Vie à Paris parue dans Le Temps du treize janvier 1880 mise en ligne le lundi 14 octobre 2024. Temps de lecture vingt minutes. Les intertitres ont été ajoutés.
Camille de Montalivet et Jules Simon — Les deux orchestres de Vaucorbeil — Le bal de Juliette Lambert — Du divorce et de la nullité — Mœurs de la Comédie-Française — Les six invités du valet de chambre — Monsieur Ador — Jean-Baptiste Dumas — Le boucher de la Chapelle — Le voyage d’un bourreau — Les Mémoires de Madame de Rémusat — Notes

On tire encore les rois.
Je parle des rois que l’on tire à Paris, sous la République, et je ne prétends pas abuser de l’équivoque de cette expression, commune aux régicides et aux pâtissiers.
Le bœuf gras n’est plus à la mode. La galette des rois résiste davantage au progrès, à la chute des institutions monarchiques, à l’affaiblissement sensible des sentiments religieux.
Les pâtissiers royalistes ont pensé que rien n’était désespéré tant que les estomacs, qui sont les consciences de bien des gens, gardaient le culte des traditions, et pour paraître céder au progrès, pour en abuser, pour faire pénétrer la foi plus profondément, pour insinuer dans ce gâteau symbolique un message plus expressif, ils ont substitué à la fève de nos pères un bambino1 de porcelaine, un prince minuscule, tout nu, tout blanc, tout raide, tout vide, tout bête, qu’on risque d’avaler, qui court le risque de vous casser les dents, mais qui, lorsqu’il est convenablement sucé, nettoyé, débarrassé de 1a pâte, a des chances de représenter beaucoup mieux l’idée monarchique, qu’une fève ou qu’un haricot.
Je crois bien que c’est là toute la chance.
Encore une fois, je ne parlerai pas de la façon dont on tire les rois en Espagne2 ; mais à propos de cet attentat, je veux rappeler, ou révéler, un souvenir vraiment touchant du roi Louis-Philippe.
Dans son testament qui est déposé à Paris, chez un notaire du Faubourg Saint-Honoré3, et qui forme une liasse assez volumineuse, le vieux roi a consigné les appréhensions que lui inspiraient les sessions parlementaires. En tête de plusieurs codicilles envoyés pendant les dernières années de son règne, on lit à peu près ceci :
« Devant demain aller en personne ouvrir les Chambres, sachant par expérience que c’est ce jour-là que les assassins choisissent pour attenter à ma vie, ne sachant pas si la Providence cette fois encore me protégera… j’ajoute, ce codicille à mon testament, etc., etc.. »
Il n’est pas besoin d’être royaliste pour s’émouvoir de cette précaution paternelle ; et plus on est républicain, plus on pense avec mélancolie que c’est un état misérable, précaire entre tous que celui de roi.
Camille de Montalivet et Jules Simon
Un des plus fidèles serviteurs de Louis-Philippe, qui devînt sur ses vieux jours un des plus intelligents et des plus sincères partisans de la République, M. de Montalivet4, vient de mourir. On a dit sur lui, sur son rôle, sur ses conseils inutiles, à la veille de la révolution de 1848, tout ce qui importe à l’histoire.
Je veux ajouter un trait, que le hasard m’a révélé, au portrait de ce véritable parlementaire et de ce libéral convaincu.
En 1872, quand M. Jules Simon5, qui avait à lutter contre les vieux programmes et que l’on considérait alors comme un ministre un peu trop radical, demandait des réformes que l’on n’a pas dépassées, M. de Montalivet ému de cet effort, lui écrivait spontanément :
Montalivet-Lagrange6, 11 octobre 1872.
« Monsieur le ministre,
« Je ne saurais me dispenser de vous envoyer mes sincères félicitations d’ancien ministre de l’Instruction publique, au sujet des réformes ordonnées ou recommandées par votre dernière circulaire aux proviseurs des lycées.
« Je fais bien des vœux pour qu’elles ne soient pas entravées par l’esprit de routine que notre caractère national mêle si étrangement à l’amour immodéré du changement.
« Veuillez recevoir, monsieur le ministre, l’assurance de ma haute considération. »
Montalivet
Le hasard qui m’a permis de connaître cette lettre ne me permet pas de connaître tous les encouragements que M. Jules Simon a reçus pendant son ministère. Mais je crois qu’on serait bien surpris s’il communiquait les autographes, et s’il révélait les noms des libéraux et des républicains (puisque ces deux noms sont quelquefois distincts) qui lui ont écrit pour le féliciter, depuis le dépôt de son rapport sur l’article 7(7), à peu près comme M. de Montalivet le félicitait sur sa circulaire aux proviseurs8.
Les deux orchestres de Vaucorbeil
On danse, on va danser, pas plus sous l’avalanche que sur un volcan9, mais dans la salle de l’Opéra et dans les salons de la République.
