, jeunes, les uns encore imberbes, les autres avec des cheveux, n’ayant pas trente ans encore, ceux qui sont aujourd’hui barbus ou chauves et qui ont dépassé quarante ans et même atteint la cinquantaine : Edmond About39, tout frisé ; Gustave Doré, portant des favoris ; Ludovic Halévy, jeune, élégant, la moustache en croc ; Léo Delibes, la lèvre vierge de duvet, élancé comme un collégien ; les deux Crémieux, Hector et Émile, unis comme les frères siamois ; Adrien Decourcelle et Émile Jonas, chevelus comme des Mérovingiens que viserait déjà la calvitie. Je ne parle point des morts : Léon Battu, dont le pâle visage de phtisique apparaît, attristé sous la drôlerie de la caricature ; Georges Bizet, gros et gras, le sourire fin, sans barbe, jouant du piano ; Paul Blaquière, qui écrivit la musique des chansons de Thérésa40 ; et Offenbach lui-même, son pince-nez devant les yeux, faisant danser au ronflement du violoncelle, les personnages de l’opéra de Verdi.
C’est tout un moment de la vie de Paris, c’est un coin de notre société et comme une génération spéciale qui revivent dans ce carré de papier bristol, si joliment illustré, et qui sera — et qui est déjà — une curiosité aussi recherchée que les invitations gravées jadis par les vignettistes du siècle dernier.
Dans cette représentation macaronique, l’auteur de Croquefer41, prenant sur l’affiche le nom de Jacomo Offembacchio, parodiait l’auteur du Trouvère, et c’est lui qui jouait Moricaud — ou Manrique. Edmond About — Edmundo Abuti — jouait le bourreau ; Ludovico Halévy représentait un page. Léo Delibes, Tréfeu, Duprat°, figuraient les chœurs. Le régisseur, c’était Mestépès, le machiniste Gustave Doré, le souffleur Charles Narrey.
« Le piano-forte, disait le programme, sera mené par le maestro Bizetto. Le grand Maître de la claque est M. Leone Battucci. L’orchestre, composé de un musicien, sera conduit par le maestro Gevaërte. Il y aura une exhibition de la Ménagerie par le signor Carjatto (Carjat). Pendant le bal on exécutera la basse-cour. »
Ah ! les gaietés — ironiques aujourd’hui — des années de jeunesse ! Elle est finie, la musique entraînante du violoncelle. Tous ces souvenirs joyeux qu’évoquent un feuillet de papier et trois coups de crayon, tournoient comme ces feuilles jaunes d’à présent qu’on voit, dans le jardin, former des rondes bizarres au triste vent d’automne !
Joseph-Bernard Rosier
Et, chose narquoise, c’est souvent par la seule caricature que l’homme dure. C’est une charge qui lui survit. De ce Rosier42, qui fit quarante pièces de théâtre, des drames, dont un chef-d’œuvre, le Manoir de Montlouvier43 ; des vaudevilles, dont deux exquis, Croque-poule et la Mansarde du crime44 — deux triomphes pour Arnal45 — et des comédies, dont une charmante, Brutus, lâche César46 ! — un sourire sous la Terreur — de cet homme de talent qui fut un honnête homme, aucune image ne resterait peut-être si un caricaturiste du temps passé, Benjamin Roubaud, ne l’avait placé dans cette fameuse lithographie, le Défilé pour la Postérité47, où Victor Hugo vient en tête, porté par l’hippogriffe, et où Rosier, élégant, maigre, boutonné dans sa lévite polonaise, le cou serré dans un col énorme, les cheveux longs sous un chapeau à larges bords, la moustache petite et le profil très fin, marche devant le petit père Duvert et le petit Michel Masson, sautillant et souriant.

