Marie Bière

Cet article n’est pas paru sous le titre La Vie à Paris mais, page deux, sous celui de Chronique, et n’est pas signé (Le Temps du huit avril 1880). Il est d’ailleurs bien plus court, une seule colonne, contre plus de trois pour La Vie à Paris de l’avant-veille, six avril.

Page mise en ligne le quatorze octobre 2024. Temps de lecture : dix minutes.

Pour les Chroniques, série différente de La Vie à Paris, voir l’introduction de la page du dix mars 1880 à la mémoire d’Adolphe Lemoine-Montigny.

À propos de Marie BièreLe tombeau de Marie DorvalNotes

À propos de Marie Bière

Depuis longtemps un procès n’avait autant surexcité l’attention publique. Il n’est question, dans tout Paris, que de l’affaire de la rue Auber1. Hier, au concours hippique, on ne parlait que de deux choses : la lettre du prince Napoléon2 et le procès de Marie Bière, et le coup de revolver de la comédienne3 obtenait, il faut le dire, plus de succès que le coup de théâtre du prétendant. Il y a vraiment autour de ce nom de Marie Bière une poussée d’émotion tout à fait extraordinaire4. Le monde des coulisses, particulièrement, en est comme bouleversé.

— Est-ce qu’on répète la Vie de Bohême5 comme on l’a annoncé ? demandions-nous hier à un artiste du Vaudeville.

— Ah ! bien oui ! fit-il, on a l’air de répéter, mais on ne s’entretient ni de la pièce, ni des rôles, ni des effets, on ne s’occupe que de Marie Bière. Les uns tiennent pour la jeune femme, les autres plaident pour M. Gentien. Mais le nombre des partisans du sexe fort est beaucoup moins considérable. Mlle M…6, qui jouera Musette, est une des plus enthousiastes de la conduite de Marie Bière : « Ah ! s’écriait-elle en plein théâtre, si je tenais mon premier amant ! »

Voilà bien la moralité de l’histoire. Le revolver entrera plus souvent désormais en ligne de compte dans ces liaisons de hasard. Puisque nous sommes au théâtre, nous pouvons bien risquer un mot de l’argot spécial de la scène. Eh bien ! Marie Bière met à la mode un nouveau mot d’ordre. Les théologiens assurent que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais les comédiennes vont déclarer avant peu qu’elles désirent toutes la mort « du lâcheur » (je parle comme dans une répétition théâtrale).

À mon sens, d’ailleurs, l’espèce d’explosion de pitié qui éclate autour de Marie Bière me paraît légèrement intempestive. Il ne s’agit pas ici d’une séduction entraînant la chute d’une ingénue, et quand on a passé par les couloirs du Conservatoire et les logettes du petit théâtre de la Tour-d’Auvergne7, on doit savoir tout au moins comment une fille d’un certain âge peut défendre sa vertu. Garde-toi, je me garde8 ! Mais comme tous les sentiments de ce monde ont une cause, il est facile d’expliquer l’évidente sympathie que témoigne le public à cette accusée. C’est la mère en elle qui paraît sacrée, comme le père a semblé assez dur et indifférent aux auditeurs et aux lecteurs du procès. La femme devenue mère et délaissée, frappée dans son enfant qui meurt châtiée de sa passion par la perte de l’être né de sa chair, voilà qui est, pour la foule, digne de pitié et de pardon. On n’a pas vu, dans cet homme qui vit, comme tant d’autres, de l’existence facile et sans devoirs de la vie parisienne, un amant de passage qui croit avoir assez fait pour une maîtresse lorsqu’il s’est conduit en gentleman ; on a vu le père abandonnant son enfant, l’homme aimé, oublieux de l’amour qu’on lui a prodigué, et fuyant la mère désolée comme il avait délaissé l’enfant innocent. De là tant d’apitoiements inattendus.

C’est que le bon sens et le bon cœur de la foule ne vont point, comme on dit, par quatre chemins : il faut qu’un père soit un père et aime cet enfant qui n’a point demandé à naître. Quant à la maîtresse, si elle n’eût pas été mère, on se serait plus facilement expliqué la lassitude d’un homme qui, sans doute, ne tenait pas à collectionner des autographes étrangement passionnés. Certes, les lettres de Mlle de Lespinasse9, cette sainte Thérèse laïque brûlant pour un Christ en chair et en os et qui n’avait rien du Sauveur, sont des modèles de flamme épistolaire. Mais il pouvait paraître fatigant à M. de Guibert10, ce Gentien du dix-huitième siècle, de recevoir des épîtres d’un ton aussi obstinément embrasé. La pauvre Mme de Praslin11 fut, elle aussi, une Lespinasse légitime. Ces grandes amoureuses ont un nom, et je lisais hier une leçon du professeur Lasègue12 sur les Cérébraux, leçon que les jurés eussent pu consulter. Il y a là un nervosisme irritant et une exaltation quasi-morbide qui peuvent bien, à leur tour, donner sur les nerfs d’un homme dont l’idéal, dans l’existence, est de prendre ses aises et de vivre à sa guise, tout simplement.

