La Fête de Corot

Ce texte ne fait pas partie des Vie à Paris mais des « Chronique ». Il est paru dans Le Temps du 29 mai 1880, page deux. Les intertitres proviennent de l’édition Havard. Ce texte fait référence à trois œuvres sculptées en hommage à Camille Corot : le buste, puis « un monument élevé par des amis au souvenir de Corot » et enfin une fontaine.

Page web mise en ligne le dix février 2025. Temps de lecture : onze minutes.

Le couronnement du buste de Corot à Ville-d’Avray — Une lettre de Jules Dupré — Histoire de la maison de Corot — M. Gambetta causeur — Charité discrète de Corot ; son ami Dautnier — Notes

Le couronnement du buste de Corot, à Ville-d’Avray, n’aura point ressemblé, Dieu merci, aux funérailles du vieux Maître1-2.

Dans l’église et devant le cercueil de Corot, le prêtre, prononçant tout à coup une oraison funèbre très intempestive, s’était mis, ce jour-là, à donner aux artistes des leçons de moralité. Le pauvre Corot n’en avait pas besoin, mais le prédicateur tenait à son texte : Il faut qu’un artiste soit moral !

Une lettre de Jules Dupré

Au sortir du cimetière, un des amis de Corot3, un éminent artiste, dont je citais, tout à l’heure, un mot exquis sur le maître paysagiste, écrivait, un peu attristé et tout ému, la lettre que voici à un critique :

Mon cher Montrosier4,

J’ai été conduire hier au champ du repos notre vieil ami et tant regretté Corot, et je puis vous affirmer que tout l’Institut mourrait en bloc et serait enterré de même, que tous ces grands peintres officiels n’auraient pas pour les conduire en terre un cortège pareil à celui qui a suivi le char emportant notre cher mort. Heureusement cette nature d’élite qui vient de disparaître avait su se créer un monde imaginaire dans le monde réel ; il en était arrivé à voir l’humanité non pas comme elle est, mais comme il aurait voulu qu’elle fût et comme elle devrait être ; c’est ce qui le poussait sans cesse à faire le bien et le faisait peindre, pour ainsi dire, avec des ailes au dos, car tous ses tableaux sont éthérés.

Un incident regrettable s’est produit à l’église. Le curé en chaire a été maladroit. Si Fénelon avait pu prendre sa place, il nous aurait fait un sermon sur la charité discrète qui, avec la peinture, était la passion dominante de notre cher Corot, et je suis certain qu’il nous aurait touchés jusqu’aux larmes au lieu de nous indisposer.

Je ne puis mieux finir qu’en vous disant que, si le souvenir embaume les morts, notre cher Corot est bien embaumé.

Cette fois, à Ville-d’Avray, devant le monument élevé par des amis au souvenir de Corot5, il n’y a eu personne à rappeler à la charité chrétienne. J’ai rarement vu une cérémonie aussi poétiquement consolante. Il y avait dans les discours de ceux qui parlaient, dans l’émotion de ceux qui écoutaient, une sorte de pieuse joie que le brave et bon Français6, le disciple de Corot, avait traduite d’avance par ces mots : Un gai pèlerinage, dans son discours pittoresque et émouvant. Rien de l’impression funèbre d’un triste bout de l’an : au contraire, dans le plein air de ce jour de mai, au bord des étangs, devant cette foule, une impression d’apothéose païenne, de fête idyllique avec des airs de musique sous les arbres et des larmes en bien des yeux.

Histoire de la maison de Corot

Nous étions arrivés quelques heures avant la cérémonie. L’éditeur Alphonse Lemerre réunissait chez lui quelques amis et admirateurs du maître. Jolie maison du dix-huitième siècle dont la terrasse, où grimpe un fin rosier, donne sur les étangs de Ville-d’Avray et sur la place même où l’on a élevé à Corot un monument — une fontaine. C’est l’ancienne demeure du peintre.

