Paul Avenel
« Chronique » parue dans Le Temps du 28 novembre 1880, mise en ligne le lundi deux novembre 2026. Temps de lecture : à peine plus de dix minutes.

Une chose qui me semble toujours parfaitement ironique, c’est la façon dont on traite actuellement le livre. On s’inquiète moins, en général, d’un volume de M. Littré que d’une revue de fin d’année. Il y a vingt critiques du lundi et du lendemain pour annoncer au monde le nouveau vaudeville du Théâtre Dèjazet, et pas un ou bien peu pour signaler à l’attention la mise en vente d’un livre intéressant. Futilité, c’est la devise de ce siècle de science. Thackeray1 définit les snobs, qu’il a étudiés et fustigés : des gens qui attachent de l’importance aux choses banales et qui s’inquiètent médiocrement des choses importantes. À ce compte, que de snobs nous avons en France !
Et voici un homme2 qui, en plein siècle de snobisme, entreprend courageusement de publier en seize volumes in-octavo cavalier3 — devinez quoi ? — une Histoire universelle4. Eh bon Dieu ! D’où sort-il ? Quel est ce vieux rat de bibliothèque ?
Le plus piquant, c’est que cet original est un jeune homme, un homme de quarante ans. M. Marius Fontane, secrétaire et collaborateur de M. Ferdinand de Lesseps. Il y a longtemps qu’il avait conçu ce projet : il y a mis de la préméditation. Notre connaissance date de loin. Marius Fontane faisait partie de ce Dîner de l’Œuf que nous fondâmes il y a bien des années, et dont faisait partie M. Gambetta5. Ce Dîner de l’Œuf — d’où devait sortir la génération nouvelle — était institué pour établir des liens de fraternité entre tous les jeunes, qui avaient alors de vingt-deux à trente ans. Dès le premier dîner, il y eut trois provocations et un duel à propos d’Alfred de Musset, entre M. Lissagaray6 et un jeune avocat, Emmanuel Durand.
Déjà, en ce temps-là, Marius Fontane songeait à écrire une Histoire universelle, à « combler cette lacune », car c’est une lacune. Nous n’avons pas d’Histoire universelle écrite en français, par un Français. Nous n’avons que l’histoire de l’Italien Cantù7, qui commence par cette phrase « Chapitre premier. Genèse : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre, et les choses qui sont en eux puis, etc. » Ainsi, depuis Cantù, toutes les conquêtes de la philologie, de l’archéologie, de l’histoire, en un mot, sont inutilisées pour le public. Il n’existe pas de livre où le lecteur français puisse lire le récit simple des œuvres humaines, vraies, complètes.
Or, en 1857, Marius Fontane, qui est Marseillais et qui à toute la vivacité et toute la verve des fils de Marseille, était en Syrie, à Beyrouth (il avait dix-neuf ans), Edmond de Lesseps y étant consul de France. Pour utiliser leurs très longs loisirs (surtout lorsque Fontane allait dans le Liban) et pour satisfaire leurs goûts de travail, Edmond de Lesseps lui dit :
« Le Liban contient des échantillons de toutes les races, de toutes les nationalités, de toutes les mœurs, de toutes les religions du monde. (Ce qui est absolument vrai.) Étudiez le monde dans ce musée vivant.
Le conseil était bon, Fontane le suivit. Il sut vite l’arabe, prenant des notes et dessinant des types continuellement. Cette étude le fit historien, et il écrivit alors à un éditeur de Paris « Envoyez-moi la meilleure histoire universelle écrite en français par un Français » (Il connaissait l’histoire de Cantù, qui ne pouvait pas lui être sérieusement utile.)
L’éditeur lui répondit :
« Une Histoire universelle ? Il n’y en a pas. »
Et mon savant de dix-neuf ans de riposter « S’il n’y en a pas, je vais en faire une. »
Quand on n’a pas vingt ans encore, on peut écrire de pareilles choses ; et à quarante et un ans8, on peut les rappeler, je pense, quand on a tenu sa parole, quand on a, durant vingt-deux ans, poursuivi un but unique et qu’on est arrivé à l’heure de l’accomplissement.