Mais, encore une fois, le public ne discute pas. Il a adopté Marie Bière. L’aventure de la rue Auber devient, dans l’imagination publique, quelque chose de sentimental à la fois et d’héroïque qui plaît beaucoup en ce siècle de prose. Cela est romanesque, exalté, extraordinaire ; cela console du naturalisme ! Et Marie Bière semble atteindre tout à coup les proportions d’une Bradamante13 pressant une gâchette au lieu de manier la lance. En revanche, elle a ses détracteurs, mais en petit nombre. Ceux-là, sont, pour la plupart, des Parisiens sceptiques, habitués à toutes les roueries, prenant volontiers les drames sous l’aspect de parodies, et qui hochent la tête en souriant :

— Une actrice ! la passion d’une actrice ! Eh ! tudieu, Paris retentirait de coups de feu, comme un gigantesque tir à la cible, si toutes les comédiennes ainsi quittées se mettaient à viser leurs amants. Et puis, y a-t-il vraiment, non pas même de l’honnêteté, mais de la passion vraie, au théâtre, monde où les sentiments sont faux comme les paysages de toile et les pâtés de carton ?

Ici, je répondrai que la passion se rencontre partout et que Marie Bière, puisqu’il est question d’elle, est évidemment nervosiaque, mais absolument sincère. Un seul point me la gâte, que je dirai tout à l’heure. Et quant à l’honnêteté rencontrée au théâtre, plus d’une fois elle existe, timide, ignorée, ou même éclatante, comme lorsqu’elle s’appelle Rose Chéri14. Mme Augustine Craven15 vient justement de publier, d’après les documents laissés par la tragédienne elle-même, l’histoire de la Jeunesse de Fanny Kemble. Celle-ci aussi fut une honnête fille, honnête dans le sens complet du mot, méprisant d’ailleurs le théâtre et trouvant, dit-elle, qu’il est odieux de se produire en public16. C’est Fanny Kemble qui écrit quelque part : « On se figure toujours que jamais un homme n’aura le cœur de vous briser le cœur17 ! » Marie Bière s’est aussi figuré cela. Mais elle se figurait également (c’est là que j’en voulais venir) que M. Gentien n’aurait jamais le cœur de lui refuser trois mille francs. Voilà le point noir, voilà la tache. Pour la passion, j’excuserai tout, mais l’argent ! L’argent a de l’odeur, quoi qu’on en ait dit. M. Alexandre Dumas fils, qui assistait au procès de Mlle Bière et qui écrira peut-être, à ce propos, une page dans le genre de sa lettre éloquente sur l’Affaire Marambat18, — ce père qui tua le séducteur de sa fille, — M. Dumas a, entre toutes ses œuvres, signé une œuvre particulièrement magistrale et hardie, les Idées de Madame Aubray19. L’héroïne est une jeune fille inconsciente qui n’a passé ni par le Conservatoire ni par les théâtres de province et qu’un séducteur a abandonnée. Cette Jeannine20 serait parfaite si elle ne touchait point une pension du misérable en question. Ah ! cette pension ! Jeannine aura beau faire, il lui en restera toujours des marques aux doigts ! Et cependant l’exemple de Marie Bière est loin de ressembler à celui de Jeannine, M. Dumas fils a dû le voir à l’audience.

En vérité, puisqu’on tient à s’éprendre ainsi d’héroïnes, de romanesques dévouements, de passions et de drames, il n’en manque pas dans l’ordre obscur de la vertu ! Il y a, de par le monde, des souffrances ignorées plus touchantes cent fois, plus saignantes et plus affreuses. M. Dumas a parlé, un jour, sur les prix de vertu21 ; M. Sardou, à son tour, couronnera la vertu au mois d’août prochain22. Malgré des parrains aussi célèbres, a-t-on gardé la mémoire d’une seule des honnêtes filles que l’Académie a couronnées ? Hélas ! non.

Marie Dorval

Un jour, une grande comédienne mourut, femme admirable, mère incomparable, et elle mourut pauvre après avoir mis au Mont-de-Piété, pour soigner son petit-fils mourant, ses derniers bijoux à elle et la timbale de malade où son Georges moribond buvait sa tisane. On allait jeter son corps à la fosse commune. Elle en avait peur, du moins, cette grande artiste ! Alexandre Dumas, le père de celui qui nous fit pleurer sur les malheurs imaginaires de Jeannine, prit sa plume et écrivit un petit livre superbe, ému, émouvant — une de ses inspirations les plus hautes, qu’il appela : La Dernière année de Marie Dorval23-24. On le vendait, ce petit livre, cinquante centimes, et le prix de la vente était destiné à « acheter le tombeau de la comédienne. »

Ce livre, signé du grand nom de Dumas, et écrit à la gloire de la grande Dorval, parut en 1855, il y a vingt-cinq ans. La première édition, — qui coûtait dix sous ! — n’en est pas épuisée aujourd’hui !