Cette maison de Corot a une histoire. À la fin du siècle passé, un capitaine de la chaîne des forçats, M. Thiriet de Grandpré, devisait sentimentalement au bord des étangs avec une demoiselle d’Opéra. Le lieu plut à la « jeune beauté » et elle soupira ce désir : achever sa vie orageuse devant cette eau calme. Le capitaine de la chaîne des forçats, homme sensible selon le temps, combla les vœux de la nymphe : il acheta le terrain, y fit bâtir un logis et un kiosque aux murs roses, un Trianon minuscule.

— C’est le dernier chapitre de Manon Lescaut, disait hier spirituellement M. Gambetta, qui était venu des Jardies, sa propriété voisine7, pour assister à la fête de Corot.

Après M. Thiriet de Grandpré, ce fut l’académicien Étienne8 qui acheta la propriété de Ville-d’Avray et y fit bâtir une sorte de portique de temple grec de l’époque impériale qui a dû maintes fois amener un sourire sur les lèvres de papa Corot. En 1817, Corot devenait acquéreur de la propriété, et, après la mort du maître, M. Alphonse Lemerre9 l’achetait, avec son potager, son kiosque et ses eaux vives. Il lui arrivait même cette bonne fortune imprévue : dans le kiosque rose où Corot travaillait, six peintures à fresque de Corot, toutes fort importantes, existaient : des paysages d’un charme inexprimable, et, entre autres, la vue même de la propriété, le fameux kiosque rose du capitaine de la chaine, avec son encadrement de grands arbres pleins de frissons. M. Lemerre fit détacher ces peintures murales et, marouflées, comme on dit, on les transporta sur toile. Le paysagiste Daubigny10 déclarait l’opération impossible. Lorsqu’il vit ces six magnifiques tableaux dans leurs bordures, accrochés aux murs du salon, il poussa un cri d’admiration.

Monsieur Gambetta causeur

Ces six Corot admirables sont, avec les portraits des poètes édités par Lemerre : André Chénier, Victor Hugo, Banville, Coppée, Leconte de Lisle, Sully-Prudhomme — réunis dans une même verrière (quant aux malheureux prosateurs, il n’en est pas question !) — l’ornement de ce logis aimable qui retentissait hier des louanges de l’ancien propriétaire disparu. Au déjeuner qui a précédé la fête, M. Gambetta, oubliant la politique pour ne se souvenir que des choses de la poésie et de l’art, a charmé son monde dans une causerie où l’on retrouvait le Gambetta salonnier, si je puis dire, le Gambetta qui inventait, devant un tableau, le mot juste, l’adjectif pittoresque, traduisait, comme le plus remarquable des critiques, l’impression ressentie et l’impression exacte, comme, par exemple, il y a dix ans de cela, il définissait devant nous tel tableau d’Heilbuth11 : « Watteau et l’Embarquement pour Cythère à Bougival ! »

On serait resté longtemps à écouter ainsi le président de la Chambre, demeuré le Parisien jeune et sachant tout d’autrefois. Mais, sous la tente rayée et pavoisée, la foule attendait, une foule choisie où bien des gens illustres étaient venus se confondre pour rendre hommage à Corot.

Devant le monument de marbre, on s’assied. La musique joue.

— Corot aimait ces airs-là, nous dit M. Eugène Lavieille12, le digne élève du maître. La veille de sa mort, il m’a encore demandé à lui chanter l’Orphée de Gluck13.

La fontaine élevée à Corot est encore enveloppée de toile14. Les voiles tombent. Sous le rossignol monté sur une branche de laurier qu’a sculpté Geoffroy Dechaume15, le fin profil bonhomme de Corot apparaît, éclairé tout droit par le soleil. C’est bien lui : les cheveux au vent, le front découvert, la bouche entr’ouverte, avec ces expressifs clignements d’yeux qu’il avait devant un paysage, en fumant sa pipe, ou devant un décor de théâtre, en écoutant avec une naïveté d’enfant.

Tout le monde applaudit l’œuvre où Geoffroy Dechaume, le bon sculpteur, honnête homme doux et fuyant le bruit comme tous ces vieux artistes d’autrefois, a mis tout son talent au service du souvenir de son ami. M. Turquet16 prend la parole et, en quelques mots bien frappés, ouvre la cérémonie au nom de l’État. Puis, M. Français se lève. Ce solide rural des Vosges, fort comme un chêne, solide comme un jeune homme, avec sa barbe blanche, est ému comme un enfant. Il lit son discours17 d’une voix forte, simple, parfois entrecoupée de sanglots. C’est du cœur que sort cette éloquence mâle. Il y a là je ne sais quoi de sain, de viril et de vrai qui saisit, qui séduit. On acclame Français lorsqu’il se rassied. Le maître paysagiste a signé là un beau portrait à la plume.