Donc, M. Marius Fontane apprit les langues orientales (le sanscrit, etc.) pour savoir les peuples, (Indiens, Iraniens) dont nous sommes les descendants directs, et depuis vingt-deux ans, depuis dix-sept ans surtout, tout ce qu’il a vu, tout ce qu’il a fait, s’est rapporté à son œuvre.
Comment a-t-il pu d’ailleurs trouver le temps d’écrire une Histoire universelle en étant secrétaire général de la Compagnie de Suez, car M. Fontane est le doyen des agents de la Compagnie ?
Il y a là comme une prédestination et une tradition.
Le premier secrétaire général de la Compagnie du canal de Suez, le prédécesseur de M. Fontane par conséquent, ne fut-il pas M. Barthélémy Saint-Hilaire9 ? Et ses fonctions ne l’empêchèrent ni de suivre ses admirables études sur l’Orient et notamment sur le bouddhisme, ni de traduire Aristote.
Quand on vit à côté de M. Ferdinand de Lesseps — avec lui pour mieux dire10 — on ressent vite le besoin d’entreprendre une œuvre exigeant une persévérance calme. Cela devient comme une suprême jouissance et un devoir réconfortant. Durant plus de vingt ans cet homme jeune, actif, ne doutant de rien, a consacré quatre heures par jour à cette histoire de l’Inde Védique11. Il y a deux ans, un peu inquiet, voyant approcher l’heure de la publication, M. Fontane voulut tâter ses juges. Il fit imprimer à cent exemplaires seulement chez Lemerre une petite plaquette, des Essais de poésie védique, (traductions, en vers, du Rig-Véda). Il ne donna pas un seul exemplaire de cette plaquette à qui n’était pas sanskritant, pour qu’aucun journal ne vînt à parler de la chose. Or, voici ce que lui écrivit M. Burnouf12, que M. Fontane ne connaissait pas :
Vichy, le 19 juin 1876
Monsieur, j’ai lu vos vigoureuses poésies dans un lieu bien rebelle à la muse. Permettez-moi de vous féliciter. Vous avez le sentiment vrai de ces grandes œuvres de nos ancêtres orientaux, œuvres aussi vivantes aujourd’hui qu’à l’époque où elles furent composées dans le Sapta-Sindhou. N’y a-t-il pas là une source nouvelle d’inspiration pour notre propre muse ? N’y a-t-il pas là aussi, de même que dans les épopées, des motifs pleins de vie pour la peinture et pour la musique ? C’est ce que vos poésies feront toucher du doigt à ceux qui réfléchiront en les lisant. Je vous remercie, monsieur, bien cordialement.
Em. Burnouf
C’était là un titre et comme une accolade. M. Burnouf a raison. Bien plus encore que l’antiquité grecque, l’antiquité hindoue est une source d’inspirations. Il est certain que, si nos artistes étudiaient les œuvres de nos, ancêtres de l’Inde, ils y trouveraient de l’inédit, de l’inconnu, un aliment nouveau.
M. Fontane avait, dans ses vers, bien saisi et excellemment rendu le caractère de la poésie védique, dans l’Orage fécond, par exemple, dans la Nuit étoilée après la pluie, dans Indra ivre, Indra, ce Jupiter védique :
J’ai bu dans des vases nouveaux,
La liqueur dont je voudrais vivre !
Qui veut des vaches, des chevaux ?
Je suis généreux, je suis ivre !
Je suis cet arbre tourmenté
Que le souffle du vent irrite ;
Déjà le breuvage m’agite,
J’ai bu le Soma13 fermenté.
Soleil, je suis l’or dont tu brilles
Je suis plus léger qu’autrefois ;
J’ai quatre pieds à mes chevilles
Et je vois les choses trois fois !
J’ai grandi, je me sens immense,
Mon front a touché le ciel nu.
Mon ventre est plus large, je pense,
Que la terre où je suis venu.
Mon corps envahissant l’espace,
J’ai des gentillesses d’amant ;
Je prends le nuage qui passe
Et l’étreins amoureusement.
II y a dans cette poésie du Rig-Véda un ton gaiement hyperbolique qui fait songer aux exagérations shakespeariennes d’un Falstaff, aux plaisanteries du don César de Bazan de Victor Hugo14, et aussi à telle pièce de la Chanson des rues et des bois15.