M. Vaucorbeil10 fait bien les choses. Répondant à un vœu souvent formulé et toujours méconnu, cette année il inaugure deux orchestres.
Celui de la salle met toujours en branle le tourbillon que représente d’une façon si naturaliste le groupe de Carpeaux11, car, au fond, c’est le bal et non le ballet que l’artiste a voulu figurer ; l’orchestre du foyer présidera aux danses plus régulières, moins emportées. Il n’y a pas là de démarcation dont l’égalité du plaisir doive s’offusquer. On danse où l’on veut, comme ou veut ; seulement on peut danser partout.
Le bal de Juliette Lambert
Mme Edmond Adam, qui a repris ses mercredis, et dont le salon, à la fois très littéraire et très politique12, doit être compris dans les deux ou trois salons dont j’ai parlé il y a quelque temps, donne samedi prochain 17, un grand bal costumé où cette fois l’élément masculin, sérieux, diplomatique sera dominé par l’élément féminin. La grâce, qui est le droit, primera la force13.
Je ne sais pas comment se déguiseront les ministres qui fréquentent ce salon14, mais le déguisement est de rigueur. Ceux qui sous prétexte de dignité, de gravité, d’obésité ou de maturité prétendraient forcer l’entrée sans costume, recevront pour passeport…
Je ne le dirai pas ; j’ai juré le secret ; mais j’affirme que la fête sera belle, élégante, et que si l’appartement du boulevard Poissonnière, tout magnifique et vaste qu’il est, ne fléchit pas sous le fardeau et ne se crevasse pas sous l’effort des coudes, c’est qu’on l’a beaucoup consolidé depuis le jour où les boulets de M. Bonaparte l’ont éventré15.
Mme Adam aurait dû donner la fête le 2 décembre. Il y aurait eu là une antithèse charmante, et le fameux Ici l’on danse, qu’on lisait autrefois sur l’emplacement de la Bastille16 eût été une épitaphe aussi triomphante sur l’emplacement du bivouac sanglant des janissaires du futur et du défunt empereur.
On raconte des merveilles des costumes projetés. Comment sera costumée la maîtresse de la maison ? Un peintre naturaliste avait émis pour elle l’idée d’un costume historique. Mais elle n’a pas même été discutée. Si chacun adoptait le costume qui répond à son nom, Mme Adam pouvait être fort embarrassée.
Les invitations sont nombreuses ; celles qu’on refuse sont plus nombreuses encore. Tout un clan bonapartiste dans lequel se trouvaient des hommes du 16 mai17, voulait profiter de la mascarade, pour se rallier à la République ; on a décliné l’offre de son dévouement — Nous viendrons en pierrots ! disaient les postulants, voulant rassurer sur les emblèmes de leur toilette. On a trouvé qu’ils ne seraient pas assez déguisés.
Du divorce et de la nullité
Je ne sais si Alexandre Dumas fils sera de la fête, car il prépare pour cette quinzaine une surprise qui, dans son genre, va singulièrement allonger certains nez.
La fameuse brochure en réponse à l’abbé Vidieu18, sur la question du divorce, est devenue un volume, et ce volume est sous presse. Ce sera un évènement, et probablement un plaidoyer très piquant, très inattendu, surtout de la part des écrivains religieux. M. Dumas leur citera la Bible et l’Évangile de façon à les décontenancer.
Je ne sais s’il ajoutera à la série des arguments la sentence que vient de rendre le tribunal cardinalesque institué par Léon XIII(19), pour prononcer le divorce du prince de Monaco20 et de la princesse.
Évidemment l’Église catholique repousse le mot divorce, qui est un mot protestant ; mais elle admet le mot nullité21, qui vaut tout autant et qui pousse même la galanterie plus loin, car il semble redonner une investiture d’immaculation aux mères de famille.
Ainsi, voilà une princesse, bien et dûment mariée, qui sollicite la rupture d’un mariage avec son enfant dans les bras. Elle ne peut invoquer une de ces causes de nullité qui amusaient autrefois les juges22. Ce mariage n’a pas été seulement une fleur à peine effeuillée ; il a porté ses fruits. Malgré tout, après une enquête secrète qu’il importerait de connaître, dans l’intérêt des mœurs et surtout de l’infaillibilité papale, le mariage a été déclaré, non pas rompu, mais nul. Cette mère infortunée redevient une jeune fille. Voilà un miracle que ne demande pas M. Naquet23.
Est-ce parce que le mariage a été contracté sous les auspices de Napoléon III(24), qu’il a été déclaré indigne, bien que l’Église l’eût béni ?
N’est-ce pas plutôt parce qu’un jésuite s’en était mêlé, et que, dans toutes les affaires dont se mêlent les jésuites, il y a toujours un prétexte à rupture ?
Quoi qu’il en soit, le mariage est annulé. Une dame, assez dévote pour qu’on la sépare de son mari, demandait à un abbé d’esprit (il y en a), par quelle porte le divorce, si fort réprouvé par l’Église, était entré au Vatican.
