par Adolphe Brisson
Page mise en ligne le 14 octobre 2024. Temps de lecture : onze minutes.
Texte extrait de Adolphe Brisson, Portraits intimes, 3e série, Armand Colin 1897. Ce texte a été publié pour la première fois dans La Revue illustrée du quinze septembre 1896. On en retrouve, ici ou là divers fragments, comme dans Les Annales du 16 septembre 1906, dont Adolphe Brisson est devenu le directeur en 1902.

Jules Claretie et Francisque Sarcey devant la maison de Jules Claretie à Viroflay
(photo Henri Mairet)
Une maison enfouie dans la verdure ; toute simple à l’origine, puis successivement embellie et agrandie, augmentée de deux ailes, surélevée d’un étage, ornée de lanternes en fer forgé, de balcons ouvragés, de plaques de faïence et de vases rustiques d’où s’échappent des grappes de fleurs odorantes. Tout autour, un jardin, coquettement dessiné, qui n’est pas très grand et qui paraît immense, tant il contient d’allées sinueuses et de coins mystérieux. Telle est la retraite où M. Jules Claretie vient, chaque été, se reposer de ses labeurs administratifs et goûter les tranquilles délices de la vie familiale1.
À peine avons-nous sonné à la grille que nous le voyons accourir, la main tendue ; il est coiffé d’un toquet de horse guard2 et serré dans une veste bretonne aux jaunes passementeries : c’est sa tenue de travail. Il a la mine guillerette, le regard joyeux. Il arpente ses pelouses d’un pied agile. Son nez spirituel hume la brise. Ce lieu est son paradis ; il y prend des forces en vue des luttes futures. Ses deux chiens le suivent, César, un robuste montagnard, qui ressemble à ces lions pacifiques que les sculpteurs du dernier siècle aimaient à asseoir sur les fontaines publiques, et Trim, un écossais au poil fauve.
« Entrez, on vous attend ! »
Et, tandis que notre ami Mairet3, le photographe de la Revue illustrée, tire ses plans, nous taillons une première « bavette ». Notre bon oncle Sarcey4, qui nous accompagne, s’est assis sur le banc peint en vert, les deux poings sur sa canne, son feutre gris bien planté, ayant la solide encolure des meuniers de son pays, et, comme de coutume, l’esprit alerte et le verbe cordial. Mme Claretie, qui nous fait avec autant d’esprit que de bonne grâce les honneurs de son cottage, est venue nous joindre… Et l’on cause… La cloche du déjeuner nous appelle… Et l’on cause encore… Et les minutes s’envolent, rapides.
Je ne sais pas d’entretien plus léger à la fois et plus instructif que celui de Claretie. Il a tout vu, il connaît tout le monde, il possède des secrets redoutables qu’il se garde bien de révéler, car il est la discrétion même. Il eût fait un subtil ambassadeur si son destin l’eût dirigé vers la politique. Le peu qu’il en laisse deviner émoustille la curiosité sans la satisfaire. Ah ! s’il voulait parler ! Il parlera un jour, n’en doutez pas. Et nos neveux auront de quoi se divertir. Songez que M. Claretie entretient un commerce journalier avec les êtres les plus nerveux, les plus inquiets, les plus séduisants et les plus décevants qui soient : les poètes, les comédiens et les comédiennes. Il n’y a qu’à tendre l’oreille pour noter des mots dignes de Molière, des mots nature. Il en a fixé quelques-uns dans son Brichanteau5, il en tient beaucoup d’autres en réserve. Avant de gouverner le Théâtre-Français, il comptait vingt-cinq ans de loyaux services dans le journalisme. Il a frôlé, de 1860 à 1885, toutes les gloires éphémères ou durables des arts, de la politique et des lettres. Et, comme sa mémoire est d’une étendue et d’une sûreté surprenantes, les souvenirs, les anecdotes coulent de ses lèvres. C’est un flot intarissable où il est très agréable de se rafraîchir. M. Claretie n’a pas la verve méridionale d’un Gambetta ou d’un Clovis Hugues6, il narre d’une voix discrète et sans timbre, avec des gestes menus ; il s’exprime en termes mesurés. Mais ne vous y fiez point ! Une ironie traîtresse perce en ses discours. Il a des sourires qui égratignent et, par instants, une énergie très forte luit en ses yeux. Cet homme, qui a longtemps passé pour un faible, est à certains égards plus ferme qu’un roc. C’est le fer peint en roseau. Il n’en agit qu’à sa tête… « Il le fit et fit bien », selon le précepte de La Fontaine7.