Joseph-Bernard Rosier est, dans la partie droite, le premier personnage, en bleu, derrière le petit train vert, conduit par Eugène Scribe
Les Burgraves du Vaudeville
Lorsqu’il s’agit, à la Société des auteurs dramatiques, de donner des pensions aux plus âgés, M. Rosier fit valoir ses droits. Son acte de naissance datait de 1805. Soixante-quinze ans, c’est, après tout, un joli chiffre. Puis un oublié de talent, M. Hippolyte Auger, l’auteur de la Physiologie du théâtre48 et de plus d’un drame applaudi, envoya son acte de naissance : 1797. Quatre-vingt-trois ans ! Et M. Hippolyte Auger, retiré dans le Midi, comme Rosier, écrit, là-bas, ses Mémoires et Souvenirs49 . Puis, tout à coup, M. Dupin50 vint réclamer et nous dire son âge : 1791. Quatre-vingt-neuf ans !
Ces trois hommes se trouvaient être nos trois doyens.
— Est-ce drôle, tout de même, la vie ! dit alors M. Dupin, toujours souriant. Me voilà, moi, pensionné en même temps que mon cadet, Auger, et que ce jeune homme, M. Rosier !
Et dans quels rocs ils sont taillés, ces burgraves du vaudeville !
Notes
1 Les Almanach de la Mère Gigogne sont parus à partir de 1849. Ils sont édités par Pagnerre, 18 rue de Seine.
2 Durant la seconde partie du XIXe siècle, la collection de la Bibliothèque elzevirienne de Pierre Jannet (1820-1870) a réuni un ensemble original de 185 volumes. Textes rares, curieux, oubliés, parfois inédits, mais d’un grand intérêt, allant du Moyen-Âge au XVIIe siècle. Originaux souvent très altérés et restitués dans leur forme initiale, dans une présentation de qualité réunissant de nombreux inédits et offrant des commentaires érudits. Ce nom provient à l’évidence de la famille de typographes et imprimeurs belges Elzevier, particulièrement active au XVIIe siècle, qui a donné son nom à l’élégante famille de caractères Elzévir à qui appartiennent les Garamond, les Caslon ou encore le plus récent Baskerville, choisi pour les pages de claretie.fr.
3 Jargon d’imprimeur généralement complété par une dépréciation de la qualité du papier ; « sur du papier à chandelle ».
4 Émile Marco de Saint-Hilaire (Émile-Marc Hilaire, 1796-1887), romancier feuilletoniste, a publié, à partir de 1815, un Almanach impérial pour les nostalgiques de l’Empire et les vieux grognards.
5 Pierre-Jean de Béranger (1780-1867), chansonnier.
6 Le Messager boiteux est le nom de plusieurs almanachs régionaux apparus dans la dernière moitié du XVIIe siècle. Certains de ces titres existent encore de nos jours en Alsace ou en Suisse.

7 Le schlitteur est le conducteur de la schlitte, qui, en patois alsacien et vosgien est un grand traîneau à usage agricole ou forestier. Ces traîneaux étaient surtout faits pour descendre des prés ou des chemins en pente. La pente étant parfois forte et les traîneaux lourds. Le schlitteur devait surtout retenir de son dos, le chargement afin d’éviter une trop grande accélération. Des chemins de schlitteur étaient aménagés avec des poutres horizontales grâce auxquelles le conducteur pouvait réguler la vitesse de son chargement, qui avait souvent pour destination la rivière la plus proche.
8 Les Quatre-Temps étaient quatre périodes de trois jours de jeûne et d’abstinence au début de chaque saison (TLFi).
9 La Lune rousse est une période de 28 jours suivant Pâques, pendant laquelle les risques de gelée sont encore forts, surtout si l’on peut voir la Lune briller dans le ciel, la nuit.
10 La Bibliothèque bleue a d’abord été un concept économique d’où les éditeurs étaient absents. Le principe consistait à imprimer au plus bas coût et au plus grand nombre les textes de la littérature traditionnelle du domaine public, concept quasi-inexistant à cette époque.
11 Par Jean Oudot, au début du XVIIe siècle puis ses descendants.
12 Henri Fonfrède (1788-1841).
13 Armand Carrel (1800-1836), Saint-Cyrien, a participé, dans la nuit du 31 décembre 1821, à un complot militaire tentant de renverser les Bourbons afin de proclamer la République.
14 Un matassin est un danseur bouffon dont le costume traditionnel comporte toutes sortes d’attributs clinquants : corselet, casque doré, sonnettes, épée et bouclier (Wiki). Les amateurs de Remy de Gourmont sont familiers du terme qui apparaît dans la première phrase du Joujou patriotisme.
15 Un alguazil est un fonctionnaire de police espagnol subalterne, et à ce titre peu populaire. « Avant de nous quitter, / Dans cette chambre où sont les hommes de police, / Voyez donc si les trois alguazils de service / Sont éveillés. » Hugo, Ruy Blas, acte I, scène I.
16 Jehan Régnier (?1393-?1468).
17 Louis de Chevigné (1793-1876), poète. L’édition de ses Contes rémois a fait l’objet d’une douzaine d’éditions enrichies, entre 1836 et 1877, chez différents éditeurs.
17b (note oubliée). Alexandre Le Riche de La Popelinière (1693-1762), fermier général et collectionneur. À sa mort, sa bibliothèque a dû être expurgée avant qu’en soit établi le catalogue.
18 Charles Eisen (1720-1778), peintre et graveur.