— Eh ! madame, répondit l’abbé, ce n’est pas par la grande porte. Nous aussi nous avons l’entrée des artistes !
Mœurs de la Comédie-Française
On a publié ces jours-ci le chiffre des bénéfices que chaque part rapporte aux sociétaires de la Comédie-Française25. Cette part vaut un majorat et dépasse le budget impérial en faveur des sénateurs.
Il ne faut donc pas s’étonner si quelquefois les plus spirituels comédiens se croient des magistrats et des pontifes.
Dernièrement l’un d’eux, que je ne nommerai pas, était attendu pour la répétition d’une pièce nouvelle. L’heure passait et l’artiste ne venait pas ; tout à coup on voit entrer son frère, ou quelque autre parent assez proche.
— Eh bien ! qu’y a-t-il ? lui demande-t-on. Est-ce que X. est malade ?
— Il est occupé et ne peut pas venir répéter, répond son… parent. Il m’a chargé de répéter aujourd’hui à sa place.
Si ce pauvre Cham26 vivait encore, ce serait là un joli motif de caricature pour son crayon !
Les six invités du valet de chambre
On s’amuse, dans les coulisses d’un théâtre que je me garderai bien également de nommer, de l’exploitation par les domestiques d’une actrice célèbre, qui croyait précisément avoir pris le meilleur moyen de n’être pas exploitée.
Elle a mis sa nourriture et celle de sa famille en régie. Elle a fait avec son valet de chambre un arrangement par lequel celui-ci, moyennant dix francs par tête, lui doit le dîner de six personnes tous les jours, soit soixante francs par jour.
Quand l’artiste dîne seule, son dîner lui coûte soixante francs, et le domestique fait un joli bénéfice. Quand elle a cinq convives, l’entrepreneur exécute le cahier des charges, mais fait la grimace. Aussi, est-on bien sûr d’être mal accueilli par lui, à l’heure des repas, quand la liste des convives ne doit pas dépasser la demi-douzaine. Madame est souffrante ; madame ne reçoit pas ; si madame reçoit, on prie monsieur de ne pas rester longtemps, car le médecin a interdit toute fatigue. Tous les moyens sont bons pour éloigner un parasite qui entamerait les bénéfices convoités.
Si par le fait d’invitations, la dame du logis atteint le nombre de convives prévu par son abonnement, l’humeur du valet de chambre change tout à fait à chaque coup de sonnette :
— Monsieur vient sans doute pour dîner ? Madame serait désolée que monsieur ne dinât pas. Il est impossible de faire à madame ce crève-cœur. Il y a déjà six personnes ; un couvert de plus n’est pas une affaire !
Bienheureux le domestique si, au lieu d’un convive de hasard, il peut en racoler deux, trois, quatre. Ce sont autant de suppléments de dix francs qui lui arrivent.
— Vous avez un domestique fort aimable et qui fait bien les honneurs de chez vous ! ne cesse-t-on de dire à l’actrice en question.
Elle voudrait rompre son traité ; quant à renvoyer son valet de chambre, c’est impossible : elle a signé un engagement avec lui, elle est à son service.
Je ne serais pas étonné que ce petit mystère d’intérieur, qui a transpiré et qui sert de thème à une série de plaisanteries, ne figurât dans une revue de fin d’année27.
Monsieur Ador
Puisque je parle du théâtre, je dois une mention à cet excellent M. Ador, le contrôleur en chef de la Porte-Saint-Martin.
Il était là depuis plus de trente ans. Il connaissait tout le monde ; il avait vu passer des générations de critiques, d’auteurs. Il est mort sans avoir vieilli. Nos barbes grises et nos cheveux blancs saluaient comme au temps de notre jeunesse sa barbe noire ; il s’était immobilisé dans sa fonction.
C’était une physionomie nécessaire du Paris théâtral. Il était aussi indispensable à la Porte-Saint-Martin que les cariatides en pierre de la façade.
Quand, après la Commune, on a rebâti ce théâtre, inauguré à la veille de la Révolution, on s’est bien gardé de ne pas reproduire les cariatides qui dataient de Louis XVI ; c’eût été estropier le visage légendaire de la vieille salle, et il semble aujourd’hui que les esclaves courbés sous l’annonce de Cendrillon ou des Étrangleurs de Paris sont les mêmes qui fléchissaient, dans notre jeunesse, sous l’annonce de la Tour de Nesle et de Madame de la Vaubalière.
Jean-Baptiste Dumas
C’est jeudi que M. Taine28 prononcera à l’Académie française son discours, que l’on dit fort spirituel, et que M. Dumas, le chimiste, lui répondra par un autre discours, que l’on dit fort ennuyeux29-30.