M. Hattat18, au nom du conseil municipal de Paris, parle de Corot « enfant de Paris ». M. Dumesnil raconte la vie et écrit la biographie de son ami. Puis, tête nue, des fleurs à la main, — non pas vêtue en Muse grecque, comme on l’avait dit, — mais avec sa robe rose à pois noirs, représentant bien, avec son sourire ému, la Muse de la jeunesse, Mlle Blanche Barretta19 s’avance et, déposant sa gerbée sur le socle du monument, récite des vers exquis de Coppée, des vers parfumés comme des lilas. Elle les dit avec une grâce infinie, et nous retrouverons, dans quelque gravure, l’image svelte de cette jeune fille rose debout sous le soleil près de ce marbre blanc20.

La poésie a dignement célébré la peinture. M. Turquet se lève, appelle Geoffroy Dechaume qui, modeste, se tient dans la foule des spectateurs, et lui annonce qu’au mois de juillet prochain son ruban de chevalier se changera en rosette d’officier de la Légion d’honneur. On applaudit encore et chacun emporte de cette fête d’un grand amant de la nature une impression de joie paisible et fortifiante.

Le soir, dans Ville-d’Avray, qui pavoisait pour Corot et mettait des drapeaux à ses fenêtres comme pour un grand de la terre, il y a eu banquet où M. Gambetta, après toutes ces harangues, a improvisé le plus charmant, le plus pénétrant des discours, un chef-d’œuvre littéraire où les poètes et les peintres ont tour à tour été célébrés par l’homme d’État, une improvisation virgilienne où Corot a été évoqué une fois de plus et où le magnifique orateur, redevenant tout jeune et se retrempant aux souvenirs de l’art antique, s’est écrié :

— Demain les préoccupations de la vie, les discussions et les haines, nous ressaisiront tous ; mais, aujourd’hui, mais, ce soir, savourons la pure joie de l’art qui est la consolation suprême !

Et il avait raison : c’est un beau jour de fête que cette halte en plein idéal.

Charité discrète de Corot

Nous étions revenus, à l’heure du couchant, par les bois déjà pleins de silence, de ce mystère qui enveloppe les toiles de Corot. Nous évoquions, devant ces idylles vivantes, le souvenir du Maître, et nous nous rappelions un des traits de cette charité discrète de Corot, dont parlait Jules Dupré dans la lettre citée plus haut. Ce trait, c’est la façon dont il acheta, sans dire un mot, à Daumier devenu vieux et aveugle, une petite maison sur la route d’Anvers, la manière dont il conduisit le pauvre admirable artiste sous ce toit rustique, et lui dit, souriant :

— Voilà une maisonnette où l’on se reposerait volontiers, en faisant de la peinture, n’est-ce pas ?

— Ah ! je crois bien ! répondait Daumier. Seulement je n’ai pas la maison et je n’ai plus d’yeux !

— Les yeux, ça revient, et quant à la maison, mon cher Daumier, restez-y ! Faites-y apporter votre chevalet, vos pinceaux et votre crayon lithographique ! Elle est à vous ! Gardez-la !

M. Dumesnil redisait encore hier comment après avoir fait, quoique septuagénaire, son service de garde national durant le siège de Paris, Corot avait apporté dix mille francs pour la libération du territoire. Et quel chagrin lorsqu’il avait fallu les reprendre ! — Il les avait, sans doute, bien vite dépensés en bonnes œuvres. L’argent lui importait peu.

M. Arthur Stevens21 lui répétait, un jour :

— Vous faites trop de tableaux, Corot, et des tableaux à deux cents francs la pièce ! À quoi bon ?

— Eh ! répondait le bonhomme, je les fais parce que cela m’amuse, et j’ai même tant de plaisir à les peindre, que lorsqu’on me donne ces deux cents francs, il me semble que je les vole !