Marius Fontane avait trouvé un éditeur artiste pour cette petite plaquette. Il a trouvé un éditeur hardi pour les seize volumes de son Histoire universelle, et cet éditeur, c’est le même, c’est Alphonse Lemerre, habitué à ces vaillantises. Le premier volume, l’Inde védique, sera pour bien des gens une révélation. M. Fontane, qui pourrait se proclamer savant, ne demande qu’à être regardé comme un vulgarisateur. Il a raison. Il a partout employé un style simple, clair. Il aurait pu, de temps en temps au moins, hérisser une page ou deux de mots baroques, sonnants, mystérieux, de ceux qui font dire au lecteur « Comme cet auteur est fort ! » Il a préféré demander à « l’art de raconter » l’agrément que tout lecteur a le droit d’exiger de son auteur. Mme Adam lui écrivait, l’autre jour « Voilà ce que j’appelle de la vraie science assimilée. » Cette appréciation laconique est exacte.
Un index alphabétique annoté, des cartes, des notes, complètent le travail. Au hasard d’une lecture on tombe tout de suite sur un fait intéressant.
Je vois, par exemple, page 316, que les doigts avec lesquels les prêtres broient les plantes qui donnent le soma jus d’herbes fermenté deviennent sacrés et qu’une bague d’or les doit orner. C’est l’origine de tout anneau pastoral. Il fallait remonter jusque là pour la trouver.
Ce livre, d’ailleurs, paraît au bon moment, à l’heure même où l’on inaugure dans les lycées le nouveau programme universitaire. Or, ce nouveau programme exige l’étude des Aryas védiques. Le livre de M. Fontane est le premier qui donne l’histoire de ce peuple entière. Et c’est les pères de famille surtout qui devront lire ce livre, car lorsque leurs enfants viennent, le soir, leur parler de la Grèce et de Rome, les parents connaissent le sujet et en causent. Mais, entendez-vous un enfant parlant à son père du devoir qu’il a fait ou qu’il a à faire sur les Aryas ? Où diable le père aurait-il appris ce peuple ? Eh ! bon Dieu, il n’a qu’à lire le premier volume de l’Histoire universelle de M. Marius Fontane. Et je suis fier, pour la génération à laquelle j’appartiens, qu’il se soit trouvé en elle un homme d’assez de science et d’énergie pour résumer tant de travaux et consacrer sa vie à une œuvre si utile et si glorieuse.
Paul Avenel

En frontispice de ses Chants et chansons, Paul Avenel, d’après une photographie d’Étienne Carjat (qui semble perdue)
Il ne faut pas qu’une chronique parisienne s’occupe simplement des Aryas et du Rig-Véda. Voici des chansons qui m’arrivent, très françaises, très alertes, très entraînantes, ce sont les Chants et Chansons de Paul Avenel16, de 1850 à 1880. Trente ans de couplets satiriques et de refrains mordants ! La politique y fait, à chaque page, éclater ses pétards. Paul Avenel salue Hugo en exil et Baudin mort17. Il raille les modes et les mœurs dé l’Empire. Il célèbre les funérailles de Victor Noir18. II s’attendrit sur le sort de François Debergue19, son jardinier, fusillé par les Prussiens à Bougival20. C’est un recueil de chants civiques et qui restera dans l’histoire de la chanson.
M. Paul Avenel a fait illustrer son volume de cinq eaux-fortes qui représentent le portrait de l’auteur, Barbès, Baudin, et ce malheureux Martin Bidauré21, fusillé deux fois, en décembre, lors du soulèvement du Var.
Le plus ironique, c’est que ce Bidaurè, qui s’appelait, en réalité, Ferdinand Martin, se fâchait lorsqu’on l’appelait Bidauré, surnom qui -l’agaçait, l’ennuyait.
Il s’était battu plusieurs fois avec des camarades en répétant :
— Je ne veux plus qu’on m’appelé Bidouré !
Et c’est sous ce surnom, qui l’irritait, qu’il figurera à jamais dans l’histoire.
L’eau-forte de M. Guillaumot22 qui le représente nous le montre sous les traits d’un jeune paysan robuste, les épaules carrées sous sa blouse blanche, un chapeau de feutre sur ses cheveux bruns, Et le graveur a écrit dessous Martin Bidauré.