Je comprends que l’Académie française ne résiste pas à la tentation d’accueillir de temps en temps des savants, des hommes spéciaux ; mais pourquoi les obliger à sortir de leur spécialité, et, quand il s’agit de répondre à un critique littéraire, aussi fin, aussi subtil que M. Taine, de parler d’un historien des lettres aussi ingénieux que M. de Loménie31, pourquoi ne pas dispenser un chimiste de traiter des sujets qu’il ne connaît pas ?
Il est peut-être très juste que M. Dumas soit de l’Académie française ; mais il devrait y avoir dans l’illustre assemblée, comme à la Chambre des députés, des membres orateurs et des membres astreints seulement à voter32.
Le boucher de la Chapelle
On a attendu que la place de la Roquette fût dégelée pour soumettre au président de la République les dossiers de quelques condamnés à mort.
Il ne paraît pas que la peine de Prévost33, le cent-gardes34, l’assassin de Lenoble35, ait des chances d’être commuée. Nous aurons donc très prochainement le récit d’une expérience faite par la Société d’anthropologie sur une tête qui lui aura été libéralement accordée.
Le seul attendrissement que la justice française manifeste envers un condamné à mort, c’est de lui servir du poulet à son dernier repas et de lui donner une cigarette quand il va à l’échafaud.
Les Américains, qu’on accuse souvent de brutalité, y mettent plus de formes, et je retrouve dans un journal des États-Unis une physionomie d’audience qui ne ressemble guère à celle de la cour d’assises où Prévost a été condamné.
Un certain Green venait d’être reconnu coupable par le jury, le président était obligé de prononcer contre lui la peine suprême.
Le juge lui dit :
— Monsieur Green, levez-vous. Le jury a déclaré que vous êtes coupable de meurtre, et la loi veut que je vous condamne à être pendu. Je désire que vous et vos amis, vous sachiez bien que ce n’est pas moi qui vous condamne à mort ; que le jury, c’est la loi. Voyons, monsieur Green, quel jour désirez-vous être pendu ? Vous savez que la loi vous accorde un certain délai pour vous préparer à ce grand acte.
Green répondit :
— S’il plaît à Votre Honneur, ce sera tout de suite. Ceux qui peuvent tuer le corps ne peuvent pas tuer l’âme. Fixez le jour vous-même, cela m’est indifférent.
Le juge, mécontent de la façon un peu raide dont le condamné prenait la chose, reprit paternellement :
— Réfléchissez, monsieur Green. C’est une chose grave d’être pendu. Je ne puis vous être utile que pendant votre vie, à moins que la corde vienne à casser, et vous ferez bien de prendre le plus de temps que vous pourrez.
— Je vous répète que cela m’est égal, fixez le jour que vous voudrez.
Le juge n’ose plus insister, il se tourne vers le greffier :
— Monsieur le greffier, puisque M. Green est indifférent sur le choix du jour où il sera pendu, veuillez voir si d’aujourd’hui en un mois ne tombe pas un dimanche.
Le greffier fait la recherche et dit que la date indiquée correspond au jeudi.
— Eh bien, monsieur Green, si cela vous convient, vous serez pendu d’aujourd’hui en un mois, à midi.
L’attorney général, qui craint que cette façon paternelle du président ne compromette la sévérité de la loi, intervient alors :
Je ferai remarquer à M. le président, qu’il est d’usage, dans des circonstances comme celle-ci, de prononcer une sentence développée, afin de faire comprendre au condamné la gravité de sa position, de lui inspirer le remords de son crime et de le préparer à subir le jugement qui l’attend dans le monde où il va.
Le juge sourit et s’écrie :
— Oh ! monsieur l’attorney général, M. Green comprend parfaitement tout cela. N’est-ce pas, monsieur Green ?
— Certainement ! certainement !
Cette scène n’est-elle pas charmante et avec de pareils procédés la peine de mort n’est-elle pas une occasion de politesse ?
Le voyage d’un bourreau
Un éditeur aura-t-il l’idée de publier en France les impressions de voyage du chah de Perse36, qui égayent en ce moment les lecteurs anglais ?
On ne peut imaginer à quel point de naïveté, de naturalisme enfantin, ce souverain pousse la candeur. Si on ne savait pas qu’il fût dans son pays l’auteur des plus effroyables exécutions que jamais tyran ait ordonnées ; qu’il a fait flamber des victimes enduites comme des torches, marcher des pères sur les cadavres de leurs enfants, et qu’il a failli empester son empire de la puanteur des cadavres, on prendrait ce barbare pour un Calino37, ce Néron pour un Jocrisse.
Au surplus, il est consolant, pour la civilisation qu’un souverain féroce soit en même temps un imbécile. La royauté n’y gagne pas en prestige et cette circonstance n’est guère atténuante ; mais la conscience humaine est soulagée. Qu’une bête soit féroce, ce n’est plus qu’un degré dans l’animalité. L’essentiel pour la morale est que le fauve soit une bête, et si l’on publie les réflexions naïves de celui qui fut l’hôte solennel de la France, il faudra pour tempérer l’hilarité, raconter dans une notice les atrocités qui ont signalé son règne.