Ah ! quelle vente, et à combien d’éditions, si l’on écrivait la Dernière année de Marie Bière !

Notes

1       Laissons Émile Zola décrire l’événement : « … Une femme prend pour amant un monsieur fort correct, un galant homme [Robert Gentien], dont elle a un enfant, et qui la quitte, ennuyé de sa paternité, après avoir eu l’idée plus ou moins nette d’un avortement. On coudoie cela sur les trottoirs, et personne ne songe même à tourner la tête. Mais attendez, voici l’expérience qui se pose : Marie Bière, de tempérament particulier, produit d’une hérédité dont il a été question dans les débats, tire un coup de pistolet sur son amant… » Émile Zola, Le naturalisme au théâtre, Charpentier 1895, pages 159-160. Marie Bière sera acquittée et fera un beau mariage. C’est comme un conte de fées.

Marie Bière, par le photographe Numa Blanc dans son atelier du 29 boulevard des Italiens, à l’angle de la rue de la Michodière. Collection du musée Carnavalet

2       Ici Napoléon-Jérôme Bonaparte (1822-1891).

3       Marie Bière, artiste lyrique au théâtre Italien sous le nom de Béraldi, avait perdu sa voix et survivait en donnant des leçons de musique.

4       Le traitement de cette affaire par la presse est considéré de nos jours comme la première tentative d’une médiatisation à outrance et de sérialisation du fait divers. Dans les semaines suivantes la presse traitera avec une même ampleur le crime de la comtesse de Tilly qui, le 18 mai à Saintes, vitriola la maîtresse de son mari.

5       En 1845, Henry Mürger a publié dans le quotidien Le Corsaire-Satan, un feuilleton sous le titre « La Vie de bohème ». Théodore Barrière, jeune auteur dramatique, proposera à Henry Murger d’adapter le feuilletons au théâtre, ce qui sera fait le 22 novembre 1849 au théâtre des Variétés sous le titre Scènes de la vie de bohème. Cette pièce sera reprise au théâtre du Vaudeville jeudi quinze avril prochain. Lire le compte rendu d’Auguste Vitu dans Le Figaro du lendemain. Francisque Sarcey, très en retard, dans Le Temps du 26 avril avoue avoir été « cloué » pendant huit jours à la chambre par un anthrax et peut écrire : « J’ai vu, par les comptes rendus de mes confrères, que La Vie de Bohème avait paru quelque peu démodée au public ; j’aurais été bien aise de m’assurer par moi-même s’il faut s’en prendre à la pièce seule, ou si les acteurs ne sont pas pour quelque chose dans cette impression. » À la fin du siècle, Giacomo Puccini composera une musique un peu vulgaire pour l’opéra que nous connaissons.

6       Ce quinze avril, le rôle de Mimi était tenu par Réjane et celui de Musette par Léontine Massin (1847-1901), prostituée devenue comédienne sans vraiment abandonner son métier d’origine. Le vingt janvier prochain Léontine Massin tiendra le rôle de sa vie, celui de Nana à l’Ambigu dans une pièce adaptée du roman d’Émile Zola par William Busnach (1832-1907).

7       Le comédien Talbot (Denis-Stanislas Montalant (1824-1904), a ouvert ce théâtre en 1840, nous dit BNF Data, ce qui est peu vraisemblable, Talbot ayant alors seize ans. Après le Conservatoire, Talbot est entré à l’Odéon en 1850 puis à la Comédie-Française en 1856 où il est devenu sociétaire trois ans plus tard. Parallèlement mais sans doute pas avant 1860, Talbot a ouvert un cours d’art dramatique, comme le faisaient parfois les comédiens intéressés par l’enseignement (et comme l’a entrepris Firmin Léautaud). Ce cours se tenait au 22 rue de la Tour d’Auvergne, peut-être un local dans la cour. Le succès venant, Talbot a fait jouer ses élèves devant un public aussi intéressé que restreint, créant par-là un théâtre d’application. Quelques-uns de ses élèves sont devenus célèbres comme, dit-on, Réjane (si Réjane a fréquenté l’endroit, ce ne peut être que fort brièvement). Ce théâtre de la Tour d’Auvergne n’a pas survécu à son fondateur.