Oui M. Claretie a vu naître et mourir des milliers de personnages sur ce théâtre qu’on nomme la vie parisienne. Il aime à évoquer l’époque lointaine de ses débuts. Il arrivait de Limoges, son diplôme de bachelier en poche, l’escarcelle vide, mais décidé à monter à l’assaut de la renommée. Il s’était fait donner des lettres de recommandation pour Charles Monselet8 et pour Jules Janin9. Il leur exposa avec une chaleur communicative ses rêves de succès. « Ah ! jeune homme, lui dit Monselet ; que de copie dans votre avenir ! »
Et Jules Janin lui donna ce conseil : « Ayez un bel enterrement », ce qui signifiait : « Ne soyez pas malhonnête et n’excitez pas la haine » M. Claretie a justifié l’oracle des deux prophètes. Il aura un très bel enterrement. Il est sympathique à tout le monde — sauf à deux ou trois dramaturges atteints du délire des persécutions. Et il est, avec Th. Gautier10, Sarcey et Dumas père, l’écrivain de France qui a couché le plus grand nombre de lignes sur le papier. Dès l’âge le plus tendre il se jetait dans une production effrénée. À seize ans, il publiait une œuvre d’imagination, le Rocher des fiancés11, qui débutait ainsi : « Attaqué par une maladie de langueur, je voyageais il y a quelques années… » Quelques années ! la jeunesse aime à se vieillir !… Il composa son premier grand roman dans des circonstances mémorables. L’éditeur Dentu avait commandé à la comtesse Dash12 un volume qui devait être intitulé Une Drôlesse. Au dernier moment la comtesse eut un scrupule et exigea que le titre fût changé. Mais Dentu avait déjà préparé ses prospectus, ses affiches, il résolut de passer outre et il demanda à tous les échos un littérateur de bonne volonté, qui consentît à lui brocher en un mois les trois cents pages dont il avait besoin13. Jules Claretie se présenta, il se mit à la besogne ; au bout de deux semaines le manuscrit était achevé et la Drôlesse14 sous presse. Et Dentu, émerveillé de cette promptitude, se jura de ne pas perdre de vue le nouveau venu.
De cette historiette, ne concluez pas, je vous prie, que l’auteur du Prince Zilah15 soit un improvisateur. C’est une légende contre laquelle il n’a cessé de protester. Claretie produit beaucoup parce qu’il travaille beaucoup, non parce qu’il travaille vite. Il lime, au contraire, il rature. Les feuillets verts, où il écrit ses chroniques, les feuillets blancs, où il échafaude ses pièces, sont surchargés d’annotations, de renvois, de béquets16. S’il en avait le loisir, il recommencerait ses ouvrages sur épreuves, ainsi que faisait Balzac. Et il regrette de ne pouvoir s’accorder ce plaisir et retoucher certaines pages, qu’il voudrait plus pures et plus serrées. Mais essayez donc de ciseler vos phrases, quand mille besognes diverses vous talonnent : la lecture des manuscrits, la surveillance des répétitions et la correspondance particulière !…
« Pourquoi, lui demandais-je, ne prenez-vous pas avec vous un secrétaire, un garçon sérieux, dévoué, et qui vous inspire une entière confiance ? »
Il poussa un grand soupir.
