Victor Hugo et Hector Malot

Bug-Jargal est équipé d’un tiret, jamais respecté dans ce numéro du Temps et toujours restauré ici

« Chronique » parue dans Le Temps du 22 novembre 1880 et mise en ligne le 26 octobre 2026. Temps de lecture : onze minutes.

Le théâtre du Château-d’Eau1 représente depuis quelque temps un drame tiré par M. Pierre Elzéar2 et M. Richard Lesclide3, le secrétaire de Victor Hugo, du premier roman que Victor Hugo ait — je ne dirai point signé, mais écrit.

Je n’ai pas relu Bug-Jargal4-5 pas plus que Han d’Islande6 depuis que j’en ai corrigé les épreuves, disait l’autre soir M. Victor Hugo.

Cela date de près de soixante ans.

À l’heure où il écrivait Bug-Jargal, le jeune poète, l’enfant sublime, comme disait Chateaubriand dont, à tort, on a contesté le mot7 — était lauréat des Jeux Floraux. Il traduisait Lucain et Virgile. Il voulait entreprendre une suite de récits militaires dont Bug-Jargal serait le premier.

Je dirai, pour les bibliographes et les curieux, que Bug-Jargal a paru, pour la première fois, dans le Conservateur littéraire un recueil des plus rares, presque introuvable aujourd’hui et qu’il était signé, non pas du nom de Victor Hugo, non pas même du pseudonyme de Victor d’Auverney que prenait alors quelquefois le jeune poète, mais tout simplement : M. initiale du prénom de Marie, que porte aussi Victor Hugo — Victor Marie Hugo.

D’Auverney est un des noms que le général Hugo, père de Victor Hugo, avait le droit de porter.

Cette première édition ou publication de Bug-Jargal porte ce sous-titre « Extrait d’un ouvrage intitulé : les Contes sous la tente. »

On sait que ces Contes n’ont jamais paru ; pas plus que la Quiquengrogne8, roman de Victor Hugo, qui fut longtemps annoncé sur le catalogue de Renduel.

À l’heure où Victor Hugo écrivait Bug-Jargal à seize ans — il était aussi critique de théâtre et, dans ce Conservateur littéraire, de la même main qui devait écrire bientôt Hernani et plus tard la Légende des Siècles, il jetait sur le papier une analyse de l’Homme poli, comédie en cinq actes et en vers de M. Merville9.

« M. Merville » critiqué par Victor Hugo ! Il y a de ces ironies dans les destinées.

Pour en revenir à Bug-Jargal, le récit primitif était très court il finissait par « le sergent se tue » ; et le héros, que depuis Victor Hugo a baptisé du pseudonyme sous lequel il publiait alors des vers, les traductions des Géorgiques, le capitaine d’Auverney s’appelait Delmar dans le principe.

Il y a toute une époque et toute une rhétorique dans ce simple nom Delmar10.

Hector Malot

Hector Malot par Gill (fragment) en couverture des Hommes d’aujourd’hui (numéro 116), de 1880

Sans famille est paru en deux tomes en 1878 chez Édouard Dentu. Pendant un siècle, nos enfances ont été bercées par ce récit fabuleux et nombreux sont ceux qui y ont appris à lire. Hors ce texte, l’œuvre d’Hector Malo, est demeurée largement ignorée, une fois passée la première guerre mondiale.

Cette Bohème tapageuse, dont Jules Claretie va nous entretenir ici, rassemble trois romans : Raphaëlle, La Duchesse d’Arvernes et Corysandre, tous trois parus chez Édouard Dentu, datés de 1881. Depuis le début des années 1870 au moins, les romans d’Hector Malot paraissaient en feuilleton dans Le Siècle.

Ces trois romans y sont parus sur tout le bas de la une, du mardi au samedi, du onze novembre 1879 au 28 janvier 1880 pour Raphaëlle, du cinq février 1880 au vingt avril pour La Duchesse d’Arvernes, et du deux juin au douze août pour Corysandre. Pendant ce temps, Frédéric Aureau, l’imprimeur d’Édouard Dentu à Lagny, travaillait. Le Temps du douze octobre 1880 annonce la parution en volume « aujourd’hui » de Raphaëlle, et Le Figaro du douze novembre affiche cette publicité :

Hector Malot a écrit une soixantaine de romans faciles à lire et de bonne tenue. Certains l’on comparé à Balzac par une fidèle description des mœurs de son époque, passant d’un milieu (ou d’un vice) à l’autre, et aussi la présence de personnages récurrents rencontrés sur plusieurs romans.