Les Mémoires de Madame de Rémusat
Une publication plus impatiemment et plus justement attendue est celle du troisième volume des Mémoires de Mme de Rémusat38. Je suis assuré qu’il ne le cédera en rien aux deux premiers, et que le servilisme des fonctionnaires impériaux, notamment y est raconté d’une façon saisissante.
Napoléon, qui se vantait de ne trouver aucun obstacle dans sa conscience, n’en rencontrait guère dans celle de ses officiers, et en attendant que je cite les Mémoires de Mme de Rémusat, je livre par avance cette indication tirée des Mémoires du duc de Raguse39. Elle servira de preuve à l’appui du récit de l’honnête femme.
Voici dans le tome II, page 194, ce que raconte Marmont :
« Nous étions à Vienne, en 1809 ; l’on causait dans un moment perdu comme il y en a tant ; l’armée et le dévouement étaient le texte de la conversation. Davoust40, suivant son usage, parlait du sien et le mettait au-dessus de tous les autres. « Certainement, dit-il, on croit avec raison que Murat est dévoué à l’empereur : eh bien ! il ne l’est pas au même degré que moi. Si l’empereur nous disait à tous les deux : Il importe aux intérêts de ma politique de détruire Paris, sans que personne n’en sorte et n’en échappe, Murat garderait le secret, j’en suis sûr ; mais il ne pourrait pas s’empêcher de le compromettre cependant en faisant sortir sa famille : eh bien ! moi, de peur de le laisser deviner, j’y laisserais ma femme et mes enfants ! »

Voilà le comble du dévouement ! Il faut ajouter comme correctif que Davoust se vantait peut-être. Il aspirait à plus de férocité et de fidélité qu’il n’en aurait montré le cas échéant. Tous ces maréchaux à Fontainebleau ont prouvé qu’ils étaient encore plus dévoués à leur fortune qu’à celle de l’empereur. Ne nous en plaignons pas. L’égoïsme des instruments que façonne la tyrannie est une garantie contre le despotisme lui-même.
Voilà ce que prouve excellemment Mme de Rémusat dans ce troisième volume ; ce qu’elle a déjà démontré dans les deux premiers.
Le Spectateur
Notes
1 Le mot s’est un peu perdu depuis la chanson de Dalida, scie de l’hiver 1956-1957. Jules Claretie parlant de religion, le bambino en question est une statuette de l’enfant Jésus représenté dans les bras de la Vierge. Certaines de ces sculptures sont amovibles et quittent les bras de leur mère pour être déposées dans la paille à Noël.
2 Le trente décembre dernier, à 17 heures, le roi Alphonse XII et la reine d’Espagne rentraient en phaéton au palais lorsqu’un Gallicien de 19 ans a tiré deux coups de pistolet effleurant le front d’un laquais qui se tenait derrière le roi.
3 « Le quatre septembre 1850, par ordonnance du tribunal civil de la Seine, les testaments et codicilles de « Louis-Philippe d’Orléans, ex-roi des Français », mort au château de Claremont, en Angleterre le 26 août précédent, sont déposés chez Maître Dentend, notaire à Paris. » (institut national du Patrimoine).
4 Camille Bachasson, comte de Montalivet (1801-quatre janvier 1880), plusieurs fois ministre, ami et exécuteur testamentaire de Louis-Philippe.
5 Jules Simon (Jules-François-Simon Suisse, 1814-1896), agrégé puis docteur en philosophie, fondateur de l’éphémère revue mensuelle La Liberté de penser (1847-interdite en 1854). Jules Simon a été révoqué de l’enseignement pour ses propos opposés au second empire instauré par Napoléon III en décembre 1852. L’avènement de la Troisième République lui redonne les honneurs et lui vaut une élection à l’Académie française puis la présidence du Conseil des ministres en décembre 1876, cherchant à réconcilier les extrêmes sur les questions religieuses.
6 Camille de Montalivet était propriétaire du château de Lagrange, acquis par son père, à cinquante kilomètres au nord-est de Bourges.
7 Il s’agit de la loi qui sera votée le 18 mars 1880, relative à la liberté de l’enseignement supérieur déposée par Jules Ferry, proposant de soustraire l’enseignement de la tutelle de l’Église. Ce projet de loi a évidemment enflammé les passions. Déposé le 15 mars 1879, le projet de loi est discuté au cours de l’été à la Chambre des députés. Transmis au Sénat, il est renvoyé devant une commission présidée par Jules Simon qui en devient également le rapporteur. Trois rapports sont déposés par Jules Simon. La loi paraîtra, amputée de l’article 7 du projet. Cet article, très radical, n’autorisait que cinq congrégations d’hommes à enseigner.