« D’abord je vous prierai de m’indiquer ce phénix, à supposer qu’il existe. Et puis, voyez-vous, les lettres que j’ai à écrire roulent sur des matières trop délicates. Un mot imprudent pourrait m’exposer aux pires désagréments et — ce qui est plus grave — coûter cher à la Comédie. On n’est jamais mieux servi que par soi-même… »
… Nous nous levons de table, nous entrons dans le cabinet de travail. Il est garni de dessins originaux, de curieuses estampes. Voici le portrait de Victor Hugo sur son lit de mort, crayonné par Clairin17 et le profil de Lamartine par de Rudder18… M. Claretie est accoudé à la cheminée, et, en attendant que l’infaillible Mairet lui crie : « Ne bougeons plus ! » il continue de suivre le fil de ses souvenirs. Quelqu’un met sur le tapis la prochaine élection académique19. Nous l’interrogeons sur les fameuses visites. Comment s’accomplit cette formalité traditionnelle ? Pour qui est-elle le plus pénible, pour celui qui reçoit ou celui qui est reçu ?
« Elle ne l’est pour personne, nous dit-il. Nos mœurs sont adoucies. Royer-Collard20 a emporté dans la tombe son humeur acariâtre. »
Lorsque Claretie entreprit sa tournée, il frappa tout d’abord à la porte de Renan. Le philosophe l’accueillit avec des transports affectueux. Il le serra dans ses bras et s’écria, sur le ton de la plus vive douleur :
« Hélas ! Weiss se présente, c’est moi qui ai mis en avant sa candidature. Je ne puis me dispenser de voter pour lui !… »
L’entretien s’acheva ; et, quand Renan, au bout d’un quart d’heure, reconduisit Claretie, il lui saisit de nouveau les mains :
« Ma foi, dit-il, je ne sais pas décidément si c’est pour lui ou pour vous que je voterai ! »
Claretie fut élu. Mais le plus piquant c’est qu’une vacance s’étant produite, Weiss, encouragé par Claretie, se présenta à nouveau ; et Claretie, rencontrant Renan dans un couloir et lui demandant son appui pour leur ami commun, Renan lui repartit, avec désinvolture :
« Vous vous êtes fait l’avocat de Weiss, mon cher confrère ; il ne saurait en avoir un meilleur. Je ne m’en occupe plus21… »
Renan était la cordialité et l’indifférence mêmes. Et d’ailleurs il considérait que les démêlés des Quarante ont une importance bien médiocre, si on les considère du haut de la voie lactée !…
L’immortel qui se montra le moins cordial fut un célèbre auteur dramatique, qui n’avait certes pas à se plaindre de l’administrateur de la Comédie-Française. Il eut des égards, tout juste ce qu’il fallait pour n’être pas impoli. Et, comme on lui demandait la raison de son étrange froideur, il laissa tomber cette parole admirable :
« Je n’ai aucune obligation à Claretie. Il ne reprend que celles de mes pièces qui ont du succès ! ! »
… Comme nous regagnons la gare avec notre amphitryon qui a voulu nous reconduire, la conversation prend un tour mélancolique. M. Jules Claretie est écœuré des vilenies, des lâchetés qui s’accomplissent dans le monde du théâtre, si brillant quand on l’aperçoit de loin, en réalité si misérable. Mais il les juge sans amertume, en observateur à qui la pratique de la vie a enseigné l’indulgence :
Ce sont vices unis à l’humaine nature22.
À quoi sert de se fâcher ? Le sage écoute sa conscience et méprise tout le reste. Je suppose que M. Claretie en est arrivé à ce degré de philosophie. Il a, dans sa propre maison, des ennemis qui le déchirent ; il leur oppose une inaltérable courtoisie : c’est le moyen le plus sûr de les désarmer. Et puis, la vengeance répugne à ce galant homme dont l’âme est pleine de bonté. Il a fallu, depuis dix ans, qu’elle fût profondément généreuse pour ne pas s’aigrir. Ajoutons que M. Claretie n’a pas le droit de se plaindre de la destinée ; il est heureux. Mais il a gagné la félicité dont il jouit par un labeur opiniâtre.
« Tout ce que je possède, nous dit-il, je l’ai acquis par les lettres ; ma plume a été mon seul gagne-pain… »
Il y a quelque fierté dans ce mot — une fierté légitime. M. Claretie est resté fidèle à sa devise, qui devrait être celle de tous ses confrères : Liber libro. La liberté par le livre, l’indépendance par le travail.
Adolphe Brisson
Notes
1 Il s’agit très vraisemblablement de la maison « Les Ormes », Chemin de La Saussaie (de nos jours 34 rue Gabriel Péri à Viroflay).