C’est22 ce que ses ennemis appelaient faire du métier. Le métier ! Il serait bon de le définir. Diderot qui se dépense, se prodigue, s’échauffe sur tous les sujets, fait du métier, à l’heure où l’abbé de Voisenon23, en ses colifichets, ou Crébillon en ses chiffonnages, peuvent passer pour faire de l’art. Et que reste-t-il de leurs petits ivoires ?

Un artiste comme Corot ne fait jamais de métier, même lorsqu’il se gaspille.

Ah ! le brave homme que ce grand peintre ! Et comme il méritait bien l’apothéose à laquelle ont collaboré hier les hommes et le printemps !

Notes

1       Camille Corot est mort le 22 février 1875 vers 23 heures trente (Le Figaro du 23). Aucun journal n’a donc été en mesure d’en parler avant le lendemain, certains même, à cette date, annonçant encore qu’il était « au plus mal ». Auguste Marcade, dans Le Figaro du 24 a rédigé une nécrologie de quatre colonnes commençant en une. D’une façon inexplicable, la nécrologie du Temps du 24 comptera trente lignes. Émile Blavet, dans Le Gaulois du 25 écrira deux colonnes et demie. Les obsèques de Camille Corot se sont tenues le 26 et Le temps en a rendu compte en dernière page, dans un coin disponible de la rubrique financière.

2       Jules Claretie fait ici allusion au discours un peu excessif d’un religieux en chaire, tenant absolument à préciser que Camille Corot était « mort en bon chrétien », ce qui n’intéressait pas grand monde dans l’assistance. Lire, à ce propos la courte nécrologie du Temps du 24 février 1875, en page quatre.

3       Nous comprendrons plus bas que l’« éminent artiste » est le peintre paysagiste Jules Dupré (1811-1889).

4       Ce nom provient de l’édition en volume de Victor Havard. Le texte du Temps porte « Mon cher M…, » Il s’agit vraisemblablement d’Eugène Montrosier, né en 1839, historien de la peinture.

5       Ce monument semble disparu. Le site web de la commune de Ville-d’Avray n’en fait pas mention. Le musée Carnavalet possède une estampe d’Adrien Marie (1848-1891) intitulée « Inauguration à Ville d’Avray, le 27 mai, du monument élevé à la mémoire de Corot ». On peut penser qu’il s’agit de cette année 1880 mais la fiche du musée Carnavalet indique 1875. Le monument en question n’est qu’un socle, fort haut, suffisant à lui-même et qui ne semble pas destiné à être surmonté de quoi que ce soit. Par ailleurs est inscrit à l’inventaire du patrimoine un « Monument en hommage à Corot » dont la fiche, sans doute rédigée par un stagiaire, indique : « Groupe sculpté du début du 4ème (sic) quart du 19ème (sic) siècle réalisé par François-Raoul Larche (1860-1912), exposé au salon de 1909. Corot a fait ses études à Coubron (Seine-Saint-Denis) où habitait Larche. » Ce monument de Raoul Larche se trouvait en 1986 dans le square André Maningue, à Ville-d’Avray.

6       Louis Français (1814-1897), peintre et graveur, élève de Camille Corot.

7       La maison de Léon Gambetta, de nos jours 14 avenue Gambetta à Sèvres peut se visiter

8       Charles-Guillaume Étienne (1777-1845), auteur dramatique et journaliste. Homme politique, pair de France, Charles-Guillaume Étienne a été élu sept fois député entre 1820 et 1839 et deux fois à l’académie française. Dans son premier discours de réception prononcé le sept novembre 1811, il imaginait : « Supposons que de nombreuses générations se sont succédé, et que, par l’effet de ces grandes catastrophes qui bouleversent les empires, tout ce qui a été écrit sur les deux derniers siècles a disparu. Histoire, chronique, inscriptions, médailles, tout s’est abîmé dans la nuit des temps, et les comédies seules ont survécu à cette destruction universelle. Eh bien, Messieurs, j’ose l’affirmer, on y suivrait la trace de tous les grands événements ; on devinerait, par elles, toutes les révolutions politiques et morales des deux siècles, et c’est dans la comédie que se retrouverait l’histoire. » Accusé de plagiat pour sa pièce Les Deux gendres, il fut exclu de l’Académie en 1816, avant d’y être de nouveau élu en 1829. Charles-Guillaume Étienne vota contre Victor Hugo en 1836 et reçut Prosper Mérimée en février 1845 avant de mourir le treize mars.