8 Jules Simon, Circulaire aux proviseurs sur l’enseignement secondaire datée du 27 septembre 1872. Dans l’attente d’une rénovation pédagogique Jules Simon choisit de faire largement appel à la collaboration des enseignants. L’idée est d’avancer pas à pas afin d’éviter les heurts. Dans cette circulaire il invite les proviseurs à réunir une fois par mois tous les professeurs de leur établissement pour déterminer les besoins des enseignements.
9 L’expression « danser sur un volcan » vient de Narcisse-Achille de Salvandy (1795-1856). En août 1829, Jules de Polignac venait d’être nommé président du Conseil des ministres de Charles X. Opposé à cette nomination, Salvandy donna sa démission de Conseiller d’État. En mai suivant (1830), à l’occasion d’une réception en l’honneur du roi des Deux-Siciles, Salvandy dit à Louis-Philippe : « Voilà, Monseigneur, une fête toute napolitaine : nous dansons sur un volcan ! » Le Vésuve, évidemment. Deux mois plus tard est survenue la révolution de Juillet destituant Charles X et conduisant à l’avènement de Louis Philippe.
10 Vaucorbeil (Auguste Emmanuel Veaucorbeille, 1821-1884), compositeur, directeur de l’Opéra de Paris de 1879 à sa mort).
11 Ce « groupe de Carpeaux » — c’est ainsi que cette allégorie de la danse était nommé à l’époque — est en fait le groupe statuaire La Danse. La façade de l’opéra comporte, au rez-de-chaussée, quatre statues et quatre groupes. Les quatre statues situées entre les arcades représentent L’Idylle, La Cantate, Le Chant, et Le Drame. Les quatre groupes, aux deux extrémités représentent, à gauche, L’Harmonie et La Musique instrumentale puis à droite, La Danse et Le Drame lyrique. La Danse, qui nous occupe ici, est un ensemble statuaire représentant huit personnages, si on les a bien comptés. À la fin du mois de juillet 1869, les quatre groupes ont été dévoilés au public, faisant apparaître l’intense supériorité de Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875). De nombreux pudibonds verront un œuvre de débauche.

12 Juliette Lambert (1836-1936), femme de lettres et salonnière. Veuve en 1867, elle épouse l’année suivante l’homme politique Edmond Adam (1816-1877). Juliette Lambert tenait salon chez elle, 23 boulevard Poissonnière dans cet encore bel immeuble en retrait du boulevard comme il en existe encore quelques-uns, celui-ci avec neuf fenêtres en façade et un retour à gauche. Ce salon était très républicain du temps du second empire.
13 Allusion à la locution latine Cedant arma togae. Tout le monde, à l’époque, connaissait le latin et avait lu Cicéron, il n’était donc pas nécessaire de préciser.
14 Possiblement Louis Blanc, le jeune Georges Clemenceau alors député, Charles de Freycinet, Gabriel Hanotaux, Émile de Marcère, Eugène Pelletan, Adolphe Thiers…
15 Le Bonaparte en question est Napoléon III qui a fait tirer sur les insurgés s’opposant à son coup d’état du deux décembre 1852 abolissant la IIe république. Nombreux se réunissaient chez Juliette Adam.
16 À l’occasion du bal donné sur les ruines de la Bastille, les nuits du 18 au 20 juillet 1790. Cet événement se prolongera tous les ans le quatorze juillet jusqu’à nos jours.
17 Le 26 Floréal an XII (16 mai 1804) le Conseiller d’État Jean-Étienne Portalis (1746-1807) présente au Sénat un projet qu’il convient d’approuver sans discussion. Deux jours plus tard sera proclamée la Constitution de l’an XII qui impose, dans ses deux premiers articles : « 1. — Le Gouvernement de la République est confié à un Empereur, qui prend le titre d’Empereur des Français […]. 2. — Napoléon Bonaparte, Premier consul actuel de la République, est Empereur des Français. » « Fermez le ban » comme écrirait Le Canard enchaîné.
18 Auguste Vidieu (1831-1894). Le texte de la couverture de cet ouvrage (228 pages) est le suivant : « Famille et divorce, par l’Abbé Vidieu, docteur en théologie, membre de l’Académie des Arcades, de l’Académie nationale de Reims, Vicaire à Saint-Roch », Dentu 1879. Cet ouvrage fera débat et provoquera dans l’année (rédigé du deux octobre au six décembre 1879) une réponse d’Alexandre Dumas (fils, évidemment), La Question du divorce, en 417 pages. Cette réponse est parue chez Calmann-Lévy datée de 1880 avec cette citation en exergue : « Qui cherche, remue, qui remue, trouble. » Les éditions suivantes de l’ouvrage d’Auguste Vidieu, toujours chez Édouard Dentu, seront enrichies d’une quinzaine de pages de « Réplique au livre d’Alexandre Dumas ».