La maison de Jules Claretie en juillet 2016
2 Il semble qu’Adolphe Brisson écrive un peu au hasard. Jules Claretie était, chez lui, le plus souvent coiffé de cette sorte de chéchia ou de fez, que nous lui connaissons sur plusieurs photographies, dont celle de Manuel en frontispice de la monographie de Georges Grappe.
3 Henri Mairet (1850-1902), 107, boulevard Haussmann, très connu en son temps.
4 Francisque Sarcey (1827-1899), critique dramatique célèbre en même temps que très académique. Introduit par Edmond About, il a donné son premier article dans Le Figaro en 1857. En 1860, il devient critique dramatique au journal L’Opinion nationale. En 1867, il entre au Temps, où il tiendra son feuilleton pendant 32 ans, tout en collaborant à d’autres journaux. Il était surnomme « notre oncle à tous » et, indépendamment de cela était le beau-père d’Adolphe Brisson, qui avait épousé sa fille Yvonne. Yvonne écrivait dans les Annales politiques et littéraires de son mari, des conseils à la jeunesse sous le pseudonyme de « Cousine Yvonne ».

Dans La Revue illustrée du quinze septembre 1896 citée en ouverture de ce texte, nous reconnaissons, de gauche à droite, Jules Claretie, Madame (Eugénie Waill, 1848-1920), Adolphe Brisson debout derrière son beau-père
5 Deux romans de Jules Claretie portent ce nom ; Brichanteau comédien paru chez Eugène Fasquelle cette année 1896 et Brichanteau célèbre, chez le même éditeur, en 1906.
6 Clovis Hugues (1851-1907), journaliste méridional turbulent puis cinq fois député.
7 Jean de La Fontaine, Le Meunier, son fils et l’âne : « Le Meunier repartit : / Je suis Âne, il est vrai, j’en conviens, je l’avoue ; / Mais que dorénavant on me blâme, on me loue ; / Qu’on dise quelque chose ou qu’on ne dise rien, / J’en veux faire à ma tête. Il le fit, et fit bien. »
8 Charles Monselet (1825-1888), homme de lettres éclectique, biographe et gastronome.
9 Jules Janin (1804-1874), romancier et critique dramatique, notamment au Journal des débats, où il est demeuré quarante ans. Jules Janin a été élu à l’Académie française en avril 1870 au fauteuil de Sainte-Beuve.
10 Théophile Gautier (1811-1872, poète romantique, romancier et critique d’art. On se souvient notamment de Mademoiselle de Maupin paru chez Eugène Randuel, l’éditeur des romantiques (351 pages) et du Capitaine Fracasse (Charpentier 1863) et aussi de son recueil de poésies Émaux et Camées (Didier, 1852).
11 Georges Vicaire, dans son Manuel de l’éditeur de livres du XIXe siècle (Rouquette 1895), écrit (tome II, page 416-417) : « La première œuvre de M. Jules Claretie a paru en 1856. Voici, à ce sujet, un renseignement adressé par M. C1aretie à mon confrère regretté Henry Morel, du Moniteur universel, le 27 février 1888 : “Cher Monsieur. / Ma première copie a paru dans un petit journal intitulé : les Cinq centimes illustrés, publié, avec dessins, par l’imprimeur Serrières, alors imprimeur de la Presse d’E. de Girardin. / J’étais encore au collège. J’avais mis à la poste une sorte de légende limousine intitulée : Le Rocher des fiancés. C’était signé : Arnold Lacrétie […]. / La légende commençait ainsi : « Attaqué par une maladie de langueur, je voyageais depuis quelques années… » Or, en 1856, quand j’écrivais cela, j’avais quinze ans ! Je me rappelle mon émotion quand un élève externe me rapporta le numéro du journal avec ma prose imprimée. […] / Le Diogène ne vint que beaucoup plus tard. Ce journal les Cinq centimes illustrés est introuvable et je n’ai pas relu le Rocher des Fiancés. C’était le travail d’un collégien romantique et moyenâgeux.” » Georges Vicaire continue et indique : « Le Rocher des fiancés a paru dans le no 32 (19 juillet 1856) de : Les Cinq centimes illustrés, dont la collection se trouve à la Bibliothèque nationale. L’article commence ainsi : “Attaqué par une maladie de langueur, je voyageais, il y a une huitaine d’années…” » / Cette revue a pour titre complet : Les Cinq centimes illustrés, journal littéraire complètement inédit, moral et attrayant […] rédigé par l’élite des auteurs contemporains. Il semble avoir paru du quinze décembre 1856 (premier numéro) à au moins 1862 selon les nombreux vendeurs trouvées sur le web. Pour éviter des recherches inutiles, on peut penser que la date du 27 février 1888 (début de cette note) semble davantage correspondre à la date de la lettre de Jules Claretie à Henry Morel qu’à la date d’une parution dans Le Moniteur universel.