8       Jules Claretie pense ici à Colomba, nouvelle de Prosper Mérimée parue en 1840 : « Cela est si vrai, disait-il, qu’on ne s’assassine qu’après un défi en règle. “Garde-toi, je me garde,” telles sont les paroles sacramentelles qu’échangent deux ennemis avant de se tendre des embuscades l’un à l’autre. »

9       Julie de Lespinasse (1732-1776), dame de compagnie de Madame du Deffand (1696-1780) à partir du printemps 1764 dans son appartement de la rue Saint-Dominique. Julie deviendra rapidement sa rivale.

10     Jacques de Guibert (17e43-1790), militaire, élu à l’Académie française en 1785.

11     Fanny Sébastiani della Porta (1807-1847), fort riche, a épousé en 1824 (à l’âge de 17 ans) l’assez indolent Charles de Praslin (1805-1847), qui avait lui-même 19 ans. Charles fit sa maîtresse de la dame de compagnie de son épouse, qui le prit fort mal et demanda la séparation, ce qui à l’époque et dans ce milieu constituait un drame social. Charles préféra égorger son épouse à l’été 1847 puis s’empoisonner une fois sa culpabilité reconnue.

12     Charles Lasègue (1816-1883), médecin psychiatre de haut niveau.

13     Robert Garnier (1545-1590), poète et auteur dramatique, Bradamante, tragi-comédie (1582). Plusieurs autres auteurs reprendront ce personnage de guerrière vindicative et quelque peu énervée.

14     Rose Chéri (Rose-Marie Cizos, 1824-1861), comédienne, a épousé le comédien Montigny en 1847 (La Vie à Paris du 24 février dernier).

15     Pauline de La Ferronnays (1808-1891), femme de lettres, a épousé le diplomate britannique, Augustus Craven. Jules Claretie aurait donc dû la nomme « Madame Augustus Craven » et non Augustine. Il est vrai que la couverture de La Jeunesse de Fanny Kemble porte comme nom d’auteur « Madame Aug. Craven ». Le roman est paru à la librairie académique Didier (285 pages).

16     Pages 111-112 : « Quatre fois dans ma vie, j’ai été obligée, par des circonstances indépendantes de ma volonté, de mettre à profit le don dramatique que je possède […]. Jamais je n’ai paru en présence du public sans répugnance, jamais je ne me suis retirée sans me dire que le genre d’émotion que je venais d’éprouver était malsain, et que se produire ainsi en public était odieux ! »

17     Page 188.

18     « Le jeune Henri Robert avait séduit et rendu mère Mlle Jeanne Marambat. M. Marambat père, après l’avoir inutilement sommé de réparer ses torts par le mariage, avait tué le séducteur (30 septembre).

19     Alexandre Dumas fils, Les Idées de madame Aubray, comédie en quatre actes, Gymnase-Dramatique, printemps 1867, dédiée à Chéri Montigny : « Je veux, mon cher enfant, te dédier cette comédie. Elle te revient de droit. Madame Aubray, c’est la foi, le dévouement et le sacrifice. C’est ce que fut ta mère. Je t’embrasse. »

20     Jannine (sans e) est la fille séduite et abandonnée de la comédie d’Alexandre Dumas.

21     Alexandre Dumas fils a été élu à l’Académie française en janvier 1874, Le discours sur les prix de vertu est prononcé par le directeur de la séance publique annuelle. Ce fut au tour d’Alexandre Dumas le deux août 1877. Ce discours, dit-on, a été remarqué.

22     Victorien Sardou (note 3 au 24 février 1880), élu à l’Académie française au printemps 1877, prononcera son Discours sur les prix de vertu le cinq août prochain.

23     Alexandre Dumas : La Dernière année de Marie Dorval, Librairie nouvelle, quinze boulevard des Italiens, 1855, 96 pages. Ce texte prend la forme d’une lettre adressée à George Sand, très proche de Marie Dorval. Cette « lettre » paraîtra d’abord dans l’hebdomadaire Le Mousquetaire « journal d’Alexandre Dumas », qui ne servait alors qu’à publier ses œuvres en feuilleton sur seize pages en deux colonnes. Elle paraîtra aussi dans Le Mousquetaire au cours de l’été 1855, peut-être sur plusieurs numéros puis sur sept numéros du Mousquetaire devenu quotidien, entre le premier et le huit février 1867.

24     Marie Delaunay (1798-1849, à 51 ans), a épousé en 1814, à l’âge de seize ans le maître de ballet Louis Étienne Allan-Dorval (1777-1820). La vie de couple dure quatre ans et Marie est prise par le théâtre de la Porte-Saint-Martin. Elle enchaîne les amants et l’un d’entre eux, Alfred de Vigny, la fait entrer à la Comédie-Française en 1934. Mais la mode passe et les années 1840 verront sa fin. La mort, à quatre ans et demi, de son petit-fils l’achève. Démodée, affligée par ce deuil, elle ne trouve plus d’engagements et tombe dans la misère.

Marie Dorval dans un album Les plus belles femmes de Paris