Le pauvre garçon se serait fâché de cet hommage que lui rend ainsi Paul Avenel dans le recueil de ses vaillantes Chansons.
Notes
1 William Thackeray (1811-1863), romanciers britannique connu pour ses œuvres satiriques sur la bourgeoisie britannique. William Thackeray a été surtout connu plus récemment grâce à ses Mémoires de Barry Lyndon de 1844, portées à l’écran par Stanley Kubrick en 1975.
2 Marius Fontane (1838-1914), historien, orientaliste et romancier, a été, à partir de 1854, secrétaire général de la Compagnie maritime universelle du canal de Suez puis secrétaire personnel de Ferdinand de Lesseps (1805-1894). À ces deux titres il a été compromis par le scandale du canal de Panama (creusé par la compagnie de Suez) et condamné à plusieurs années de prison pour escroquerie et abus de confiance. Indépendamment de ces maladresses, on peut se souvenir de l’historien et de l’orientaliste et, bien entendu, de l’auteur de l’Histoire universelle évoquée ici par Jules Claretie, qui fera l’objet de la note 4 ci-dessous.
3 Comme souvent, le nom de ce papier provient du dessin de son filigrane, qui était la marque de fabrique du papetier. Les papetiers utilisaient des formes (cadres en bois) et y plaçaient leur filigrane fait de fils de cuivre très fins. Le filigrane et la taille de la feuille de papier étaient donc associés. C’est ainsi que nous avons, de nos jours encore, le format raisin (50 x 60), le format Jésus (56 X 76) ou le format cavalier (plus rare, 46 x 60). De nombreux filigranes « cavalier » ont existé au cours des siècles, ce qui rend leur identification incertaine. On peut consulter à ce propos le Dictionnaire des filigranes « classés en groupes alphabétiques et chronologiques par le baron F. del Marmol, membre des sociétés archéologiques de Bruxelles et de Namur » publié en 1900 à Namur, chez Jacques Godenne, imprimeur-éditeur (192 pages).
4 Cette Histoire universelle, gigantesque, en seize volumes, n’en est encore qu’au début de sa parution chez Alphonse Lemerre, qui publiera le dernier volume, La Renaissance, à la rentrée 1910. Liste incomplète des volumes provenant de Gallica : Athènes (de 480 à 336 avant) ; Inde védique (de 1800 à 800 avant) ; L’Europe (de 872 à 1122) ; La Grèce (de 1300 à 480 avant) ; La Papauté, Charlemagne (de 632 à 877) ; La Renaissance (de 1250 à 1516) ; Le Christianisme (de 67 avant à 117) ; Les Asiatiques, Assyriens, Hébreux, Phéniciens (de 4000 à 559 avant) ; Les Barbares (de 117 à 395) ; Les Croisades (de 1096 à 1327) ; Les Iraniens, Zoroastre (de 2500 à 800 avant) ; Les Égyptes (de 5000 à 715 avant) ; Mahomet (de 395 à 632) ; Rome (de 754 à 63 avant). (Gallica n’affiche jamais les listes dans l’ordre de parution).
5 Non seulement Léon Gambetta mais aussi Alphonse Daudet, le photographe et poète Étienne Carjat (1828-1906), l’écrivain et journaliste Charles Monselet (1825-1888), et le poète et chansonnier Gustave Mathieu (1808-1877), seul à être mort au moment où Jules Claretie écrit ces lignes. Ce dîner, contrairement à quelques autres, est complètement oublié de nos jours.
6 Prosper-Olivier Lissagaray (1838-1901), journaliste et conférencier, est surtout connu pour son Histoire de la Commune de 1871, édité à Bruxelles en 1876 et vingt ans plus tard en France chez Édouard Dentu, dans une version largement enrichie et régulièrement rééditée. Cette affaire à propos d’Alfred de Musset semble dater de 1864.
7 Cesare Cantù (1804-1895), historien italien prolifique, député dans les années 1860 L’Histoire Universelle de Cesare Cantù, en 35 volumes, est parue à Turin de 1855 à 1842 et en France chez Firmin Didot, au milieu du siècle.