12 Gabrielle Anna de Cisternes de Courtiras, marquise de Poilloüe de Saint-Mars (1804-1872), romancière, a utilisé plusieurs pseudonymes dont celui de Comtesse Dash ou de Jacques Reynaud. Selon certains, Dash aurait été le nom de son épagneul. Après qu’une certaine noblesse ait cru déchoir en écrivant, à cette époque plus récente le nom d’un écrivain ne pouvait être que celui d’un homme ou d’une noble, voie ouverte par Sophie de Ségur, Marie du Deffant, Olympe de Gouges et plusieurs autres. La comtesse Dash a été collaboratrice d’Alexandre Dumas père. Elle a écrit sous ce pseudonyme une quantité incroyable de romans, souvent en plusieurs volumes.
13 On comprend mal. Si les affiches et les prospectus étaient prêts, le nom de l’auteur y figurait évidemment, surtout que la « comtesse Dash » était déjà une romancière connue. Édouard Dentu avait donc le choix entre changer le titre ou changer le nom de l’auteur… Les choses se sont donc déroulées peut-être un peu différemment mais l’histoire est bien belle et sera contée ici à Noël 2024, à l’occasion de la mise en ligne de de ce roman.
14 Une Drôlesse, Dentu, 1863, 232 pages.
15 Jules Claretie, Le Prince Zilah, roman parisien, Dentu, 1884, 439 pages.
16 Le béquet est à l’origine un mot de théâtre, correspondant à l’insertion dans les brochures des comédiens, d’une modification ajoutée par l’auteur. Cet ajour, collé, nécessitait parfois d’être rabattable et formait donc un bec de papier.
17 Georges Clairin (1843-1919), portraitiste à la mode.

Georges Clairin, Victor Hugo sur son lit de mort (23 mai 1885), fusain, mine graphite, aquarelle, gouache. Ce portrait a été donné en 1920 à la Maison de Victor Hugo par les héritiers de Jules Claretie
18 Louis-Henri de Rudder (1807-1881).

Louis-Henri de Rudder, Lamartine sur son lit de mort. Inscription en bas à droite : « À mon ami Louis Roger. / de Rudder, 1859 ». Photo B. Mahuet/Musée des Ursulines, Mâcon
19 Jules Claretie a été élu à l’Académie française en janvier 1888. Ce texte est paru en septembre 1896 ; les prochains élus seront, après l’excellent Gaston Paris élu le 28 mai, André Theuriet et Albert Vandal, élus lors de la session du dix décembre.
20 Royer-Collard (Pierre-Paul Royer, 1763-1845) (Collard était le nom de sa mère), homme politique et philosophe, Royer-Collard a été le chef de file, assez rigide, des Doctrinaires sous la première Restauration. Membre de la commission du dictionnaire à l’Académie française où il a été élu en 1827, ses prises de positions rigides sont demeurées célèbres.
21 Le Weiss en question ne fut jamais élu, il n’existe aucun Weiss parmi les immortels.
22 Molière, Le Misanthrope, acte I, scène 1 : « PHILINTE : Oui, je vois ces défauts dont votre âme murmure, / Comme vices unis à l’humaine nature ; / Et mon esprit, enfin, n’est pas plus offensé, / De voir un homme fourbe, injuste, intéressé, / Que de voir des vautours affamés de carnage, / Des singes malfaisants, et des loups pleins de rage. »
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