⁂

Nous sommes loin de ce Delmar avec la Bohème tapageuse de M. Hector Malot. C’est là du moderne et du très vif, un récit comme on les aime aujourd’hui, où la réalité se mêle à la fiction, et, sous la voilette de la comédienne Raphaëlle ou sous le mantelet de la duchesse d’Arvernes, on reconnaîtrait facilement, je crois, pourvu qu’on ait été un peu mêlé à la vie parisienne des dernières années de l’empire, une grande-duchesse de petits théâtres et une petite dame du grand monde. Et dans le principal personnage de M. Malot, dans le héros qui, tour à tour, aime trois femmes en trois volumes ne me semble-t-il pas retrouver celui que les chroniqueurs appelaient le dernier des gentilshommes11 et qui, au Café Anglais, prenait des bains de pieds dans les seaux d’argent pleins de champagne et voyait s’incliner devant sa maigreur de Christ roux des pécheresses qui lui ont survécu et des Madeleine qui ne se sont point repenties ?

M. Hector Malot a cela de bon, dans son roman, qu’il ne néglige jamais le drame. Il y a là une étude serrée des mœurs modernes, mais il y a un drame, et qui court et qui entraîne. On a bien raison d’amasser des documents humains, comme on dit, mais encore faut-il amuser les gens, et leur plaire. Molière à, je pense, quelque valeur documentaire, et il n’est pas ennuyeux. On n’est point perdu pour avoir un peu d’esprit et pour savoir dramatiser une étude moderne. L’auteur de ces deux livres excellents entre tant d’autres — Romain Kalbris12 et Sans famille — est de ceux qui osent tout dire, mais qui le disent en intéressant le lecteur. Je ne crois pas que M. Malot ait été jamais mieux inspiré que dans les trois volumes, tout à fait attachants, de cette Bohème tapageuse.

Je me rappelle ses débuts13, ses origines, c’était vers 1856. J’étais encore au collège et je dévorais le Journal pour tous14, que dirigeait alors M. Jules Simon15 pour la maison Hachette — le premier de ces petits journaux à deux sous copiés sur les pennys magazines anglais. Les romanciers du Journal pour tous s’appelaient alors Gozlan, Eugène Sue, Fèval, Élie Berthet, Charles Barbara, Amédée Achard, et le journal annonçait même et promettait à ses lecteurs un roman qui n’a jamais paru — la Vie en plein air ou les Saltimbanques, par Edmond About16.

Hector Malot donnait simplement au Journal pour tous des variétés historiques, des biographies d’hommes utiles, des récits de batailles, absolument comme, M. Sardou apportait, à peu près à la même heure, des biographies d’Érasme ou de Cardan17 à la biographie Didot18. Je trouve là des biographies de Malot sur Léonard de Vinci « Léonard de Vinci naquit au château de Vinci, dans le val d’Arno, près du délicieux lac Fucecchio, en 1854. » J’ignore si le débutant avait jamais vu le délicieux lac Fucecchio19. Il arrivait de la Bouille, son pays, près de Rouen20, avec deux autres Rouennais, M. Jules Levallois21 et M. Ernest Chesneau, et tous trois rêvaient la gloire littéraire.

En attendant, il fallait vivre. Levallois rêvait de devenir le secrétaire de Sainte-Beuve. Malot entrait chez un sénateur, un homme grave, qui lui faisait écrire les discours qu’il prononçait ensuite à la tribune, absolument comme le fils de Giboyer chez M. Maréchal22. Le sénateur de Malot disait au futur romancier :

— J’ai à prononcer un discours sur tel sujet. Voici mon brouillon. Revoyez -le.

Malot prenait le brouillon. Il n’y avait littéralement rien d’écrit. Des lignes à l’encre parfaitement illisibles.

— Je ne sais pas si vous pourrez comprendre, ajoutait l’homme d’État. J’ai une si mauvaise écriture.