8 L’âge que Jules Claretie, né en décembre 1840, aura dans cinq jours.
9 Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1805-1895) journaliste, philosophe, administrateur du Collège de France en 1848 (à 43 ans), en même temps qu’il était représentant du peuple aux Assemblées constituante et législative de 1848-1849 et sénateur de Seine-et-Oise. J. B-S-H a ensuite été plusieurs fois député et en même temps Secrétaire (en 1871) de la Présidence de la République. Il est actuellement, depuis septembre, ministre des Affaires étrangères. En 1855, J. B-S-H a fait un voyage en Égypte, en qualité de membre de la commission d’études du canal de Suez.
10 Ce « avec lui » est audacieux. Ferdinand de Lesseps a eu plusieurs épouses et de nombreux enfants.
11 Inde védique (de 1800 à 800 avant) semble être le premier tome de l’Histoire universelle. Il n’est pas indiqué par Gallica (note 4) Aussi incroyable que cela paraisse, un érudit, François-Dominique Fournier, dans, son site web Méditerranée antique, a transcrit les neuf premiers volumes de cette Histoire universelle, et donne un ordre différent de celui de Gallica. Le védisme est une religion indienne ancienne.
12 Émile-Louis Burnouf (1821-1907), archéologue, indologue, sanskritiste, helléniste et latiniste français, et co-auteur du Dictionnaire classique sanscrit-français […] contenant le dêvanâgari, sa transcription européenne […] par Émile Burnouf, professeur à la faculté des lettres de Nancy », chez Maisonneuve, libraire éditeur à Paris, quinze quai voltaire, 1866, 780 pages.

13 Peut-être un champignon hallucinogène.
14 Don César de Bazan est un personnage de Ruy Blas.
15 Victor Hugo, Les Chansons des rues et des bois, recueil de 78 poèmes publié en 1865 chez Lacroix et Verboeckhoven à Bruxelles, et à la Librairie internationale à Paris l’année suivante.
16 Paul Avenel (1823-1902), poète, romancier, auteur dramatique et journaliste. Chants et chansons. Marpon et Flammarion 1980, 363 pages. Paul Avenel a déjà publié Chants et chansons politiques en 1870. Ses ouvrages seront régulièrement réédités jusqu’à la fin du siècle.
17 Le médecin et député Alphonse Baudin (1811-1851), suite aux insurrections provoquées par le coup d’État du deux décembre 1851 est mort sur une barricade, rue du Faubourg-Saint-Antoine. L’action a plusieurs fois été représentée en peinture. Voir la page : « Gardes au cimetière de Montmartre », dans laquelle Alphonse Baudin est souvent cité.
18 Victor Noir (Yvan Salmon, 1848-1870), journaliste tué à l’âge de 21 ans et six mois par six coups de revolver par le prince Pierre-Napoléon Bonaparte, cousin germain de Napoléon III. La raison du meurtre est politique, suite à une animosité extrême. Plusieurs historiens voient dans cette affaire les prémices de la fin du second empire. Le sculpteur Jules Dalou a créé, pour la sépulture de Victor Noir, un gisant en bronze le représentant à sa mort. Le réalisme de cette représentation a entraîné quelques esprits en déshérence à lui attribuer des pouvoirs.
19 François Debergue (1810-27 septembre 1870), jardinier, a coupé plusieurs fois, au sécateur, le fil du télégraphe allemand. Une rue de Bougival porte son nom.
20 Paul Avenel, Les Prussiens à Bougival, 1870-1871 : notes d’un pillé, André Sagnier 1873.
21 Martin Bidouré (Ferdinand Martin, 1825-1851, âgé de 26 ans), peigneur de chanvre, est de ces nombreux Français n’ayant pas supporté le coup d’état du deux décembre 1851. Martin reçoit, le neuf décembre, donné par un gendarme, un premier coup d’un des deux pistolets qu’il portait sur lui. Survivant, il s’enfuit mais est dénoncé et fusillé le 14.

Jules Récubert (1874-1949), sculpteur local : Monument à Martin Bidouré à Barjols (1905)
22 Auguste-Alexandre Guillaumot (1815-1892), graveur et peintre, élève d’Eugène Viollet-le-Duc et graveur de nombreuses images de monuments historiques. Cette eau-forte semble être en frontispice des Prussiens à Bougival. .