19 Léon XIII (1810-1903), pape depuis deux ans, influent par la durée de son mandat (25 ans).
20 Albert Ier (1848-1922) a épousé en 1869 Mary Victoria Hamilton (1850-1922) qui lui a donné un fils, Louis II (1870-1949), qui montera sur le trône en 1922. La mésentente survient au bout de quelques mois de mariage, qui se soldera, au début de cette année 1880 par un divorce civil et l’annulation du mariage par Rome. Albert ne règne pas encore, c’est son père, Charles III (1818-1889) qui est au pouvoir. Albert Ier se remariera, civilement, en 1889 avec Alice Heine (1857-1925).
21 Le mot nullité est important. Annuler un mariage est reconnaître qu’il a eu lieu. Le mariage, par définition indissoluble, ne peut pas être annulé. On dit donc qu’il n’a pas eu lieu. L’argument tout jésuitique de l’Église est que pour avoir lieu, un mariage doit comprendre un certain nombre de conditions. Si une des conditions n’est pas remplie, le mariage n’a pas pu se tenir et la cérémonie n’était donc qu’une mascarade. Les enfants (ici Louis) demeurent néanmoins enfants légitimes. Allons plus loin. Si la cause de nullité disparaît une fois le mariage rendu nul et si le couple désire demeurer, le mariage ne sera pas célébré mais convalidé, phénomène suffisamment rare pour que le mot soit absent de la plupart des dictionnaires.
22 Les motifs sont nombreux, naturels (refus ou empêchement de relations sexuelles ; âge, consanguinité) ou légaux.
23 Alfred Naquet (1834-1916), médecin et chimiste, a fourni en 1867 des produits chimiques incendiaires à des anarchistes, ce qui lui a valu quinze mois de prison. En février 1871 il est élu député (extrême gauche) du Vaucluse, son département de naissance et sera réélu sans discontinuer sur six législatures (certaines fort brèves) jusqu’en 1898. Alfred Naquet est parvenu, en 1884, à faire rétablir le divorce, autorisé pendant la Révolution puis aboli par la Restauration. Même si les conditions du divorce restaient très restrictives, ce droit ne sera plus remis en cause.
24 Mary Victoria Hamilton était cousine de Napoléon III.
25 Jules Claretie ne sera administrateur général de la Comédie-Française que dans cinq ans, en octobre 1885. Par « on a publié ces jours-ci », Jules Claretie pense au Figaro d’hier, douze janvier dans lequel, page deux, sous le titre « Les comédiens » Saint-Réal se livre à un jeu de massacre : « Le sociétaire du Théâtre-Français, on ne le sait généralement pas, est un vrai capitaliste, un gros financier, qui ne joue pas seulement les Mondor et les Turcaret sur la scène, mais qui garde les grasses réalités du rôle dans l’ombre de la coulisse. Ses bénéfices dépassent de beaucoup ceux que donnent l’industrie, la navigation, le commerce, et cela sans risques, sans péril, sans secousse, aux doux bruit d’applaudissements du parterre. / Sait-on, par exemple, à combien se monte, la part de M. Coquelin pour l’année qui vient de finir ? — À 69 000 francs, sans compter les congés ni les fugues lucratives au dehors. N’est-ce pas un joli denier et de nature à satisfaire l’ambition la plus légitime ? » Il y en a comme ça, près de deux colonnes. Au dos de la page trois de ce numéro du Temps du treize janvier que nous sommes en train de lire, la minuscule rubrique « Spectacles et concerts », rend rapidement compte de l’article du Figaro.
26 Les notes antérieures ne sont pas reprises. Pour Cham, voir La Vie à Paris du trente décembre 1879.
27 En attendant cela, ce billet sera repris par L’Union libérale de Tours du seize janvier et dans le Journal de Saint-Quentin le seize mai. Il était l’usage que les journaux de province reprennent les nouvelles des journaux de Paris… sans nécessairement citer leur source.
28 Hippolyte Taine (1828-1893), normalien (condisciple d’Edmond About et de Francisque Sarcey). Docteur ès-lettres, Hippolyte Taine fréquente Émile Boutmy, le fondateur de l’École libre des sciences politiques. Élu à l’Académie française il n’y a pas encore deux ans, en novembre 1878, il va être reçu dans deux jours par Jean-Baptiste Dumas (1800-1884), le quinze janvier 1880.
29 Les discours doivent être remis au secrétariat de l’Académie pour être approuvés. Il est donc possible que des fuites aient lieu. Par ailleurs les discours sont remis aux journaux, quelques jours avant pour composition. De larges fragments de celui d’Hippolyte Taine paraîtront dans Le Temps du seize janvier et couvriront quatre colonnes de la page trois.
30 Jules Claretie démentira ce qualificatif dans La Vie à Paris du 28 janvier.
31 Louis de Loménie (1815-1878), professeur de littérature française au Collège de France et à l’École Polytechnique. Ses articles de la Revue des deux mondes ont été réunis en dix volumes sous le titre Galerie des contemporains illustres, par un homme de rien, René et cie, 1840-1847. Il est l’éditeur des Œuvres complètes de Beaumarchais. Louis de Loménie a été élu à l’Académie française en 1871 au fauteuil de Prosper Mérimée. Il a été reçu par Jules Sandeau.