Malot comprenait parfaitement bien : le sénateur écrivait mal ou n’écrivait pas, pour que le jeune homme écrivit le discours tout entier. Et Malot écrivait ! Il a composé ainsi, avant les Victimes d’amour23, un certain nombre d’œuvres administratives, lourdes et respectables, commençant par un De… — cette particule des ouvrages du genre noble :

De l’influence de la loi de 1832 sur les populations agricoles du département de…

De l’institution des établissements pénitentiaires en Normandie.

De l’origine des octrois dans la Seine-Inférieure.

Depuis, Hector Malot a fait du chemin. Le premier qui le signala au public fut, — après lui-même et après M. Levallois, — M. Taine24. Sainte-Beuve25 en voulait parler au temps où il nous promettait un Lundi intitulé les Jeunes. Aujourd’hui, M. Malot a tout un bagage imposant et important ; il suit, à la façon de Ferdinand Fabre26, l’auteur de l’Hospitalière, ce drame rustique si poignant, le chemin de Balzac sans se comparer éternellement à l’auteur de la Comédie humaine. C’est un travailleur acharné, comme tous les romanciers de ce temps-ci, qui est rude. À Fontenay-sous-Bois, où il vit27, il se lève tôt et se met à l’œuvre, ne laissant point passer un jour sans labeur. Il a, d’avance, chose curieuse, des paysages tout faits, pris sur nature, selon l’impression ressentie : effets de neige, effets de soleil, paysages printaniers, paysages d’automne, les entassant dans ses cartons comme un peintre qui conserve ses études. Lorsque le romancier a besoin d’un paysage, il le prend dans ses cartons et l’intercale dans son roman. Sénac de Meilhan28 a conté que Voltaire en agissait ainsi avec des tirades préparées d’avance pour une tragédie ou pour une autre.

Je ne sais pas, au surplus, dans notre petit nombre de romanciers rivaux et durs de la dent, de plus sympathique confrère que l’auteur de la Bohème tapageuse. Il va droit son chemin, sans s’inquiéter des autres. Il fait son œuvre sans nier celle d’autrui. C’est un loyal camarade en même temps qu’un bon juge et c’est par cette netteté mâle et cette franchise de touche, retrouvée dans sa poignée de main, que ses romans plaisent. Je veux finir par une bonne nouvelle les lecteurs du Temps vont avoir bientôt un récit nouveau que M. Malot achève pour eux en ce moment. Le titre est joli, alerte, Parisien, plein de promesses Pompon29 !

Et je souhaite à Pompon, qui paraitra bientôt en feuilleton ici même, le succès de ses aînés et en particulier, de ce dernier né, la Bohème tapageuse.

Notes

1      Ce théâtre, comme son nom l’indique, se trouvait près de la Place du Château-d’eau, renommée l’an dernier place de la République. Ce théâtre, allant, sous des noms divers, de faillite en faillite, deviendra une salle de music-hall au début du siècle suivant sous le nom d’Alhambra. Le nom « Château-d’eau » devenant alors disponible sera repris par un autre théâtre se trouvant rue du Château-d’eau et toujours en activité en 2026.

2      Pierre Elzéar (Elzéar Bonnier, 1848-1916), poète parnassien, auteur dramatique et avocat, a épousé Valentine, fille de Richard Lesclide (note suivante).

Fragment de la peinture d’Henri Fantin-Latour (1836-1904) Un coin de table (1872), visible au musée d’Orsay

3      Richard Lesclide (1825-1892), auteur dramatique, journaliste et éditeur, secrétaire bénévole de Victor Hugo durant les dix dernières années. En 1885, Richard Lesclide a publié chez Dentu Propos de table de Victor Hugo (347 pages).

4      Ainsi qu’on peut le lire dans la reproduction du manuscrit original ci-après, ce roman, ou ce conte, a été commencé en avril 1819 par un Victor Hugo alors âgé de 17 ans et deux mois, à la suite d’un pari, dit-on, et en quinze jours. Ce qui peut apparaître comme peu vraisemblable pour un texte de 375 pages (dans la première édition en volume par Urbain Canel en 1826) l’est davantage lorsqu’on sait que ce texte original évidemment très court, a été considérablement augmenté ensuite. Avant cette parution en volume le texte était paru l’année de son écriture dans cinq numéros de la revue Le Conservateur littéraire, organe très royaliste fondé par les trois frères Hugo (Abel, Eugène et Victor), paru sur une trentaine de numéros entre décembre 1816 et mars 1921.