9       Le jeune Alphonse Lemerre (1838-1912), arrivé à Paris en 1860, a été embauché comme commis par le libraire Pierre-Paul Percepied, passage Choiseul. En 1864 il s’est marié avec une voisine, peu après il y a ouvert sa propre boutique. En 1866 Alphonse Lemerre a édité le premier Parnasse contemporain, recueil collectif de 99 poètes qui prendront alors naturellement le nom de Parnassiens. Alphonse Lemerre sera maire de Ville-d’Avray à deux reprises, de 1881 à 1892 puis de 1899 à 1911.

10     Il y a deux Daubigny paysagistes, qui peuvent tous deux correspondre. Le père, Edme-François Daubigny, dit Daubigny l’Ainé (1789-1843) et le fils, Charles-François (1817-1878).

11     Ferdinand Heilbuth (1826-1889), peintre français d’origine allemande.

12     Eugène Lavieille (1820-1889).

13     C’est stupide, on ne chante pas un opéra en trois actes, même dans sa version française, à un homme qui va mourir. Tous les rôles de l’Orphée de Gluck sont pour voix aigües. Eugène Lavieille avait donc une voix de castrat ou de haute-contre.

14     Il ne s’agit donc plus du monument évoqué note 5. Cette fontaine, néoclassique, présente, dans un médaillon circulaire, un portrait de Camille Corot de trois quarts surmontant une inscription de son nom, puis un lion crachant l’eau dans une vasque rectangulaire.

15     Victor Geoffroy-Dechaume (1816-1892) a sculpté le médaillon présent sur la sépulture de Camille Corot.

16     Edmond Turquet (1836-1914) est, depuis février 1879, sous-secrétaire d’État au ministère de l’Instruction publique chargé spécialement de la direction des beaux-arts. Il sera élu cinq fois député de l’Aisne entre 1871 et 1889.

17     Le texte du discours de Louis Français a été reproduit par Jules Claretie dans la « Chronique » de la veille, 28 mai, page deux.

18     Frédéric Hattat (1841-1915), industriel (fabricant de chaussures), conseiller municipal du Xe arrondissement de Paris de 1878 à 1900.

19     Pour Blanche Barretta, voir la dernière note de la de la Vie à Paris du 18 mai 1880.

20     Ce poème de François Coppée a fait l’objet d’un tirage en quatre pages que l’on trouve chez Gallica. Le poème est titré : « La nymphe de Ville-d’Avray au monument de Corot, strophes dites par Mlle Blanche Barretta de la Comédie-Française ». Les vers sont de circonstance, ni mauvais ni bons. Mais la surprise vient à la quatrième page, qui annonce le menu du banquet qui a suivi, sept plats servis par Potel et Chabot. Comme pour le discours de Louis Français, le poème de François Coppée a été reproduit (larges fragments) dans la « Chronique » de Jules Claretie parue dans Le Temps de la veille.

21     Arthur Stevens (1825-1890), marchand de tableaux et critique d’art belge, vivant à Ixelles, rue des Drapiers, mais très présent à Paris. Arthur Stevens était ami de Baudelaire.

Arthur Stevens par Jules Géruzet, 27 bis rue de l’écuyer à Bruxelles

22     Ce paragraphe et le suivant sont absents de la « Chronique du Temps.

23     Claude-Henri de Fusée, comte de Voisenon, abbé du Jard (1708-1775), homme de lettres, historiographe des petits-fils de Louis XV, ami de Voltaire. « Abbé galant et poète épicurien, auteur dramatique, il a laissé des comédies, des opéras, et des poésies fugitives. » (Académie française). En 1762, Claude-Henri de Voisenon a été élu à l’Académie française au fauteuil de Prosper Jolyot de Crébillon.