Illustration de Charles Eisen pour le conte de Jean de La Fontaine, Le Diable de Papefiguière
19 Auguste Poulet-Malassis (1825-1878), chartiste, libraire-imprimeur, quatre rue de Buci. En 1867, Auguste Poulet-Malassis et son beau-frère et associé Eugène de Broise (1821-1907) ont été condamnés solidairement avec Charles Baudelaire pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs pour leur publication des Fleurs du Mal en juin 1857. Cinq ans plus tard, Auguste Poulet-Malassis sera condamné pour dettes et incarcéré plusieurs mois. Une fois libéré, l’imprimeur se réfugiera à Bruxelles où il publiera des ouvrages « libres » avec une grande qualité d’exécution.
20 Victor-Emmanuel II (1820-1878), duc de Savoie, premier roi d’Italie en 1861 jusqu’à sa mort.
21 Charles Monselet (1825-1888), homme de lettres, journaliste et critique gastronomique.
22 Jean-Louis Hamon (1821-1874), peintre néo-classique.
23 André Charles Voillemot (1822-1893).
24 Vivant Denon (1747-1825) graveur et historien de l’art, est surtout connu de nos jours pour avoir accompagné Napoléon Bonaparte lors de la campagne d’Égypte et pour avoir ensuite été nommé directeur des musées. Une aile du Louvre porte son nom. Jules Claretie évoque ici sa nouvelle Point de lendemain (1877), qui est le récit de l’initiation d’un jeune homme par une femme davantage au fait des mœurs de son temps.
25 Étienne de Jouy (Joseph Étienne, 1764-1846), auteur dramatique et auteur de quelques livrets sauvés par la musique. Jules Claretie évoque La Galerie des femmes, « collection incomplète de huit tableaux recueillis par un amateur », paru à Hambourg en 1799 sans nom d’auteur.
26 Le 14 octobre dernier, dans la salle de conférences du 39 boulevard des Capucines Francisque Sarcey, titulaire de la chronique des « Théâtres » du Temps, a prononcé, à vingt heures trente, une conférence sur la littérature pornographique. Voir le Gil Blas du seize, page deux, presque toute la colonne cinq.
27 Claude Tillier (1801-1844), mort à 43 ans, instituteur, romancier et pamphlétaire est surtout connu de nos jours pour son roman Mon oncle Benjamin paru un an avant sa mort chez W. Coquebert (475 pages).
28 Allusion à Paul-Louis Courier de Méré (1772-1825), mort à peine plus âgé que Claude Tillier et assassiné pour ses écrits.
29 Timon est le pseudonyme de Louis Marie de Lahaye de Cormenin (1788-1868), homme de lettres et homme politique.
30 Félix Pyat (1810-1889), journaliste, auteur dramatique, député et sénateur républicain, figure marquante de la Commune.
31 Henri Jung (1833-1896), militaire et député.
32 Valérie Marneffe est un personnage de La Cousine Bette.
33 Adrien Marie (1848-1891), mort à 43 ans, peintre et illustrateur, expose en ce moment dans les galeries de La Vie Moderne du boulevard des Italiens, passage des Princes. Voir infra, la partie qui lui est réservée.
34 Joseph Addison (1672-1719), homme de lettres, journaliste et parlementaire britannique a fondé en 1711 avec son ami et confrère Richard Steele (1671–1729) le quotidien The Spectator. Il existait aussi, à partir de 1716 une version française de ce journal, vendue en volumes sous le titre Le Spectateur ou le Socrate moderne (image ci-dessous). Suite à cela, en 1721, Marivaux a fait paraître son Spectateur français, qui a duré moins longtemps.

35 Guillaume Roussel (1743-1807), était le deuxième fils de la famille, donc cadet. Exerçant la charge de premier huissier audiencier, ce personnage généreux, aimable et fantasque a suscité la chanson qui lui rend hommage. On pourra lire une biographie de Cadet Roussel par Pierre Pinsseau parue chez Raymond Clavreuil en 1945.

36 Mort il y a quinze jours, le cinq octobre. Ses funérailles ont été grandioses.
37 Stop (Louis Morel-Retz, 1825-1899), caricaturiste.

La signature de Stop, qui était gaucher
38 Alphonse Royer (1803-1875), homme de lettres, journaliste et librettiste. Gustave Vaëz (1812-1862) librettiste belge et traducteur de livrets.
39 Jules Claretie a dressé un portrait d’Edmond About dans le volume II de ses Portraits contemporains.
40 Thérésa (Désirée Emma Valladon, 1836-1913), chanteuse à succès.

41 Jacques Offenbach, Croquefer, ou Le Dernier des paladins, opéra bouffe en un acte, sur un livret d’Adolphe Jaime et Étienne Tréfeu, créé au théâtre des Bouffes-Parisiens de la rue Monsigny en février 1857.
42 Joseph-Bernard Rosier, auteur dramatique et librettiste né en 1804 est mort il y a quatre jours, le quinze octobre.
43 Joseph-Bernard Rosier, Le Manoir de Montlouvier, drame en cinq actes créé à la Porte-Saint-Martin en février 1839.

44 Croque-poule, comédie-vaudeville en un acte créée au Vaudeville à l’automne 1849. Le texte du chef d’œuvre (trente pages) paraîtra chez Michel Lévy en 1884, ce qui suppose une reprise. La Mansarde du crime, comédie en un acte, mêlée de chants créée au Vaudeville à l’automne 1840.
45 Étienne Arnal (1794-1872).
46 Brutus, lâche César ! comédie en un acte, mêlée de chants, créée au Gymnase-dramatique au printemps 1849.
47 Benjamin Roubaud (1811-1847), caricaturiste. Le Grand Chemin de la postérité est une série de trois lithographies mesurant ensemble un mètre quarante sur 27 centimètres et représentant plus de 140 célébrités littéraires et artistiques de ce temps.
48 Hippolyte Augé (1796-1881), Physiologie du théâtre, Firmin Didot 1839-1840, trois tomes.
49 … Qui seront publiés en 1891 par Paul Cottin, 690 pages.
50 Henri Dupin (1791–1887), librettiste et auteur dramatique prolifique.
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