Fragment du manuscrit autographe de Victor Hugo, conservé à la BNF

Première édition en feuilleton dans Le Conservateur littéraire en 1820

Première édition en volume dans l’édition d’Urbain Canel de 1826

5      Plus récemment, le 24 septembre 2026, Gallimard vient de republier en Pléiade un volume de 1760 pages : L’Homme qui rit (1869), Quatrevingt-treize (1874), Bug-Jargal (les deux versions de 1820 et 1826), Le Dernier jour d’un condamné (1829) et Claude Gueux (1834).

6      Comme Bug-Jargal, Han d’Islande est d’abord paru, sans nom d’auteur, dans Le Conservateur littéraire la même année 1820 mais le manuscrit n’a jamais été retrouvé. La première édition (en quatre volumes), toujours sans nom d’auteur, a été publiée en février 1823, rue de l’Arbre-Sec, par Persan, un marquis désœuvré. Durant les dix années suivantes plusieurs éditions parurent offrant de nombreux remaniements, jusqu’à la version définitive, chez Albert Quantin puis Eugène Renduel en mai 1833.

7      Suite à la parution de l’ode La Mort du duc de Berry, en février 1820, à une époque où le jeune Hugo était royaliste. « La mort aime à poser sa main lourde et glacée/ Sur des fronts couronnés de fleurs. » Victor Hugo avait alors 18 ans et le mot n’est pas insultant.

8      Ce roman moyenâgeux devait faire partie d’une série avec Le Fils de la Bossue et Le Manuscrit de l’Évêque. Ces trois projets ont fait l’objet d’un contrat avec Eugène Renduel en date du 25 août 1832, qui ne portait aucun délai. Les idées de départ se sont répandues dans d’autres ouvrages.

9      Merville (Pierre-François Camus, 1781-1853), médecin, romancier, comédien et auteur dramatique. L’Homme poli, ou la Fausse Bienveillance, comédie en cinq actes, en vers, créé au théâtre de l’Odéon au printemps 1820. La chronique de Victor Hugo est parue page 34 du Conservateur littéraire du début 1820.

10    Jules Claretie ne précise pas sa pensée. Peut-être pense-t-il au comédien égratigné par Gustave Flaubert dans L’Éducation sentimentale (1869).

11    Peut-être Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889), dans le « Grand seize » qui était un cabinet particulier du café anglais (treize boulevard des Italiens) fort prisé. Selon les sources, il s’agissait du numéro de ce salon privé (le café anglais en comptait 22), soit du nombre possible de convives.

12    Romain Kalbris, paru en 1869 chez Hetzel (298 pages) est une sorte de précurseur de Sans famille.

13    Jules Claretie, né en décembre 1840, est de dix années plus jeune qu’Hector Malot.

14    Journal pour tous, hebdomadaire paru de 1875 à 1878, a publié nombre de romans en feuilleton illustrés.

15    Jules Simon (1814-1896), philosophe, ministre de l’Instruction publique dès le cinq septembre 1870 et président du Conseil en 1877, « profondément républicain et résolument conservateur ».

16    Ce texte a fini par être publié chez Hachette en 1858 sous le titre La Grèce contemporaine (474 pages).

17    Jérôme Cardan (Gerolamo Cardano, 1501-1576), savant italien.

18    Nouvelle biographie universelle « depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours avec les renseignements bibliographiques et l’indication des sources à consulter, publiée par MM. Firmin Didot frères sous la direction de M. le Dr Hœfer ». Jean-Chrétien Hœfer (1811-1878), médecin. Cette publication en 46 volumes s’est étalée de 1852 à 1866. Nouvelle biographie universelle est le titre des neuf premiers volumes, les 37 suivants ayant été publiés sous le titre Nouvelle Biographie générale. L’« Avis des éditeurs » qui ouvre le premier volume de l’ouvrage indique : « La biographie universelle que nous publions est le complément indispensable de notre Encyclopédie moderne en trente volumes qui vient d’être achevée. » On peut remarquer que le nom de l’auteur est fortement gommé et que Jules Claretie lui-même — comme tous ses contemporains — utilise le titre biographie Didot.

19    Ce lac est un marais, très touristique, le plus grand d’Italie, qui se trouve à mi-distance de Florence et de la Méditerranée.