32 Jean-Baptiste Dumas n’a pas été « obligé » de répondre à Hyppolite Taine ; c’est simplement le rôle du « directeur du trimestre » au cours duquel la vacance du prédécesseur (ici Louis de Loménie, 1815-1878) a été annoncée. À défaut du directeur du trimestre, un autre académicien peut le remplacer. Jules Claretie connaîtra tout cela en détail lorsqu’il sera élu à son tour, dans huit ans, le 26 janvier 1888.
33 Victor Prévost (1836-1880), Le boucher de la Chapelle, sera guillotiné dans six jours le 19 janvier 1880. Ce colosse violent a été boucher, militaire puis gardien de la paix dans le quartier de La Chapelle, à la lisière nord de Paris, tuant alors plusieurs personnes.
34 L’escadron des cent-gardes, créé par Napoléon III et lui étant spécialement attaché, était un corps d’apparat, un peu comme la garde républicaine de nos jours. La fin du règne de l’empereur a mis fin aux cent-gardes et Victor Prévost s’est donc trouvé sans emploi.
35 Le bijoutier Alexandre Lenoble a été assassiné en septembre dernier puis découpé en près de 80 morceaux dispersés çà et là, qui ont presque tous été retrouvés. Il s’agit du dernier meurtre de Prévost.
36 Nâser ed-Din Shâh Qâjâr (1831-1896), shah de Perse de 1848 jusqu’à sa mort, assassiné. Le vœu de jules Claretie a été exhaussé 120 ans plus tard par Actes sud, dont voici de larges extraits de la quatrième de couverture : « Le samedi 19 avril 1873, Nâser ed-Din Shâh Qâjâr, qui règne sur la Perse depuis vingt-cinq ans, quitte sa capitale Téhéran pour l’Europe où il sera officiellement reçu dans huit pays (Russie, Allemagne, Belgique, Angleterre, France, Suisse, Italie et Autriche). Il visite ensuite la Turquie et regagne Téhéran le 23 septembre. Premier souverain persan à se rendre en Europe, il relate lui-même son long périple dans un récit haut en couleur, publié aussitôt sous forme de feuilleton dans le Journal officiel d’Iran. Venu en Europe “constater personnellement les moyens bénéfiques utilisés par les gouvernements pour assurer le bien-être de leurs peuples et pour protéger leurs droits et leur prospérité”, le shâh est d’abord frappé par le décalage entre la Perse et l’Occident industrialisé. Mais s’il découvre avec enthousiasme l’électricité et les chemins de fer, le théâtre et l’opéra ainsi que plusieurs objets surprenants comme les tondeuses à gazon et les voitures d’enfants, le débat parlementaire houleux auquel il assiste à Versailles renforce son opposition à tout système démocratique… Outre son intérêt historique, ce récit de voyage eut une influence certaine sur la littérature persane. La langue simple et directe utilisée par le shâh devint vite à la mode et, paradoxalement, servit de modèle aux écrivains qui contestaient à l’époque l’administration “incompétente et corrompue des Qâjârs”. En popularisant cette prose moderne et souple, le shâh aura contribué, à son insu, au mouvement constitutionnel auquel il était farouchement opposé.
37 Calinot (avec un t) est le titre d’une nouvelle et le nom du personnage, que l’on trouve dans le recueil des frères Goncourt : Une voiture de masques, paru chez Dentu en 1855. En mars de l’année suivante, au Vaudeville du boulevard des Capucines, Théodore Barrière et Antoine Fauchery ont repris le personnage en lui supprimant son t dans la comédie en un acte Calino chargé d’atelier, l’atelier étant évidemment celui d’un de ces peintres qui à l’époque obéissaient à deux règles : Un loyer ne doit jamais être payé et tout déménagement s’effectue par la fenêtre.
38 Mémoires de Madame de Rémuzat 1802-1808, publiées par son petit-fils, Paul de Rémuzat, sénateur de Haute-Garonne, volume III, Calmann-Lévy 1880. Claire Gravier de Vergennes (1780-1821), à 41 ans, comtesse de Rémusat, dame du palais de l’impératrice Joséphine.
39 Mémoires du duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l’auteur, Perrotin, libraire-éditeur 1857, sept volumes. Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont (1774-1852), duc de Raguse en 1808, maréchal d’Empire en 1809, pair de France en 1814.
40 Louis Nicolas d’Avout, puis Davout, on devine pourquoi (1770-1823), ne s’est jamais appelé Davoust selon son état-civil. Pourtant cette graphie fautive est parfois rencontrée, comme ci-dessous, sur le pilier est de l’arc de triomphe.

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