20    La Bouille, où est né Hector Malot en 1830, se trouve sur la rive gauche, au centre de la première grande boucle de la Seine vers le sud, après Rouen.

21    Jules Levallois (1829-1903), a été secrétaire de Sainte-Beuve de 1855 à 1859. Jules Levallois est surtout connu pour ses Mémoires d’un critique parus à la Librairie illustrée en 1895.

22    Allusion à la pièce d’Émile Augier Le Fils de Giboyer créée à la Comédie-Française en décembre 1862. Dans cette comédie en cinq actes, Giboyer, intellectuel progressiste et désargenté (et aussi un peu cynique) met sa plume talentueuse au service du député Maréchal et plus généralement de la politique réactionnaire.

23    Victimes d’amour rassemble trois romans indépendants, écrits sur environ sept ans : Les Amants, en 1859, Les Époux en 1865 et Les Enfants en 1866, tous chez Michel Lévy.

24    Hippolyte Taine (1828-1893), normalien (condisciple d’Edmond About et de Francisque Sarcey). Docteur ès lettres, élu à l’Académie française il n’y a pas encore deux ans, en novembre 1878.

25    Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) homme de lettres romantique et critique littéraire réputé. Sainte-Beuve a été à l’Académie française en 1844 au fauteuil de Casimir Delavigne et reçu l’année suivante par Victor Hugo qui avait voté contre lui. Furieux de cette élection et contrairement à l’usage, dans son discours de réception Victor Hugo ne prononça pas l’éloge de celui qu’il accueillait mais de son prédécesseur. À la rentrée 1857, il a été nommé à l’ENS, où il a donné des cours de langue et de littérature françaises jusqu’en 1861. Proche du pouvoir bonapartiste, Sainte-Beuve a été nommé sénateur en 1865. Sainte-Beuve reste de nos jours connu pour ses « Causerie du lundi » puis ses « Nouveaux lundis », rassemblant environ 300 textes parus chaque semaine dans Le Constitutionnel (à partir du lundi premier octobre 1849) puis dans Le Moniteur universel et enfin, durant quelques semaines l’année de sa mort, dans Le Temps.

Annonce de la participation de Sainte-Beuve dans Le Constitutionnel du vingt septembre 1849, première colonne de une

26    Ferdinand Fabre (1827-1898), inspecteur des bibliothèques, et romancier, proche d’Hector Malot. L’Hospitalière, drame rustique en cinq journées, Charpentier 1880, 248 pages.

27    Fontenay-sous-Bois est une commune à l’est de Paris, au nord du bois de Vincennes. Hector Malot y avait acheté, en 1862, un terrain nu au deux, avenue de la Dame Blanche (adresse actuelle mais la maison n’existe plus). Deux ans plus tard il a fait bâtir sa maison par son ami l’architecte Victor Poitrineau.

La maison d’Hector Malot à Fontenay

28    Gabriel Sénac de Meilhan (1736-1803) est une sorte d’arriviste comme il s’en faisait tant sous la monarchie, parce que c’était ça ou rien. Il a écrit des livres.

29    Hector Malot, Pompon, Dentu 1881, 469 pages. Le feuilleton du Temps sera publié du 21 décembre au onze mars. Résumé par la Bibliothèque numérique romande : « Un soir d’hiver en plein Paris, un jeune sculpteur trouve une petite fille noire d’une douzaine d’années dans l’encoignure d’une maison. Comme il l’aurait fait pour tout être vivant dans le besoin, il la ramène chez lui. Avec l’accord de ses domestiques et de ses deux amis, peintre et musicien, ils vont l’élever après avoir entendu son histoire. Quelques années se passent. Pompon devient une jeune femme, ce dont ne s’aperçoivent pas ceux qui l’ont adoptée et ce qui va changer leurs relations. / Dans ce roman, […], le parcours des esclaves est abordé brièvement, ainsi que le ressenti des regards curieux subis ou de la sexualisation par celle qui en est l’objet. Le roman est aussi intéressant par le fait qu’il montre les différentes phases du métier de sculpteur et nous fait pénétrer dans le milieu artistique parisien chez un sculpteur. Malot aborde le ressenti de cette jeune fille noire ancienne esclave recueillie enfant puis éduquée comme une fille de milieu artistique aisé mais avec le constant rappel de sa différence. »